Une tribune pour les luttes

Patrons Caliméros

Écrit dans une fureur enthousiaste par comité-de-salut-public

Article mis en ligne le mardi 19 janvier 2010

Avec les sources sur :
http://comite-de-salut-public.blogs...

Dimanche 17 janvier 2010

Les patrons sont des êtres humains comme vous et moi. Ce sont des gens parfaitement normaux et à ce titre, quand on est méchant avec eux, ça blesse leurs petits cœurs sensibles et ils en sont tout chagriné de tant de vilenie. Heureusement, les Échos, un sac d’orange dans une main et un paquet de Kleenex dans l’autre, sont prêts à voler à leur secours et à éponger les larmes de ces malheureux...

Point commun de tous ces portraits bouleversants : ils sont tous présentés comme des braves types à la base qui ont été pris - à l’insu de leur plein gré - dans des engrenages qui les dépassaient, promis juré. C’est pas leur faute, d’abord. On a dit bien des vilaines choses sur eux, qui sont au fond tellement humains et humbles aussi...à la fin de l’article, c’est simple : on a plus de mouchoirs pour essuyer ses larmes devant tant d’injustice, et on se rend compte qu’en fait les grands patrons, c’est la dernière minorité opprimée pis que Tchétchènes réfugiés ma pauvre dame.

Daniel Bouton, ex-PDG de la société Générale :

"Daniel Bouton, ne demande pas qu’on l’aime, il est au-dessus de ça. Il veut en revanche que l’on reconnaisse ses talents : il a payé non pour ses fautes, mais pour ne pas avoir vu que le débat autour des stock-options devenait plus politique que financier."

Le pauvre. C’est déchirant, non ?

("Le 29 avril 2009, à l’âge de 59 ans, il annonce qu’il quitte la présidence de la Société Générale. Il ne touche pas d’indemnités de départ. A partir d’avril 2010, date de son 60e anniversaire, il pourra percevoir sa retraite annuelle, qui est de 730 000 euros, soit environ 2000 euros par jour (régime surcomplémentaire de retraite des cadres de direction de la Société Générale). Comme son contrat de travail le prévoit, il a acquis des droits à pension représentant 58,2 % de sa rémunération 2007 (1,25 million d’euros), exerçables « lorsqu’il fera valoir ses droits à retraite de la Sécurité sociale ». Le montant de la retraite qu’il devrait percevoir en tant qu’ancien agent public de l’Etat est encore inconnu.)

Pierre Suard :

"Quinze ans et deux livres après, Pierre Suard, l’ex-PDG d’Alcatel-Alsthom, rumine encore les accusations de « surfacturation » et « d’abus de biens sociaux » qui l’ont amené devant les juges. Blanchi en appel en 2008 (l’instruction avait débuté en 1994), il a demandé le mois dernier aux juges de la cour d’appel de Versailles de le « réhabiliter ». Une requête rare qui vise à effacer du casier judiciaire toutes les condamnations et poursuites. Il l’a fait « pour ses enfants ». Mais lui n’a rien oublié des « blessures », de l’« injustice absolue »

Le comte de Monte-Christo ? C’est lui. En encore plus injuste, même. C’est lui qui le dit.

("Pierre Suard aime le pouvoir. Et ne supporte pas la critique. Cassant avec ses collaborateurs, arrogant avec les journalistes en dépit des efforts d’amabilité consentis, Pierre Suard se sent au-dessus des lois. Fort de 1 million par mois de revenus, il ne comprend pas qu’on lui cherche noise pour ses travaux personnels payés par le groupe").

Mais qu’on se rassure : Ivan Rioufol vole au secours du malheureux Pierre Suard, tant les questions de morale et d’éthique sont chères au cœur du figariste de choc.

Daniel Bernard :

"Aujourd’hui, à soixante-trois ans, il est président non exécutif de Kingfisher, dirige la Fondation HEC, a créé un fonds d’investissement et participe à une poignée de conseils d’administration. « J’aime la vie », résume-t-il, gourmand. Il y a du Zadig chez cet homme, qui avoue sans fausse honte rire en regardant la « 7e Compagnie » et se lever à 6 heures du matin pour aller voir ses légumes pousser dans son potager à Chatou"

C’est trop chou.

("L’affaire avait fait scandale il y a 3 ans, cris de colère des actionnaires en pleine assemblée générale du groupe, à l’annonce des avantages consentis à leur ancien patron : une rente de 100.000 euros par mois, jusqu’à la fin de ses jours. La nouvelle direction de Carrefour ne voulait plus payer. La cour d’appel de Paris vient de lui donner raison.
C’est une première. Jamais un parachute doré avalisé par le comité de rémunération d’une société avait été remis en cause par la justice.
Daniel Bernard va devoir rembourser la somme qu’il touche chaque mois depuis un peu plus d’un an. Il s’agit d’un complément de retraite versé en plus du régime légal d’un montant annuel d’un million 243 000 euros. Une somme injustifiée au vu des services rendus par Daniel Bernard en qualité de PDG. Cependant, l’ex patron de Carrefour conserve 9,5 millions d’euros obtenus au titre d’une clause de non concurrence").

