Une tribune pour les luttes

Communiqué

Alerte contre les effets des réformes de l’Aide Médicale Etat

Article mis en ligne le dimanche 13 juin 2004

Aux personnes signataires de la pétition pour la défense de l’Aide Médicale Etat.

En décembre 2003, Médecins du Monde et Médecins Sans Frontières lançaient un appel conjoint, signé par 11400 personnes et 160 associations dont le Samu social de Paris et le Comede, pour alerter les ministres de la Santé et des Affaires sociales contre les dangers induits par les réformes de l’Aide Médicale Etat, dispositif réservé aux résidents sans titre de séjour sur notre territoire et aux ressources extrêmement faibles. En supprimant l’accès immédiat à l’AME et en prévoyant la fin de la gratuité des soins, ces réformes mettaient en danger la santé de 150 000 personnes parmi les plus fragiles d’entre nous.

Six mois après notre appel, le drame sanitaire que nous annoncions révèle ses premiers signes sur le terrain : inaccessibilité de fait du dispositif de médecine générale, renvoi vers les hôpitaux, refus de soins, durcissement des pratiques administratives, abandon de la démarche de soins…

Les équipes de nos différents centres d’accès aux soins rapportent les effets pervers de ce nouveau système.

La réforme de l’Aide Médicale d’Etat (AME) met tous les jours en danger la santé de milliers de personnes parmi les plus vulnérables.

Paris, le 8 juin 2004 -
Six mois après la réforme de l’Aide médicale d’Etat (AME), dispositif réservé aux résidents sans titre de séjour sur notre territoire et aux ressources extrêmement faibles, les équipes de Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, le Samu social de Paris et le Comede (Comité Médical pour les Exilés) rapportent au quotidien les effets pervers de ce nouveau système.
C’est, par exemple le cas de Balbine, une camerounaise de 32 ans, sans titre de séjour depuis son arrivée en France en 1995. Elle n’a pu réunir les preuves de sa présence en France depuis ces trois derniers mois, ayant des justificatifs pour les mois de mars et avril 2004, mais pas pour février. Pourtant, Balbine souffre d’une anémie très importante due à des hémorragies utérines qui peut mettre sa vie en danger si on ne peut ni faire de diagnostic, ni la traiter.

Pour Balbine comme pour des centaines d’autres personnes dans toute la France, la réforme de l’AME, en supprimant l’accès immédiat et en exigeant des malades de faire la preuve d’une présence ininterrompue de plus de trois mois sur le territoire, a des conséquences directes sur l’accès aux soins des plus démunis : les malades n’ont, de fait, pas accès au dispositif de médecine générale, sauf à acquitter d’eux-mêmes le coût des consultations ; ils sont renvoyés dans les hôpitaux, déjà surchargés, même pour des soins qui ne nécessitent pas de plateau technique hospitalier, ou sont admis en urgence pour des pathologies sévères qui n’ont pas été soignées à temps. Ils sont également confrontés à un durcissement des pratiques administratives pour la constitution de leur dossier. Pour certains, ces difficultés mènent tout simplement à l’abandon de toute démarche de soins.
Dès décembre 2002, de nombreuses associations médicales et sociales s’étaient déjà fortement mobilisées pour protester contre les premières modifications de l’AME. En décembre 2003, Médecins du Monde et Médecins Sans Frontières avaient lancé un appel conjoint pour alerter les ministres de la Santé et des Affaires sociales des dangers induits par la réforme de l’AME. Cette alerte a été signée par 160 associations dont le Samu social de Paris et le Comede. En tant qu’acteurs médicaux et sociaux impliqués au quotidien dans la prise en charge des populations les plus précaires en France, nous condamnions ces mesures qui risquaient de mettre en danger la santé de 150 000 personnes parmi les plus fragiles d’entre nous.

Aujourd’hui, la réforme de l’AME met tous les jours la santé de milliers de personnes en danger. Les progrès réalisés ces dix dernières années dans le cadre des dispositifs AME et CMU (Couverture Maladie Universelle) doivent être consolidés au lieu d’être ruinés. C’est pourquoi nous demandons de revenir au dispositif AME qui existait avant décembre 2003 et qui permettait aux plus vulnérables d’avoir un accès effectif et immédiat au système de droit commun.

Vous pouvez télécharger le dossier de presse en pdf (200 Ko) à la page :

http://www.medecinsdumonde.org/nl%20avril%2004/ame.html

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