Une tribune pour les luttes

COMMUNIQUE de la LDH section cannes-grasse

Censure à Cannes

Article mis en ligne le mercredi 19 mai 2004

Cannes le 19 mai 2004

La section Cannes-Grasse de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) organise, pendant le Festival du Film, une projection du film "Ecrivains des frontières" suivie d’un débat en présence des réalisateurs, Samir Abdallah et José Reynès, de la cinéaste Simone Bitton, de Bernard Ravenel, président de France-Palestine-Solidarité et Marc Lefèvre porte-parole de Shalom Arshav-France, sous la présidence de Michel Tubiana président de la LDH.

Ce débat sur le conflit israélo-palestinien se veut contradictoire, mais aussi serein. La qualité des personnes qui l’animeront et la nature du film témoignent de cette volonté affichée par la LDH d’encourager une réflexion et un débat citoyens.

Malgré cela, après de fortes pressions sur le propriétaire de la salle pour qu’il nous retire la location, après des exigences d’abandonner notre projet ou de le modifier considérablement dans un sens inacceptable pour nous, les représentants de la Communauté israélite de Cannes ont obtenu du Maire qu’il nous enlève la subvention qui nous permettait d’équilibrer le budget (1898 euros) de cette manifestation qui ne repose que sur les cotisations des adhérents.

Pire même, en plein Festival du film qui est aussi celui de la liberté d’expression, l’adjoint à la culture a exigé un droit de regard sur les publications qui seraient présentées au public dans le cadre de notre soirée.

Que des Français juifs s’impliquent de toute leur force pour soutenir la position d’Israël et de ses dirigenants ne saurait être choquant si cela ne les conduisait à une intolérance militante face à ceux qui oeuvrent pour élargir les points de vue. La lutte contre le communautarisme n’a rien à gagner dans cette posture, même si nos interlocuteurs reconnaissent pourtant y souscrire et celle contre l’antisémitisme encore moins.

En revanche, que les élus, au premier frémissement d’un lobby religieux minoritaire au dire de ses représentants, acceptent de pratiquer une censure économique et politique sur un projet qui vise à participer de l’animation pédagogique de la Cité, il y a là un mépris du peuple, un mépris de leur mandat même, que la LDH ne peut accepter.

La République s’est toujours montrée, face à tous les groupes de pression, forte de l’autorité morale et de la détermination à respecter le droit manifestée par ses représentants. Que dire, en plein Festival du film, de la déshonorante démarche à laquelle se livrent le premier magistrat de la commune et avec lui son adjoint prétendument à la culture.

Notre manifestation aura lieu et grâce à tous les participants de cette soirée permettra au Cannois, dans la dignité, non sans passion, d’élargir leur connaissance d’un problème qui nous concerne tous. Les contribuables cannois nous avaient attribué une subvention de 563 euros, ce dont nous les remercions vivement mais que leur premier magistrat a voulu nous monnayer pour prix de notre liberté. Il ne savait sans doute pas que la liberté n’a pas de prix.

Henri ROSSI

Président de la section

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