Une tribune pour les luttes

Toujours la grève générale et la répression en Kanaky

« L’USTKE a le droit au respect »

Article mis en ligne le jeudi 6 août 2009

Solidarité Kanakyhttp://solidaritekanaky.org/spip.php?article238

jeudi 6 août 2009

Les affrontements se sont poursuivis aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, notamment aux abords du quartier populaire de Montravel au nord de Nouméa, où plus d’un millier de jeunes ont caillassé un convoi de camions escorté par les forces de l’ordre. Louis Kotra Uregei, leader du Parti travailliste, émanation politique du syndicat USTKE et figure indépendantiste -il fut le signataire des accords de la rue Oudinot prévoyant en annexe des accords de Matignon (1988) un rééquilibrage économique en faveur des populations locales - a rencontré hier Philippe Gomes, président du gouvernement local (droite). Il répond aux questions de Libération.

INTERVIEW


Comment s’est passée cette réunion ?

M. Gomes essaye de rapprocher les différents points de vue. Des contacts ont lieu depuis mardi. Je m’associe à cette tentative de trouver des convergences entre les différents partenaires.


Comment analysez-vous la situation ?

Depuis son arrivée il y a deux ans, le Haut-Commissaire Yves Dassonville a voulu jouer au Zorro en s’en prenant continuellement à l’USTKE. Il a tenté de provoquer une ghettoïsation du syndicat. Par une répression systématique et, dernièrement, en encourageant l’intransigeance du patron d’Aircal. Il a par ailleurs eu des mots très durs, traitant les syndicalistes de « voyous », de « bandits », voire de « terroristes ». En tant que président du parti travailliste, je condamne l’attitude du haut-commissaire. C’est pour cette raison que je refuse de le rencontrer. L’USTKE a le droit au respect, au même titre que toute organisation syndicale. Que le leader de l’USTKE -Gérard Jodar- soit poursuivi puis incarcéré sur un motif aussi léger que celui « d’entrave à la circulation des aéronefs » c’est un coup monté. Ils ont tout fait pour qu’il se retrouve en prison.

Pourquoi les jeunes des quartiers se mobilisent-ils avec les salariés de l’USTKE ?

Dans un pays aussi sensible que la Nouvelle-Calédonie, voilà où l’intransigeance du Haut-commissaire nous mène. Il a mal apprécié l’importance de l’USTKE. Et se retrouve aujourd’hui dépassé par la situation. Ce n’est pas en jouant au va-t-en guerre et en dépêchant des gendarmes armés de flashball et de grenades lacrymogènes que l’on apaisera ce conflit. Puisque c’est la politique du tout-répressif qui conduit à ces violences. Les gens n’ont plus peur. Il y a effectivement des miliers de jeunes dans les rues aux côtés de l’USTKE, mais ce n’est pas le syndicat qui les a appelés ! Des camions ont été caillassés. Beaucoup de jeunes s’impliquent car ils en ont marre d’être l’objet de chasses à l’homme. L’argent injecté depuis les accords a permis d’importants investissements d’équipements. Mais l’opulence n’a profité qu’à une toute petite minorité, pas à la population locale.

http://www.liberation.fr/politiques...


Le Bureau Confédéral de l’USTKE souhaite apporter quelques précisions suite au communiqué du Medef repris en parti dans les nouvelles calédoniennes du samedi 1er août dernier.

Le patron des patrons calédoniens excelle à nouveau dans son rôle d’innocente victime des actions de l’USTKE. Il joint à son lot de protestations habituelles les dégâts matériels occasionnés, selon lui par les actions des syndicats. Un discours bien huilé pour justifier à terme, l’intervention publique et l’absence de répartition équitable des bénéfices à l’intérieur des entreprises. Quand les mêmes patrons qu’il représente font du chiffre, il est rare que leurs salariés soient associés financièrement aux retombées. Sur ce sujet, le Président Bouvier a pris l’habitude de rester discret.

