Une tribune pour les luttes

Les Comoriens en rétention de nouveau entassés à Mayotte,

65 femmes,120 hommes, 46 enfants, 17 bébés pour 60 places.

Article mis en ligne le vendredi 20 février 2009

http://immigration.blogs.liberation...

Record battu. Le 13 février, 251 personnes étaient enfermées au Centre de rétention administrative (CRA) 25wfbbzh de Mayotte pour une capacité théorique de 60 places. Soit, dans le détail, 65 femmes, 120 hommes, 46 mineurs âgés de plus de 2 ans, 17 mineurs de moins de 2 ans, et 3 gardés-à-vue.

Cet épisode rappelle celui révélé, en décembre, par Libération. Nous avions alors mis en ligne sur notre site Internet une vidéo tournée par un agent de la Police aux frontières (PAF) à l’intérieur de ce même CRA. On y voit des dizaines d’hommes entassés dans une pièce dont la grille est fermée à double tour. Et à quelques mètres, tout près des poubelles où se trouvent les restes du repas, des femmes et des enfants couchés sur des matelas de fortune. Ces images avaient suscité une forte émotion. Et Amnesty International avait exigé des autorités françaises qu’elles "mettent un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines".

La préfecture avait alors affirmé que la situation, le 22 octobre, date à laquelle la vidéo avait été tournée, était "exceptionnelle". C’est "le seul jour, sur les quatre derniers mois, où le chiffre de 200 retenus a été dépassé", s’était-elle défendue. Selon elle, les autorités comoriennes, d’où sont originaires la plupart des clandestins, avaient à l’époque "compliqué", voire même "interdit à plusieurs reprises" les opérations de reconduite.

Dans une interview à Libération, Yves Jego, le secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer, avait reconnu que "les conditions de rétention dans ce dernier centre (celui de Mayotte, ndlr) ne sont pas acceptables".

Depuis, le gouvernement a fait faire des travaux de rénovation. Un espace de restauration collectif a été créé, ainsi qu’un espace pour les enfants et un troisième pour les femmes. De plus, des cloisons ont été édifiées pour isoler les différentes parties du centre, notamment les sanitaires et les douches. "Ils permettent aux personnes retenues de séjourner dans des conditions nettement améliorées par rapport à la situation antérieure", affirme le secrétariat d’Etat sur son site Internet.

Sauf que le score de 251 retenus excède de loin les capacités d’accueil de ce CRA. Toujours sur Internet, Yves Jego clame pourtant "son attachement à des conditions de rétention respectueuses de la dignité humaine."


Et n’oublions pas que ces soi-disant clandestins devraient être chez eux partout dans l’archipel des Comores et que l’appartenance de Mayotte à la France (qui sera probablement vu les circonstances confirmée par le prochain référendum ) n’a jamais été reconnue par les instances internationales !

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