Une tribune pour les luttes

Délinquance, justice et autres questions de société

Les condamnations en justice : un autre regard sur la délinquance
+ Vidéo : déchiffrer la violence

Laurent Mucchielli

Article mis en ligne le mardi 12 janvier 2010

http://www.laurent-mucchielli.org/

5 01 2010

Le volume statistique des condamnations prononcées par le Justice en 2008 vient d’être publié par le ministère de la Justice. Même s’il n’est pas complet, il offre à sa manière un regard sur la délinquance moins déformé que celui des statistiques de police car il inclut la délinquance routière et les contraventions de 5ème classe.

En 2008, la justice a sanctionné près d’un million d’infractions. Le plus gros contentieux est la délinquance routière. Viennent ensuite les atteintes aux biens (essentiellement des vols et recels). Puis les atteintes aux personnes (bagarres, violences conjugales, agressions sexuelles, etc.), suivies de près par les infractions en matière de stupéfiants.

Notons au passage que les crimes (essentiellement viols et meurtres) - qui font les faits divers qu’apprécient tant les médias – ne constituent que 0,4 % de l’ensemble.

Face à ces infractions, que fait la justice que d’aucuns s’imaginent laxiste ou compatissante ?

Les condamnations prononcées par la justice en 2008
(rapide résumé)

Le volume statistique des condamnations prononcées par le Justice en 2008 vient d’être publié par le ministère de la Justice. Même s’il est loin d’être complet (il ne recense que les condamnations inscrites au casier judiciaire et définitivement parvenues), il offre à sa manière un regard sur la délinquance moins déformé que celui des statistiques de police car il inclut la délinquance routière et les contraventions de 5ème classe. Il permet aussi de mesurer une partie de ce que fait la justice ainsi que d’avoir quelques informations sur les personnes condamnées.

Une autre image de la délinquance

En 2008, la justice a sanctionné près d’un million d’infractions. Le plus gros contentieux est la délinquance routière, il représente à lui seul près de 35 % de l’ensemble. Viennent ensuite les atteintes aux biens (essentiellement des vols et recels) qui pèsent près de 20 %. Puis les atteintes aux personnes (bagarres, violences conjugales, agressions sexuelles, etc.) pour près de 14 %, suivies de près par les infractions en matière de stupéfiants (13 %).

Notons au passage que les crimes (essentiellement viols et meurtres) - qui font les faits divers qu’apprécient tant les médias – ne constituent que 0,4 % de l’ensemble et sont constitués pour moitié de viols.
Notons également que le fait d’inclure la délinquance routière et les contraventions de 5ème classe modifie l’image des auteurs des infractions sanctionnées. Ainsi la part des mineurs est presque deux fois moins importante dans cette statistique judiciaire par rapport à la statistique policière. Les mineurs constituent ici 9 % des personnes condamnées. Et c’est aussi la proportion de femmes parmi les personnes condamnées.

Que fait la justice ?

Face à ces infractions, que fait la justice que d’aucuns s’imaginent laxiste ou compatissante ? La moitié des peines prononcées ont été des peines d’emprisonnement avec ou sans sursis. Viennent ensuite les amendes (34 % des peines), les peines de substitution (suspension du permis de conduire, travail d’intérêt général, jours-amende, etc.), loin devant les mesures et les sanctions éducatives (moins de 5 % de l’ensemble).

LM


Lire le 4 pages analysant ces statistiques sur le site du ministère de la Justice.

Télécharger le volume complet des condamnations prononcées en 2008.

Pour aller plus loin dans l’analyse, reportez-vous à la rubrique "Statistiques" du site.http://www.laurent-mucchielli....


Déchiffrer la violence : la vidéo

http://www.laurent-mucchielli.org/i...

6 01 2010

Dans un long entretien filmé et publié sur le site de La vie des idées le 5 janvier 2010, nous expliquons :
- la construction des statistiques de la délinquance
- l’image construite de délinquants "plus jeunes et plus violents"
- l’évolution du traitement judiciaire de la délinquance
- les rapports entre police et population (et la question de la police de proximité)
- la possibilité d’analyser autrement la "question de la violence" du point de vue sociologique

Par ailleurs, nous expliquons aussi les raisons pour lesquelles nous refusons le pseudo débat sur "l’identité nationale".

Voir la vidéo sur le site de La vie des idées.

http://www.laviedesidees.fr/Dechiffrer-la-violence.html

Par Laurent Mucchielli

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