Le chef des patrons revient également sur un problème délicat, celui de l’acheminement des médicaments, n’hésitant pas à accuser l’USTKE de mettre en danger des vies. Des accusations graves non fondées, utilisées déjà par le Président du Conseil d’administration d’Aircal pour incriminer l’USTKE et justifier ainsi ses atteintes au droit de grève.

Mr Bouvier, contesté dans ses propres rangs, aurait-il oublié les causes à l’origine de la dégradation du climat social dans notre Pays et sa part de responsabilité dans cette situation ? S’agissant du respect des libertés, comment le « grand chef des patrons » qualifie-t-il sa participation aux côtés de Nidoish Naisseline qui a exigé du représentant de l’Etat Français, Yves Dassonville, l’emprisonnement de plusieurs syndicalistes dont le Président de l’USTKE, Gérard Jodar, détenu depuis plus d’1 mois aujourd’hui au camp Est.

Son silence ensuite sur la progression de la pandémie de la grippe A/H1N1 dans notre Pays est étonnant. Quand on sait les risques encourus parmi la population calédonienne et donc des salariés, son -mutisme sur la question est révélateur de l’utilisation honteuse, dans sa campagne anti-USTKE, de sujets sensibles tels que la question des médicaments et des instruments médicaux.

Concernant les dégâts causés aux entreprises, il sera probablement surpris d’apprendre, que pour l’entreprise CFP, un des directeurs, probablement bien connu de lui, a été pris en flagrant délit de destruction de matériel de sa société. S’agissant de la compagnie Aircal, le N°1 des patrons n’a fait aucun commentaire sur la gestion désastreuse de la compagnie et des 600 millions de déficit à l’origine d’un dépôt de bilan qui se dessine inlassablement. Préférant à cela se rendre complice du Président du CA d’Aircal dans son entreprise anti-USTKE.

L’USTKE rappelle enfin à Mr Bouvier que la situation qu’il dénonce aujourd’hui ainsi que les perturbations qu’elle entraîne sont le résultat des agissements auxquels il a participé. Il lui appartient dorénavant de contribuer, au nom du Medef, à la recherche de solutions rapides pour sortir d’un climat social qui se dégrade de jour en jour. Sans nul doute que l’une des solutions se trouve du côté de son ami et Président du CA de la compagnie Aircal épargné pour sa part des conséquences de cette grève générale.

Nouméa, le 03 août 2009

Le Bureau Confédéral UTSKE


Communiqué du L.K.P

Pointe-à-Pitre, le 03 Aoûtt 2009

En réponse à la répression qui frappe les Travailleurs et Dirigeants de l’USTKE (Nouvelle-Calédonie).
LIYANNAJ KONT PWOFITASYON (LKP) apporte son total soutien aux Dirigeants et Militants de l’USTKE ainsi qu’aux Travailleurs de KANAKY qui luttent contre l’oppression et la répression capitaliste et colonialiste en Nouvelle-Calédonie.

L.K.P :

- Condamne sans réserve toutes les tentatives de diabolisation et de criminalisation de l’action syndicale orchestrées par l’Etat colonial Français ;

- Exige la libération de tous les Militants et Dirigeants de l’USTKE ;

- Déclare que la sentence contre les Travailleurs de l’USTKE relève d’une décision politique visant à museler toute contestation en Nouvelle-Calédonie et prouve bien que nous sommes dans une colonie.

- Exhorte les Travailleurs et le Peuple KANAK à poursuivre la lutte jusqu’à la satisfaction totale de leurs justes et légitimes revendications ;

- Déclare que les Peuples ne renoncent jamais à la liberté. Ils y sont seulement contraints et seulement pour un temps ; le temps pris pour préparer la révolte et briser les chaînes de l’asservissement et de la négation.

Non à la répression …

Le porte parole
E. DOMOTA


Communiqué du NPA

Non aux violences policières en Kanaky

Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) dénonce la violence des interventions du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale) à l’occasion de la visite à Nouméa de Madame Penchard, la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.

