Une tribune pour les luttes

Le MRAP indigné par les propos de Nadine Morano à Charmes, ville natale de Maurice Barrès

Article mis en ligne le mercredi 16 décembre 2009

Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité, participait lundi soir à un débat sur l’identité nationale à Charmes (Vosges), la ville natale de Maurice Barrès.

Selon les dépêches, « à un jeune homme qui l’interrogeait sur la compatibilité de l’islam avec la République, la secrétaire d’ Etat a répondu : "On ne fait pas le procès d’un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c’est qu’il se sente français lorsqu’il est français. Ce que je veux, c’est qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, c’est qu’il trouve un travail, et qu’il ne parle pas le verlan. C’est qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. C’est qu’il essaye de trouver un boulot, et qu’on l’accompagne dans sa formation" d’après un enregistrement réalisé sur place ».

En tout premier lieu, le MRAP ne peut qu’exprimer sa consternation face à la pauvreté politique de la réponse de la secrétaire d’État qui manifeste ainsi sa piètre compréhension des conditions de vie au quotidien des jeunes des quartiers populaires et de leur terrible sentiment de stigmatisation, qu’il s’agisse de leurs relations quotidiennes avec la Police et la Justice ou qu’il s’agisse, désormais aussi pour certains d’entre eux, de leur qualité de jeunes musulmans issus de familles qui ont connu dans les pays d’origine la colonisation française.

Le MRAP tient à exprimer sa consternation devant ces propos - porteurs de stigmates et de préjugés à l’endroit des français musulmans – qui confirment le sens politique du débat sur l’identité nationale visant de fait une catégorie de Français à qui est déniée d’une certaine manière un certain nombre de droits et de libertés fondamentaux.

Le MRAP dénonce vivement le fait que ce membre du gouvernement ait estimé juste et légitime de proposer des « solutions » d’intégration spécifiques aux jeunes de familles musulmanes. Une telle réponse défie tout d’abord le bon sens lorsqu’il s’agit de vouloir bannir des phénomènes générationnels tels que le port de la casquette ou l’usage du verlan. Mais oser laisser entendre que les jeunes « musulmans » seraient responsables de ne pas trouver de travail alors qu’ils sont victimes de discriminations quotidiennes dans l’accès à la formation et à l’emploi est indigne d’un membre du gouvernement de la France.

Le MRAP s’insurge enfin devant ce nouvel exemple de libération d’une parole de stigmatisation de la population musulmane qui ouvre hélas la voie au passage à l’acte raciste.


Profanation de la mosquée Billal de Castres : le MRAP solidaire des musulmans de Castres appelle à la mobilisation accrue de tous les citoyens contre le racisme

Le MRAP dénonce les actes ignominieux commis contre la mosquée de Castres dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 décembre : - suspension au bâtiment d’oreilles et de pieds de cochons - dessins de croix gammées - inscriptions racistes vantant le "White Power" (pouvoir blanc) et "la France aux Français"..

De tels actes se répandent en France dans le sillage du référendum suisse sur les minarets qui a eu pour effet de libérer, en France aussi, la pensée et les actes xénophobes et islamophobes.

Ce climat délétère est également encouragé par le débat sur l’ "identité nationale" que le ministre de l’immigration, Eric Besson a lancé dans la société française. Le MRAP condamne les finalités manipulatrices d’un tel débat ainsi que le détournement qu’il fait des idéaux républicains.

Le MRAP - qui avait condamné en son temps la création d’un nouveau ministère de l’Immigration, en charge de l’Identité nationale, de l’intégration et du "co-développement" devenu "développement solidaire" - soutient l’initiative citoyenne récente qui demande la dissolution de ce ministère.

Il exprime sa solidarité aux musulmans de Castres meurtris par ces actes ignobles ainsi qu’ aux responsables de la mosquée Billal qui ont décidé de porter plainte.

Le MRAP de Castres a annoncé son engagement à se porter partie civile dans cette affaire.

De tels événements, alors que le MRAP a célébré cette année son soixantième anniversaire, démontrent que la lutte contre le racisme sous toutes ses formes et contre toutes ses causes reste hélas d’une terrible actualité. Elle requiert plus que jamais la jonction de toutes les forces citoyennes.

Paris, 15 décembre 2009

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