Une tribune pour les luttes

Réunion constitutive à Paris le 26 juin 2004

APPEL DE JEAN JAURES A LA REGULARISATION GENERALE DES SANS PAPIERS SCOLARISES !

Châtenay-Malabry, le 1er juin 2004

Article mis en ligne le lundi 7 juin 2004

A toutes celles et à tous ceux qui avaient signé en faveur de la régularisation de Sandrina et de Gladys,

On a sauté le pas, franchi le Rubicon, aléas jacta est. On lance l’appel de
Jaurès à la régularisation des élèves sans papiers, en France, en Navarre et
En Europe pour commencer.

Vous en trouverez le texte ci-dessous

C’est une grosse affaire. Dans laquelle on ne peut pas échouer sans mettre en danger les conditions de vie, voire pour certains d’entre eux la vie tout court, des élèves sans papiers.

On a longuement hésité. Mais il nous a semblé impossible d’ignorer les centaines, les milliers probablement, de jeunes futurs sans papiers qui sont aujourd’hui scolarisés et promis à l’expulsion demain.

L’appel lancé, son succès dépend de chacun.

Il est réellement important que cet appel, pour le moment initiative de quelques clampins de banlieue trouve des relais et permette, peut-être, de changer la donne pour tous les sans paps.

On se tient au courant, on compte sur l’appui de chacun et de tous/toutes.

Richard

APPEL DE JEAN JAURES A LA REGULARISATION GENERALE DES SANS PAPIERS SCOLARISES !

Châtenay-Malabry, le 1er juin 2004

Jean-Jaurès a obtenu de haute lutte la régularisation de Sandrina et de Gladys puis de Fanie, trois élèves de ce lycée de Châtenay-Malabry (92), que des lois iniques menaçaient de radier de l’existence légale.

Trois filles, l’une Angolaise, l’autre Haïtienne, la troisième Congolaise de 18 et 19 ans que rien n’aurait distingué de leurs camarades si leurs vies n’avaient été gâchées depuis leur majorité par le refus des autorités de leur accorder le titre de séjour leur permettant de vivre normalement avec leurs familles. La mobilisation des personnels du lycée, des élèves et des parents, les relais qu’ils ont su trouver auprès de personnalités locales et nationales, de centaines d’anonymes aussi, l’écho que la radio, la télévision et la presse ont donné à leur action ont permis d’arracher Sandrina, Gladys et Fanie à la clandestinité. Tout est bien qui finit bien pour elles.

Pourtant, pour quelques cas résolus, des milliers sans doute d’autres jeunes subissent, eux aussi, le drame de la privation du droit à une existence normale, l’obsession de l’interpellation, la peur d’une expulsion pratiquée dans des conditions souvent honteuses vers des pays de misère parfois déchirés par les guerres, l’angoisse d’un avenir bouché par la privation du droit de poursuivre des études supérieures, de travailler, d’avoir un logement, un compte-chèque, de passer son permis de conduire, de bénéficier de la Sécurité sociale, etc. Bref, d’être condamnés à la vie de sous-hommes à laquelle sont réduits les sans-papiers.

Sur le seul lycée Jean-Jaurès (1200 élèves), nous avons contribué à la régularisation de quatre élèves et d’une mère d’élève depuis juillet 2003.

Nous avons connaissance de trois autres cas. Depuis 1997, nous avons obtenu la régularisation d’une vingtaine d’élèves, les uns en les aidant dans leurs
démarches (constitution des dossiers, accompagnement aux Préfectures), les autres en faisant savoir aux autorités (pétitions, délégations d’adultes et de jeunes aux préfectures, aux audiences de tribunaux) qu’il était
inconcevable d’imaginer nos élèves, nos camarades, les copains de nos enfants, menottés, entravés, bâillonnés et scotchés à leurs sièges d’avion pendant que leurs camarades étudieraient paisiblement Eluard (" France,
j’écris ton nom, Liberté ") ou Du Bellay (" France, mère des arts, des armes et des lois "). Et que, sans trembler, les profs effaceraient des listes les noms et prénoms des bannis.

