Une tribune pour les luttes

Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Le ministère de la santé « débloque »

Article mis en ligne le mercredi 28 octobre 2009

27.10.2009

Le projet d’arrêté de fermetures des blocs opératoires pratiquant moins de 1500 actes annuels poursuit et accentue la guerre menée par les gouvernements successifs contre les hôpitaux de proximité de taille réduite.

La dernière loi dite "Bachelot" ne fait que généraliser les pratiques antérieures, en les rendant plus opérationnelles avec la mise sur pied d’un pouvoir pyramidal et antidémocratique dont les ARS sont le pilier. M. Vallencien voilà quelques années s’en prenait à environ 113 blocs dont certains sont déjà fermés ! et aujourd’hui c’est encore l’escalade avec 182 annoncés en plus. Obernai, Ruffec, Champagnole, Aubagne, Albi, Castelnaudary, la plupart des hôpitaux bretons de taille moyenne ou petite, Clamecy, Châtillon sur Seine, Belley, Gap-Sisteron, Paris Bellan, Briançon, Boulogne Billancourt, Chalon, Decazeville, Die, Lisieux, Montceau-les-Mines, Montluçon, Thouars, Vouziers… sont face à des menaces de destructions partielles ou totales de services chirurgicaux.

Des centaines de structures hospitalières sont démantelées et fragilisées, et la chirurgie est désormais assurée pour plus des 2/3 par le privé ou sévissent souvent dépassements d’honoraires et parfois dessous de table. Certaines localités n’ont plus d’offre publique de santé et les patients sont confrontés à d’intolérables pressions financières supplémentaires, ce qui va encore réduire les nécessaires interventions pour beaucoup de nos concitoyens.

Une nouvelle fois l’idéologie dominante - à nos yeux irresponsable- de restructurer et de concentrer les structures sanitaires sévit. L’intérêt des personnes et des territoires est une nouvelle fois ignoré, les personnels ne sont pas consultés, les élus locaux non plus. L’accès égalitaire à une santé de proximité n’existe plus.

Le maillage territorial sanitaire que l’étranger nous enviait devient peau de chagrin. On désertifie des territoires entiers, on augmente les zones blanches sanitaires… et on accentue les dépenses, les risques, les temps d’accès aux soins, en multipliant des transferts, ce qui est en plus écologiquement stupide.

Pire on laisse de côté les personnes plus isolées, les plus démunies, qui ne consultent plus ou moins : 15 % de français ne consulteraient déjà plus, 20% des consultants ont disparu là où on a déjà procédé à des regroupements reconnaissent les présidents de CME-Commissions médicales d’établissements.

L’hôpital pivot ou central n’en profite guère. Au contraire les files d’attente s’accentuent, et là encore également les temps d’attente, souvent pour des besoins sanitaires bénins qui auraient largement pu être traités localement. Les personnels - déjà de moins en moins nombreux- sont stressés, sous pression, et sont condamnés à faire plus vite et forcément plus mal l’accueil et les soins nécessaires.

La Coordination nationale condamne fermement ce projet d’arrêté comme elle condamne toute la politique territoriale en matière de santé menée depuis une quinzaine d’années. Il faudrait rétablir une vraie démocratie sanitaire, partir des besoins des personnes (usagers et personnels) et des territoires, faire jouer à plein le principe de subsidiarité (traiter ce qu’on peut sur place, c’est-à-dire la très grande majorité des demandes) et orienter vers des sites spécialisés et plus dotés les rares cas qui le nécessitent.

Et surtout augmenter considérablement le recrutement des personnels et veiller à ce qu’enfin ils soient mieux répartis territorialement. Bref une toute autre politique, nettement plus courageuse, qui profiterait enfin aux principaux intéressés, les utilisateurs (patients, usagers, familles et proches) et tous les personnels des structures sanitaires.

Pour info l’article AFP

http://www.france-info.com/ressourc...

COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

(fondée à SAINT-AFFRIQUE en 2004)

Site : http://www.coordination-nationale.org

Contact : postmaster coordination-nationale.org

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1 Message

  • Le 28 octobre 2009 à 18:23, par christiane

    mercredi 28 octobre 2009

    Cette commune vauclusienne vient d’obtenir la réouverture de la maternité de la commune, fermée en août dernier.

    C’est l’alliance des ventres ronds et des renards des arguments en droit public et administratif. Toutes les communes de France où un service hospitalier est menacé regardent du côté de ce "village gaulois" qu’est Valréas.

    Cette commune vauclusienne vient d’obtenir une victoire historique contre le ministère de la Santé devant le tribunal administratif. Hier soir, le ministère a annoncé à La Provence la réouverture de la maternité de la commune, fermée en août dernier.
    Le juge des référés Godbillon du tribunal administratif de Nîmes a estimé que la suppression de ce service "créerait un risque sérieux pour les parturientes de Valréas, la Motte-Chalançon et Rémuzat, alors domiciliées à une heure et quart de trajet de la maternité la plus proche". Et a ordonné la suspension de la décision de fermeture de la ministre. Avec une astreinte de 100 euros par jour de retard pour l’application de la décision !

    "Nous allons respecter l’ordonnance du tribunal administratif, nous a confirmé hier une conseillère de la ministre.Les détails de l’injonction seront étudiés vendredi en commission à l’Agence régionaled’hospitalisation (ARH).
    _ Ensuite, il faudra que toutes les conditions soient réunies pour une réouverture dans de bonnes conditions de sécurité, notamment en matière de recrutement de personnel médical, particulièrement de deux gynécologues qui ont quitté l’établissement".

    Christelle Tardieu incarne superbement cette lutte hors-norme avec son ventre- étendard dans le hall de la maternité. Elle accouche dans quelques jours et fait partie du collectif de 23 mamans qui ont choisi le terrain judiciaire en même temps que l’occupation et les défilés. "Les juges, comme nous, défendent l’intérêt général, souligne la jeune femme avec son compagnon Nicolas. Nous allons avoir notre premier enfant, une fille et nous ne l’appellerons pas Roselyne ! Mais peut-être Victoire."

    Christelle, sage-femme, Jade et Annie, auxiliaires de puériculture, couvent du regard et des mains la future maman. "Nous avons briqué la maternité du sol au plafond. Nous nous tenons prêtes pour la réouverture." Elles se sont battues pour ce service qui faisait près de 350 naissances par an.

    André Lachard, président du comité de sauvegarde de l’hôpital, avec Gilberte, qui se bat depuis le début pour la maternité, racontent comment leur victoire en justice les met au coeur d’un mouvement de défense du service public. "Notre démarche citoyenne nous a valu des appels de salariés et d’usagers d’hôpitaux comme Aubagne, Saint-Antoine à Paris. On s’aperçoit que ce n’est pas seulement l’affaire d’établissements ruraux puisque l’État veut fermer des maternités comme Jean-Rostand à Ivry-sur-Seine qui fait 2 200 accouchements par an ! Quelle séconomies pour la santé publique quand on va mettre des milliers de parturientes sur les routes, quand on va concentrer les futures mamans et les malades dans des grands centres avec les risques d’engorgements ?"

    Le 28 novembre, le comité de défense des hôpitaux de proximitése réunira à Die (Drôme). Et l’Union des petites et moyennes villes de France consulte les "défenseurs des ventres ronds de Valréas".

    (...)

    http://www.laprovence.com/articles/...

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