Ouf. Tout est bien qui finit bien. C’est qu’on peut avoir un super potager, avec 9,5 millions d’euros, hein.

Jean-Pierre Tirouflet :

"Celui qui, il y a encore quelques années, était l’as des montages financiers complexes - les « tiroufleteries » -, assure ne pas avoir « de nostalgie ». « Je fais un boulot qui me passionne, explique-t-il. Ca m’a donné l’occasion de changer de vie. » « Ca », c’est l’affaire Rhodia : l’amende infligée en juin 2007 par l’Autorité des marchés financiers pour communication financière « inexacte, imprécise et trompeuse » ; c’est aussi, en juin 2008, deux jours de garde à vue et une mise en examen dans le cadre du même dossier. Alors Jean-Pierre Tirouflet est parti respirer l’air pur des montagnes autrichiennes et a disparu du paysage. Il ne veut surtout pas en faire trop, pour ne pas indisposer les juges"

Mais bon, tout ne va pas trop mal pour lui qu’on se rassure.

("En octobre 2003, Jean-Pierre Tirouflet démissionne. En 2004, Rhodia affiche une perte de 626 millions d’euros. En mars 2004, il touche une indemnité de départ se montant à 2,1 millions d’euros. En mars 2005, une retraite chapeau de l’ordre de 5,3 millions d’euros lui est allouée).

Bon, ça devrait aller. Ça risque d’être juste, mais il devrait pouvoir s’en sortir. Courage, Jean-Pierre.

Charles Milhaud :

"Charles Milhaud est aussi un homme de certitudes. Pour qui la rupture « a été brutale » lorsqu’il s’est fait débarquer de la direction des Caisses d’Epargne, en octobre 2008"

Ouin, Caliméros-Charles en est encore tout meurtri. Mais heureusement, il n’est pas seul dans l’épreuve :

"Nicolas Sarkozy vient de lui confier un groupe de travail sur la possibilité de création d’une banque de financement, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée. Il est adjoint au maire de Marseille et fait du conseil en développement en direction des pays du Maghreb. L’ancien président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne recommence à vivre".

Et on est drôlement content pour lui. D’autant que Charles, c’est avant tout un homme de convictions, et les convictions : c’est important.

(« C’est très étonnant qu’il ait choisi un bord plutôt qu’un autre », déclare un responsable de la Caisse. « En 1999, lors de la réforme parlementaire, il était proche de Strauss-Kahn et, par un jeu politique astucieux, car monsieur Milhaud est très malin, les communistes se sont abstenus et la Caisse d’épargne a pu libéraliser ses compétences à 13 voix près ! »
A Marseille, Milhaud cherche désormais les honneurs à moins que « Monsieur deux coups d’avance » comme on l’appelle en interne ait une idée derrière la tête. Déjà son influence dans la ville rayonne en véritable nébuleuse. Médias, finances, immobilier, football et maintenant politique… Le petit écureuil dépose où il peut ses noisettes, au risque de causer une indigestion. Qu’importe ! Marseille doit avancer bien sûr ! Et le Charles dans une interview à La Provence promet qu’ « il n’y aura pas de mélange des genres ». Sympa, on nous promet donc le changement").

Et pout finir, Thierry Morin

"L’ancien patron de Valeo n’en démord pas : « Je reste sur ma ligne. » Après son éviction en mars dernier de son poste de PDG, il s’est retrouvé au centre d’une incroyable polémique : parachute doré de 3,2 millions d’euros, enregistrement des conversations lors des conseils d’administration… Le conflit avec la nouvelle direction de l’équipementier auto tourne à la guérilla judiciaire. La nouvelle équipe de Valeo a porté plainte contre X à propos des écoutes, Thierry Morin a répliqué en portant plainte devant les prud’hommes pour licenciement abusif et réclame 2,5 millions d’euros, « une guerre imbécile au lieu de faire son boulot ». Car il le martèle : « Ce sont les entreprises qui m’intéressent, pas les hommes. » Si l’ancien président de Valeo assure avoir « la peau dure », les derniers mois, on le sent, ont été féroces. « C’est pénible d’avoir à se justifier devant les siens. Ma famille a été marquée », reconnaît-il. Une manière de dire qu’il ne se laissera pas faire. Pour le reste, il a naturellement créé sa propre structure Thierry Morin Conseil. Mais « qu’est-ce que vous voulez faire quand vous ne travaillez pas ? ».

On ne parle pas assez de ce drame du chômage chez les millionnaires.

On ne peut qu’espérer que nos Caliméros vont pouvoir se tirer indemnes de tant de coups du sort, parce que franchement, à part les compatissants journalistes des Échos, qui se préoccupe du sort de ces nouveaux damnés de la terre ? Qui ?

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1 Message

  • Le 20 janvier 2010 à 16:09, par Christiane

    Gérard Mestrallet a obtenu ses stock-options au prix unitaire de 12,39 euros et les a revendues ce 4 janvier à 29,02 euros,pour un total d’environ 1,45 million d’euros. La plus-value réalisée s’élève à 830.500 euros selon des documents publiés par l’Autorité des marchés financiers.

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