Une tribune pour les luttes

Nouvelles des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes

Mercredi 25 février 2009, 3 personnes emprisonnées dans le cadre de l’incendie du centre de rétention de Vincennes comparaissaient devant un juge des libertés lors d’une audience non publique.

Article mis en ligne le vendredi 27 février 2009

Ekma Mouktaré, Ali Diallo et Mahamadou Dramé ont tous 3 été maintenus en détention.

Appel sera fait de ce maintien, appel qui devrait avoir lieu dans quelques jours et pour lequel il conviendra de se mobiliser.

Pour mémoire, 8 personnes sont inculpées pour cette révolte collective qui a abouti à la destruction du centre.

Comme à Bordeaux où, suite à l’incendie du centre, 4 personnes sont incarcérées à la prison de Gradignan, ou à Toulouse où, après un début de feu à Cornebarrieu, ils sont 3 à être emprisonnés à Seysses, il s’agit pour l’Etat de faire des exemples dissuasifs, de « frapper fort » pour faire peur et faire en sorte que ceux qu’on appelle les « sans-papiers » acceptent d’être pourchassés, raflés, enfermés, expulsés, séparés de ceux qui les entourent sans se révolter.

En attendant des dates de mobilisations concrètes, en plus de la lutte quotidienne contre la machine à surveiller, expulser, réprimer, enfermer.... quelques pistes pour continuer à manifester notre solidarité :

1) Vous pouvez écrire aux personnes incarcérées dont nous avons les coordonnées, ils reçoivent du courrier et cela leur fait du bien de ne pas se sentir seul :

Moïse Diakité, écrou n°369111 H, bât D5 Maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
En France depuis 18 ans, il n’a pas vu ses 7 enfants ni sa compagne depuis 5 mois, toutes ses demandes de remise en liberté ont été refusées malgré toutes les garanties de représentation nécessaires.


Ekma Mouktare
, écrou n°367134, bât D3 cellule D326 Maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Ce très jeune homme d’à peine 18 ans souffre beaucoup de sa détention, il espère bientôt pouvoir retrouver les membres de sa famille qui ici en France sont prêts à s’occuper de lui.

Ali Diallo, écrou n°367347, bât D5 Maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Très jeune lui aussi, Ali espèrait faire une formation de frigoriste pour poursuivre sa vie ici en France. Tout d’abord remis en liberté début juillet, il s’est rendu confiant à l’audience qui faisait appel de cette remise en liberté et où son incarcération a été décidée.

Mahamadou Drame, écrou n°367337, Maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Mahamadou travaillait depuis plusieurs années en France, notamment dans la restauration. Il avait été victime de plusieurs arrestations (rafles), notamment en se rendant à son travail. Sa famille proche vit ici.


Slaheddine El Ouertani
, CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris.
Ce monsieur Tunisien venu en France pour aider sa famille fait partie de ces nombreux prisonniers pour lesquels des « problèmes » ou des « accidents » ou des « agressions » surviennent en prison. Hospitalisé depuis début novembre dans un état très grave, les courriers lui seront tous transmis et lus.

Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous donner les coordonnées des autres inculpés emprisonnés pour le moment.

2)Vous pouvez signer la pétition qui demande la libération sans conditions de toutes ces personnes sur le lien suivant :
http://www.educationsansfrontieres.org/?article17544

3) Vous pouvez participer à une initiative de solidarité quand il y en a une dans votre région.
Le vendredi 27 février, un concert de soutien a lieu à côté de Nantes :
http://nantes.indymedia.org/article/16386

Le vendredi 27 février (encore), un débat-projection à Perpignan :
http://juralibertaire.over-blog.com/article-28341283.html


Pétition de soutien aux inculpés de l’incendie du centre de rétention administrative de Vincennes.

Les sans-papiers enfermés à Vincennes se sont révoltés.
Les inculpés ont maintenant besoin de notre soutien !

Le centre de rétention administrative de Vincennes était la plus grande prison pour sans-papiers de France. Le 21 juin 2008, un retenu qui avait réclamé en vain ses médicaments y mourrait. Le lendemain 22 juin, les retenus organisèrent dans le centre une marche silencieuse qui fut fortement réprimée. Au cours de la révolte qui s’en suivit la prison est partie en fumée.

Depuis l’incendie l’Etat a multiplié les arrestations de retenus présents ce jour-là, dans le souci évident de faire des exemples et de dissuader quiconque de se révolter. Huit personnes sont à ce jour poursuivies pour « destruction de biens par l’effet d’incendie et violence à agent de la force publique avec une incapacité totale de moins de cinq jours en réunion ».

Sans chercher à savoir s’ils sont « coupables » ou « innocents », nous soutenons ces hommes aujourd’hui incarcérés en attente d’un procès où ils risquent dix ans de prison ferme, parce que nous nous opposons à la recherche de responsables d’une révolte collective. La seule culpabilité réside dans une politique qui fait que des êtres humains sont pourchassés, arrêtés, enfermés, expulsés au prétexte qu’ils ne disposent pas de papiers administratifs que l’Etat nous impose d’avoir. La responsabilité réside dans la politique de contrôle des mouvements migratoires. Chaque année des milliers de personnes meurent en essayant de franchir des frontières.

Quatre mois après l’incendie, le 10 novembre 2008, le centre de Vincennes a rouvert avec un premier bâtiment de soixante places (deux autres suivront). Moins nombreux, les retenus sont plus facilement contrôlables.

Aujourd’hui nous sommes solidaires de tous ceux accusés d’être à l’origine de l’incendie de Vincennes parce que nous sommes solidaires de celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se révoltent contre un monde où des millions de vies sont suspendues à des bouts de papiers.

Nous exigeons l’arrêt des poursuites et la libération immédiate des inculpés de Vincennes.


Caisse de soutien
 : chèques à l’ordre de CICP – Vincennes

à envoyer au CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris

A signer sur le site de RESF
http://www.educationsansfrontieres.org/?article17544

Voir également sur Mille Bâbords l’article 9859

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Rubrique "Les pétitions"

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