Une tribune pour les luttes

Le bourrage des écoles de Marseille continue !

On Peut Pas Pousser Les Murs

Article mis en ligne le vendredi 21 mai 2004

Les écoles de Marseille (et plus particulièrement du centre ville) sont saturées. La mairie de Marseille laisse depuis de nombreuses années la situation se dégrader malgrè les alertes levées par nombre d’acteurs (dont le collectif "On Peut Pas Pousser Les Murs").

Malgrè une situation déjà trés difficile, des nouvelles classes doivent être ouvertes à la rentrée dans des écoles déjà saturées.

Les demandes d’un "plan d’urgence" pour la construction de nouvelles écoles dans le centre ville, restent sans écho.

Voici ci dessous une lettre ouverte écrite par l’association des parents d’élèves de l’école Franklin Roosevelt alarmant une fois encore la mairie de
Marseille et l’inspection d’académie sur les conséquences de l’ouverture d’une nouvelle classe dans l’école.

École Primaire Franklin Roosevelt
Association des Parents d’élèves
5, rue Tivoli - 13005 Marseille

Lettre ouverte
- à Madame LOTA, Adjointe au Maire Déléguée à l’Education et à la Petite Enfance,
et
- à Monsieur TREVE, Inspecteur d’académie, Directeur des Services Départementaux de l’Education Nationale.

Marseille, le 6 avril 2004

Madame, Monsieur,

L’ouverture d’une classe supplémentaire à la rentrée prochaine semble désormais acquise en dépit de l’opposition totale de l’ensemble des parents d’élèves, des enseignants et du Directeur. La Mairie renvoie la
responsabilité de cette ouverture sur l’Inspection qui répond que les conditions d’ouvertures dépendent de la Mairie. Finalement chacun de vous deux se défausse sur l’autre et, nous, nous retrouvons sans interlocuteurs pour affronter les conséquences d’une telle ouverture.
Nous nous permettons de vous rappelez à nouveau ces conséquences :

Cette nouvelle classe ouvrira dans l’actuelle salle des maîtres qui sera transférée dans la salle de l’actuelle bibliothèque. De ce fait l’école voit sa bibliothèque supprimée.

Cette ouverture va entraîner la création de classes à niveaux mélangés (cp/cm1 ? ce1/cm2 ? nul ne le sait.) et donc des difficultés pédagogiques supplémentaires pour les instituteurs déjà confrontés à de grands écarts de niveaux dans leur classe et à des enfants en grandes
difficultés. Est-ce cela favoriser la réussite scolaire et lutter contre l’exclusion ?

Les problèmes liés à l’entassement dans la cour de récréation vont s’aggraver. La cour est déjà saturée par les 11 classes de l’école (plus la C.L.I.N.) et cela malgré les récréations alternées (sources de nuisances sonores et de difficultés de concentration pour les élèves qui sont en classe tandis que leurs camarades se détendent).

De plus, dés aujourd’hui, avec la disparition des emplois jeunes et l’absence deux jours par semaine d’animateurs mairie, l’encadrement humain se révèle
insuffisant pour gérer une telle situation.

Nous vous avions précédemment alerté pour dénoncer la plus grave conséquence d’un tel entassement : les accidents déjà trop nombreux et souvent relativement graves (nécessitant l’intervention des pompiers et
parfois une hospitalisation). Hors nous n’avons reçu aucune réponse de vos parts sur ce point précis, alors même que nous redoutons à présent leur recrudescence !

Nous déplorons votre silence et votre inaction,
indignes, sur ce sujet. Sachez donc, que, désormais, nous vous considérons, vous Madame LOTA et vous Monsieur TREVE, comme responsables personnellement des accidents qui surviendront dans cette cour de récréation. Nous allons nous appliquer à donner toute la visibilité
nécessaire à chacun de ces accidents sérieux : nous informerons l’ensemble des parents, le rectorat, nos élus et les médias. Par ailleurs, certains parents sont déterminés à porter plainte contre vous si leurs enfants sont victimes de cet état de fait inadmissible.

Tout cela participe de notre indignation d’être toujours confronté au manque d’écoles dans notre quartier alors que sa population augmente et se rajeunit et que nous vous alertons depuis longtemps. en vain. Nos enfants souffrent aujourd’hui, et souffriront plus encore demain, des conséquences de l’absence de politique prévoyante et responsable de vos parts. Nous refusons que cela perdure : il faut créer des écoles et des
installations sportives de proximité en centre ville ! La Mairie a usé de son droit de préemption sur des bâtiments situés rue Barthélémy ; nous les avons visité : la surface de la parcelle est suffisante pour
construire une école après démolition des locaux existants. Pourtant rien n’est prévu à cet effet. Et d’autres opportunités immobilières ont été délaissées (locaux EDF boulevard National.).

Il nous semble évident que la priorité n’est pas d’équiper les écoles de self-service, très médiatisé, mais, bien plutôt, d’offrir aux petits Marseillais des écoles qui puissent les accueillir dans des conditions
décentes.

Nous réclamons l’annulation de cette ouverture de classe, ou, au pire, qu’elle soit juste transitoire le temps nécessaire à la création, dans les plus brefs délais, d’une nouvelle école dans le quartier ; et, dés à présent, des moyens humains et matériels pour faire face aux conséquences néfastes qui en découlent.

Nous aurions souhaité que ce problème d’ouverture de classe fût traité avec toute la générosité, l’ambition et la rigueur que nous attendons, désespérément, de nos élus et de membres de l’Education Nationale qui ont la responsabilité de nos enfants. Cessez donc, Madame LOTA et Monsieur TREVE, de vous renvoyer la balle indéfiniment et travaillez ensemble pour apporter des solutions pérennes aux problèmes.

Dans l’attente d’un sursaut de vos parts, nous vous adressons, Madame, Monsieur, l’expression de nos sincères salutations.

L’association des parents d’élèves

Information relayée par "On Peut Pas Pousser les Murs", Collectif pour l’amélioration du cadre de vie des enfants dans les écoles du centre ville de Marseille

Retour en haut de la page

Thèmes liés à l'article

Répression c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 1180