Le rassemblement pacifique organisé par le « Collectif pour la défense des droits et des libertés et la libération des syndicalistes emprisonnés » a été brutalement agressé par le GIPN et tout le centre de Nouméa a été bunkerisé pour les déplacements de la secrétaire d’Etat.

Le collectif qui rassemble l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités), le SLUA (Syndicat Libre Unité Action), le Parti travailliste, l’Union calédonienne, l’UCR (Union Calédonienne Renouveau) et diverses associations demandait simplement une entrevue avec Mme Penchard pour réclamer la libération des syndicalistes de l’USTKE emprisonnés depuis le 29 juin.

Face à la volonté systématique de l’Etat de réprimer toute forme de contestation, de manifestation et même d’expression dans cette colonie, le NPA dénonce la militarisation du territoire et demande le respect des libertés syndicales, associatives et politiques.

Depuis plus d’un mois, le président de l’USTKE, Gérard Jodar et cinq autres responsables sont emprisonnés au Camp Est… pour « entrave à la circulation d’un aéronef » !

Le NPA exige leur libération immédiate.

Le 31 juillet 2009


Voir plus d’informations et la pétition Mille Bâbords 11638

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2 Messages

  • Le 4 août 2009 à 11:32, par

    Depuis une semaine, le syndicat indépendantiste USTKE, en grève générale, multiplie les blocages dans les zones industrielles de Ducos et de Numbo, au nord de Nouméa, suscitant l’exaspération croissante des chefs d’entreprise.

    La semaine dernière, alors que Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères, étaient en Nouvelle-Calédonie, les forces de l’ordre sont intervenus quotidiennement pour lever barrages et blocages.

    Le syndicat entend protester contre l’enlisement d’un conflit à Aircal, pour lequel un accord a été trouvé mais que le président de la compagnie domestique, Nidoish Naisseline, refuse de signer. Ce conflit est lié à un licenciement pour faute professionnelle.

    Deuxième syndicat de Calédonie, l’USTKE a récemment créé le parti Travailliste, qui a obtenu 3 élus au Congrès lors des élections territoriales de mai.

    Tôt lundi, entre 50 et 200 adhérents de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités), mais aussi jeunes des tribus kanakes avoisinantes, ont dressé un barrage filtrant, près de la subdivision administrative de Koné, dans la province Nord.

    Alors que les gendarmes tentaient de les disperser, ils ont résisté, répondant aux grenades lacrymogènes par des coups de bâton, des jets de pierre et de billes en acier.

    L’USTKE réclame en outre la libération de son président, Gérard Jodar, condamné fin juin à un an de prison ferme, avec cinq autres adhérents, pour entrave à la circulation d’un aéronef après un coup de force, déjà dans le cadre du conflit Aircal.

    Alors que l’organisation dénonce une "répression policière" du syndicalisme, le haut-commissaire de la République, Yves Dassonville, qui dépêche systématiquement les forces de l’ordre en cas de blocages d’entreprise, a appelé lundi soir à ne pas céder "aux menaces et intimidations de l’USTKE".

    Au sein du FLNKS, coalition indépendantiste dominante, certains élus issus du parti Union Calédonienne soutiennent les actions du syndicat. A l’instar de Yann Devillers, membre du gouvernement collégial en charge du transport aérien domestique, et donc d’Aircal.

  • Le 5 août 2009 à 17:39, par

    Le collectif solidarité kanaky appelle à :

    RASSEMBLEMENT JEUDI 6 AOUT à 13h DEVANT LE MINISTERE DES DOM-TOM,
    27 rue Oudinot, Paris 7e

    pour dénoncer les violences policières et judiciaires contre l’USTKE, pour dénoncer la criminalisation de l’USTKE.

    et demander :

    l’arrêt immédiat de la répression policière
    le règlement du conflit air calédonie par la signature du protocole d’accord
    l’arrêt des poursuites judiciaires contre les syndicalistes de l’USTKE

    http://solidaritekanaky.org/

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