Il est impossible que de tels cas n’existent pas ailleurs. Il est du devoir des enseignants, des personnels des établissements, des élèves eux-mêmes et
de leurs parents mais aussi des associations de parents d’élèves et des organisations syndicales d’agir pour tirer ces jeunes de l’horreur qui pourrit leur vie.

Pour les élèves concernés eux-mêmes, évidemment. Qui, déjà souvent malmenés par des existences chaotiques (exilés, ayant parfois perdu un de leurs parents et traversé nombre d’épreuves) ne peuvent pas ajouter aux tragédies que sont les biographies de certains d’entre eux, l’angoisse d’être expulsés d’un pays où ils avaient cru trouver un refuge.

Mais aussi pour faire la démonstration aux yeux de nos élèves et de nos enfants, que les discours sur les "valeurs" dont on les abreuve ne sont pas des mots creux. Le comportement de certains hommes publics, politiques et du monde des affaires (vous voulez des noms ?), ont dévasté la tête d’une partie de la jeunesse. Il est du devoir de tous ceux qui ont une mission éducative, à commencer par les enseignants et les parents, de montrer à la jeune génération qu’on dit sans repères, que nos discours sur la justice,
l’altruisme, la solidarité, le dévouement à une cause commune ne sont pas des mots vides de sens, tout juste bons à leur faire la morale. Mais que les adultes, certains d’entre eux tout au moins, savent mettre en accord leurs paroles et leurs actes. Et faire ce qu’il faut quand des jeunes sont victimes d’injustice ou plongés dans des situations intolérables.

Pour les jeunes eux-mêmes enfin. Qui, s’ils sont associés à des combats justes, menés avec des moyens autrement efficaces que l’incendie de bagnoles et le caillassage de policiers, renoueront avec des traditions de solidarité, de combat collectif qui leur permettront peut-être, leur vie durant, de faire en sorte que le monde dans lequel ils sont appelés à vivre soit un peu moins hideux qu’il ne l’est.

Adultes et jeunes des établissements scolaires constituent une force. Elle doit peser pour que cesse la persécution des élèves sans papiers.

Jean-Jaurès ressuscité appelle à la constitution d’un réseau de solidarité avec les jeunes sans papiers scolarisés, à l’échelle nationale (et pourquoi
pas, ensuite à l’échelle européenne).

Nous appelons toutes et celles et ceux, jeunes sans papiers scolarisés, enseignants, personnels d’éducation, parents d’élèves, élèves, juristes et avocats, mais aussi les organisations syndicales, les associations, les partis attachés à combattre l’injustice et enfin tous ceux que révolte l’oppression à s’associer à cet appel, à le reproduire, à le faire circuler et à entrer en contact avec nous.

Nous les invitons à la réunion constitutive du réseau de soutien aux jeunes sans papiers provisoirement appelé

LYCEES SANS FRONTIERES

.

REUNION CONSTITUTIVE

SAMEDI 26 JUIN 2004 à 13 h 45

BOURSE DU TRAVAIL PARIS

rue Charlot (Métro République)

(Horaires et salle à confirmer)


ORDRE DU JOUR ENVISAGE

(à discuter et adapter) :
- 1) : Le problème des élèves sans papiers et les solutions apportées.
Expériences conduites dans quelques établissements (Châtenay-Malabry, Choisy-le-Roi ? Charenton ? St-Denis ?).
- 2) : Le cadre juridique
Les formes d’appui des enseignants, des parents, des élèves, des autres structures (syndicats, associations, personnalités)
- 3) : Comment continuer.
Constitution d’un réseau, structures
Relations avec les syndicats, associations.
Pôle juridique


BULLETIN REPONSE :

NOM :
Prénom (si individuel) :

Coordonnées (adresse postale, téléphone, e-mail, en capitales, on remettra en minuscules) :

Nous sommes signataires de l’appel à la régularisation des élèves sans papiers.

Nous participerons à la réunion constitutive du réseau de soutien aux jeunes sans papiers le 26 juin.

Contact :
Lycée Jean-Jaurès (Richard Moyon)
280 avenue Jean-Jaurès 92290
Châtenay-Malabry,
06 12 17 63 81,
lyceessansfrontieres chez free.fr

Retour en haut de la page

Thèmes liés à l'article

Manif/rassemblements c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 1090