Damien Nantes, responsable de la Cimade, a accusé ce matin les autorités françaises de "mise en danger délibérée" des personnes avec l’expulsion cette nuit de trois immigrés illégaux afghans vers Kaboul.
"On a alerté sur la situation car on savait qu’il y avait une farouche volonté du gouvernement d’expulser ces personnes", a déclaré Damien Nantes en dénonçant "la mise en danger délibérée" des ressortissants afghans renvoyés vers Kaboul.
Damien Nantes a également a annoncé qu’un quatrième ressortissant afghan "a refusé d’embarquer en se blessant car il avait en cours une procédure de référé-liberté dans un tribunal administratif de la région parisienne". Le cas de ce ressortissant devrait être examiné dans l’après-midi. La Cimade a eu connaissance de cet épisode lorsque le jeune Afghan a été ramené, blessé, dans le centre de rétention.
3 AFGHANS ONT ETE EXPULSES A MINUIT DE ROISSY VERS LA MORT. Ils seraient de
Kaboul . Besson a confirmé que Kaboul était une zone sécurisée ! , et qu’ils
ne couraient aucun danger ! .
Et qu’ils continuerait à les expulser..
Trois Afghans, en situation irrégulière en France, sont en cours de reconduite par avion vers l’Afghanistan où ils devraient arriver "dans l’après-midi", a annoncé sur Europe 1 le ministre de l’Immigration Eric Besson.
L’avion, en provenance de Londres, a fait escale à Roissy pour embarquer les trois personnes, a précisé le ministère à l’AFP.
"Un fonctionnaire français se trouve à Kaboul" pour les accueillir et ils bénéficieront "d’un accompagnement individualisé", a précisé M. Besson qui a qualifié ce retour forcé de "signal".
Ces trois ressortissants afghans, a précisé M. Besson, avaient été interpellés près de Vintimille (frontière franco-italienne), dans le square Villemin à Paris (Xe) et dans la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais). Ils sont originaires de la région de Kaboul où il "n’y a pas de risque pour eux", a assuré le ministre.
Dans la soirée de mardi, Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, avait affirmé à l’AFP avoir reçu l’assurance du ministère de l’Immigration qu’il n’y aurait pas de retours forcés d’immigrés illégaux afghans vers Kaboul mardi soir.
Lundi soir, la Cimade, seule association présente dans les centres de rétention, avait fait état de la programmation d’un vol groupé franco-britannique à destination de Kaboul mais tout au long de la journée de mardi, des incertitudes ont persisté autour de ce projet.
Communiqué interassociatif
Rassemblement
ce soir mardi 20 octobre 2009 à 18h
devant la Préfecture des Bouches du Rhône
Premiers appelants Marseille : CIMADE, UCIJ, LDH, RESF...
Lundi 19 octobre 2009
Un « charter » franco-britannique à destination de Kaboul est prévu pour demain, mardi 20 octobre. Suite à la « fermeture » de la « jungle » de Calais, un « vol conjoint » pour l’Afghanistan était déjà d’actualité le 6 octobre. La mobilisation interassociative, les décisions de suspension d’expulsion de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) ont fait reculer Paris et Londres.
La libération des 140 Afghans placés en rétention dans les jours qui ont suivi la « fermeture » de la « jungle » de Calais, leurs demandes d’asile en cours, n’ont pas empêché les autorités françaises de continuer à arrêter et à placer des ressortissants afghans dans plusieurs centres de rétention administrative (CRA). A ce jour, une cinquantaine d’Afghans sont dans les CRA de Palaiseau (91), de Coquelles (66), du Mesnil-Amelot (77), de Nice (06), de Lille (59) et de Paris-Vincennes (75).
La situation n’a pas changé : l’Afghanistan est un pays en guerre. Il est inacceptable d’y renvoyer ceux qui s’en sont enfuis à la recherche d’une protection en Europe. Les « charters conjoints », qui sont contraires au principe d’interdiction des expulsions collectives, conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires et inhumaines, au mépris des droits fondamentaux des personnes.
Nous appelons instamment les autorités françaises et britanniques à renoncer à tout projet d’expulsion vers l’Afghanistan et insistons sur la nécessaire mobilisation de tous pour empêcher cette expulsion collective qui mettrait sérieusement en danger la vie de ces exilés.
Nous réaffirmons qu’il est urgent de rendre son sens au droit d’asile en Europe en prévoyant un mécanisme permettant à tout réfugié de solliciter une protection dans le pays de son choix. Dans l’attente, la France peut, et doit, suspendre l’application du règlement de Dublin afin d’accueillir sur son sol les personnes qui continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe.
*Organisations signataires : ACAT-France (Action des chrétiens contre la torture), ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), ANAFE (Association nationale d’assistance aux frontières des étrangers), APSR (Association d’Accueil aux médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France), Association Primo Levi, Auberge des migrants (Calais), CAAR (Comité d’aide aux réfugiés – Bois-Colombes), Calais Migrant Solidarity, C’SUR (Calais), Cimade, Collectif Migrants (Dunkerque), Collectif Solidarité Migrants (Angres), Collectif de soutien des exilés (Paris), COMEDE (Comité médical d’aide aux exilés), ELENA (European Legal Network on Asylum), Emmaüs-France, Enfants du monde-Droits de l’Homme (EMDH), Fédération de l’Entraide Protestante, Flandre Terre Solidaire, GAS (Groupe Accueil et Solidarité), GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), Itinérance (Cherbourg), LDH (Ligue des droits de l’homme), MRAP (Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples), PCF (Parti communiste français), RESF (Réseau Education sans frontières), SAF (Syndicat des avocats de France), SALAM (Calais), SALAM (Dunkerque), Secours catholique, Syndicat de la magistrature (SM), Terre d’errance (Norrent-Fontes), Terre d’Errance (Steenvoorde)
Contact presse :
La Cimade : Julie Chansel / 06 82 24 03 47 / julie.chansel@cimade.org
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