Une tribune pour les luttes

Action collective

Assez d’intimidation des militants qui veillent au respect des droits fondamentaux des étrangers !

Article mis en ligne le mardi 17 mars 2009

En ligne à l’adresse <http://www.gisti.org/spip.php?article1398>

Trois militants engagés aux côtés des exilés du Pas-de-Calais - deux de l’association Terre d’errance et un du Collectif C’Sur de Calais - ont été interrogés, le 25 février 2009, par la Police aux frontières (PAF) sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Béthune. Pour l’une d’entre eux, la police a procédé avec son sens habituel des civilités : interpellation spectaculaire à son domicile au petit matin, devant ses voisins, avec perquisition de sa maison près d’Arras où elle s’obstine, depuis des mois, à commettre le crime de… recharger les téléphones portables de la vingtaine d’Erythréens qui campent dans la « jungle » voisine (un fossé dans les champs).

Dans la foulée, les treize Erythréens présents dans la jungle ont été arrêtés. Evidemment !

D’autres militants ont payé ou paient actuellement leur engagement de poursuites judiciaires à répétition. Toujours dans le Pas-de-Calais, par exemple, Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam, comparaît au TGI de Boulogne le 18 mars.

Ces tentatives d’intimidation visent à priver de soutien humain, politique et juridique les étrangers considérés comme indésirables : sur le littoral Nord-Ouest, les exilés d’Afghanistan, d’Erythrée, d’Irak, du Soudan qui, sept ans après la fermeture du camp de Sangatte en 2002, restent aussi nombreux sur un territoire toujours plus vaste (six départements : Pas-de-Calais, Somme, Seine-Maritime, Calvados, Manche et Paris), et, ailleurs sur le territoire, les sans-papiers, dans les structures qui les hébergent, les informent, les soignent, ou dans les écoles où leurs enfants sont scolarisés.

Bénévoles d’associations, salariés d’institutions du secteur social ou simples citoyens risquent de plus en plus d’être interpellés, placés en garde à vue, de faire l’objet de perquisitions, voire de mises en examen, pour avoir fait ce que leur conscience de citoyen, leur engagement militant, ou leurs obligations professionnelles leur dictent. Ont ainsi fait l’objet de poursuites, sous des chefs d’inculpation divers :une militante de RESF, pour avoir protégé les enfants de sans-papiers ; une directrice d’école parce qu’elle avait osé s’émouvoir de l’interpellation à la porte de son établissement du grand-père de l’un de ses élèves ;des passagers d’avion qui s’inquiètent de la violence utilisée à l’encontre d’étrangers reconduits de force ; etc.

A l’instar de ses prédécesseurs, le nouveau ministre de l’immigration, M. Besson, a indiqué vouloir « décourager les candidats à l’immigration clandestine, et (…) démanteler les réseaux qui la rendent possible » [1] . Au nom de cet objectif, tout appui humanitaire aux exilés ou aux sans-papiers sera-t-il assimilé à l’action des réseaux de passeurs ?

Les organisations signataires s’indignent de cet engrenage de la répression qui criminalise le moindre geste de solidarité ou de simple humanité ou même l’action sociale lorsque, conformément à sa mission, elle se refuse à toute discrimination, qui entend museler toute forme d’opposition à la politique gouvernementale et dissuader les citoyens de défendre ceux dont les droits sont bafoués.

Elles affirment leur solidarité avec les militants interpellés et poursuivis, et leur détermination à continuer à soutenir exilés et sans-papiers.

Le 12 mars 2009

Organisations signataires :

* ADESCAM (Association de sensibilisation et de dévéloppement des Camerounais migrants au Maghreb
* AMF (Association des Marocains en France)
* Amoureux au ban public (Les)
* APSR (Association d’Accueil aux médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France)
* ARDDI (Association pour la Reconnaissance et la Défense du Droits des Immigrés - Niort)
* ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France)
* ATTAC France
* Autremonde
* CATRED (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits)
* Cercle de Silence de Paris - Conseil d’Etat
* CGT Educ’ation -21
* Chrétiens-Migrants (Tours)
* Cimade (La)
* CNT 21 (Confédération Nationale du Travail -21)
* Collectif de soutien aux Exilés du Xè arrdt de Paris
* Colporteurs (Les)
* COPAF (Collectif Pour l’Avenir des Foyers)
* Comité d’aide aux réfugiés (Bois-Colombes - 92)
* Coordination Sarthoise pour le Droit d’Asile
* Dom’Asile
* Fasti (Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés)
* FCPE 21 (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves -21)
* FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale)
* Fondation Frantz Fanon
* Forum-Réfugiés
* FSU (Féfération syndicale unitaire)
* FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives)
* GAS (Groupe Accueil et Solidarité)
* Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés)
* LDH (Ligue des Droits de l’Homme)
* Montgolfière
* MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)
* NPA (Nouveau Parti anticapitaliste)
* Pastorale des migrants
* PCF (Parti communiste français)
* RAJFIRE (Réseau pour l’autonomie des femmes immigrées et réfugiées)
* RCI (Réseau chrétiens-Immigrés)
* RESF (Réseau Education Sans Frontières)
* RUSF 21 (Réseau Universités Sans Frontières -21)
* SAF (Syndicat des Avocats de France)
* Secours catholique (Le)
* SM (Syndicat de la magistrature)
* SUD Education (Fédération)
* Terre d’errance (62)
* Union syndicale Solidaires
* USP (Union syndicale de la Psychiatrie)

Notes

[1] Discours du 27 janvier, au port de Calais

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Rubrique "Les pétitions"

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