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Marseille. Communiqué du Comité de soutien de la famille San

Monsieur San kurde en danger a été expulsé.

Quatre enfants de 3, 8, 10 et 13 ans, et leur maman se retrouvent seuls.

Article mis en ligne le samedi 31 janvier 2009

M. SAN, père kurde de 4 enfants, est arrivé en France avec sa famille à l’été 2008 en passant par l’Italie. Ils ont fui la Turquie où ils ont subi de terribles violences. Les enfants sont scolarisés, une nouvelle vie commence. Mais...

La délégation de parents et d’enseignants des établissements scolaires des enfants reçue le 28 janvier n’a pas infléchi la position de la préfecture qui s’arc-boute sur des accords européens sur les migrations stipulant que la famille SAN doit faire sa demande d’asile en Italie !

M. SAN a donc été expulsé par avion à Rome le 30 janvier, où il a été laissé libre !?! Nul doute qu’il sera rapidement de retour auprès des siens. Mais cela fait +1 dans la comptabilité des expulsions !

En attendant, sa femme et ses 4 enfants (3,9,10,13 ans) sont dans le dénuement total, mais ça la préfecture n’en a cure. Le comité de soutien à la famille SAN l’aide comme il peut (jouets, livres, chaussures, produits d’hygiène, ménagers et alimentaires de base...).

Pour témoigner de votre solidarité avec cette famille, contactez le comité de soutien soutiensan chez laposte.net


30 janvier
Mr SAN est en train de quitter le CRA pour être expulsé en Italie, on ne sait pas vers où.


Monsieur San kurde en danger est en train d’être expulsé.

Quatre enfants de 3, 8, 10 et 13 ans, et leur maman vont se retrouver seuls.

Cette famille kurde a quitté la Turquie, où la minorité kurde subit des persécutions, et s’est installée à Marseille après avoir transité par l’Italie.

Cette famille est installée à Marseille depuis septembre 2008 et, malgré des conditions matérielles difficiles, elle a créé des liens et s’est engagée sur la voie d’une intégration volontaire. Les enfants font preuve d’une volonté et d’un désir d’apprendre qui forcent le respect.

Une délégation reçue à la préfecture mercredi 28 janvier a demandé une régularisation de toute la famille à titre humanitaire. Elle a présenté deux promesses d’embauche, une pour chacun des parents, des pétitions (1500 signatures en quelques jours) ainsi que nombre d’attestations de soutien émanant des enseignants, des parents d’élèves, de la FCPE, de voisins, d’amis.

La délégation a mis en avant la forte volonté d’intégration de tous les membres de la famille et le besoin de sécurité pour ces enfants, qui après quelques mois en France, à l’école de la République, ont enfin connu un peu de calme, de stabilité, oubliant peu à peu les horreurs dont ils ont été victimes (les parents et enfants ont été poursuivis, harcelés, tabassés, la maman a perdu l’enfant qu’elle portait).

La préfecture n’a rien voulu savoir, se réfugiant derrière les accords de Dublin II (qui oblige les demandeurs d’asile à faire leurs démarches dans le 1er pays de l’espace Schengen dans lequel il rentre), arguant que la famille n’était sur le territoire que depuis quelques mois et pouvait donc recommencer sa vie en Italie, si leur demande d’asile aboutissait là-bas. Dans les jours qui viennent, ce père de famille va donc être expulsé vers l’Italie.

Nous ne comprenons pas qu’on s’acharne à déraciner encore ces enfants. Quelques mois ne sont peut-être pas beaucoup dans la vie d’un adulte, mais pour un enfant, quelques mois passés à se reconstruire dans la confiance et le respect, ne devraient en aucun cas être anéantis par un nouveau départ.

Pourquoi ne pas permettre à ces enfants de continuer une vie sereine avec leur famille, leurs copains, leurs amis ? C’est un droit.

Le comité de soutien de la famille San.


Mille Bâbords article 10133

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