Une tribune pour les luttes

Perdre la vie pour la gagner, c’est inacceptable !

Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?

Lundi 8 février 2010 à 14 h audience de la cour d’appel
Mort au travail, le donneur d’ordres à l’abri

Article mis en ligne le dimanche 31 janvier 2010

Mort au travail, le donneur d’ordres à l’abri

Le procès en appel confirme la responsabilité du sous-traitant dans l’accident du travail qui a coûté la vie à Jérôme Bianco. L’enquête n’a pas été poussée plus loin.

Aix-en-Provence

Qui est responsable de la mort de Jérôme Bianco, trente ans, tombé d’une passerelle sans garde-corps le 2 août 2006 alors que, salarié de la société LMP, filiale du groupe TFM, il travaillait en hauteur au nettoyage des vitres du laboratoire Galderma, filiale de L’Oréal, à Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes)  ? En septembre 2009, le tribunal de Grasse avait infligé six mois de prison avec sursis et 3 750 euros d’amende au directeur 
de l’agence niçoise de LMP, Redhouane Bouchemoua. Pour les proches de Jérôme, « ce n’était pas cher payé ».
C’est pourtant Redhouane Bouchemoua qui a fait appel de ce jugement, expliquant, lundi au président de la cour d’appel  : « J’ignorais qu’il manquait un garde-corps sur la passerelle. » Une protestation d’innocence quelque peu plombée par le fait que Jérôme montait sur la passerelle pour la première fois sans avoir passé de visite médicale d’embauche. Ce directeur d’agence venait de prendre ses fonctions et n’avait pas élaboré le plan de prévention des risques. Mais, comme l’a souligné Me Jean-Paul Tessonnière, avocat de 
la famille Bianco, en matière de sécurité sur les chantiers, 
« il y a une double responsabilité, celle du donneur d’ordres et celle de l’employeur sous-traitant, dont la mission est d’évaluer les risques, de les prévenir, de former et d’informer les salariés ».

Dans le cas de Jérôme 
Bianco, il y a eu « une succession de manquements grossiers », a dénoncé la CGT des Alpes-Maritimes. L’avocat général a donc requis la confirmation de la culpabilité du directeur local du sous-traitant, sermonné en ces termes par le président de la cour d’appel  : « Vous avez pris les rênes de l’entreprise avec une délégation de pouvoir, dès lors vous deviez veiller à la sécurité de vos salariés. » Me Olivier Bernheim, avocat de Bouchemoua, estime au contraire que cette délégation de pouvoir est nulle  : « Un employeur ne peut pas tout voir, ni tout savoir », a-t-il plaidé. Il soulignait en outre que son client, simple maillon dans la chaîne des responsabilités, a été victime d’une « discrimination excessive » de la part du procureur de Grasse.

Avis que les parties civiles ne sont pas loin de partager, le père de Jérôme, Michel, se demandant encore pourquoi aucun juge d’instruction n’avait été désigné. «  À titre personnel, je n’attendais rien du procès car la perte d’un fils est irréparable, mais j’espérais que la justice pousse l’enquête jusqu’au bout et poursuive tous les responsables de la mort de Jérôme. »

Philippe Jérôme

http://www.humanite.fr/2010-02-10_P...

http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article237

Quand Jérôme est mort en travaillant…

par Pascal Bianco, frère de Jérôme Bianco, décédé d’un accident du travail, faute d’un dispositif de sécurité suffisant sur une nacelle de nettoyage.



Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?

Chaque jour en France, 2 personnes perdent la vie dans un accident de travail. C’est sans compter les maladies professionnelles, conséquences directes du travail (amiante, produits chimiques, troubles musculo-squelettiques, dépressions, ulcères, cancers, maladie cardio-vasculaires, alcoolisme...) qui entraînent aussi des morts.
Depuis les années 80, les chiffres augmentent de façon alarmante, parallèlement à la mise en place de techniques de management barbares, qui n’ont pour objectif que d’accroitre la rentabilité et réduire les coûts pour satisfaire les actionnaires.
Dans le même temps, les procureurs ont reçu l’ordre de classer sans suite ce genre d’affaires, sauf en cas de décès.

Le 2 août 2006, Jérôme Bianco est décédé d’un accident du travail, faute d’un dispositif de sécurité suffisant.
Le jeune homme qui nettoyait les vitres pour la première fois sans formation préalable, sans casque, est tombé d’une hauteur de huit mètres et a été tué sur le coup, depuis une coursive dépourvue de rambarde (posée depuis pour un coût de 600 euros).
Le bâtiment abrite les activités de la société Galderma mais c’est le responsable de la société qui employait Jérôme, La Maintenance Parisienne, qui a été condamné à six mois de prison avec sursis et 3 750 € d’amende. Pour sa part, Galderma devra verser une amende de 10 000 € et le responsable du site est condamné à quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal a refusé de suivre le procureur qui avait requis quatre mois de prison ferme contre un employé à qui Galderma avait délégué la responsabilité du site. Il a fait au contraire porter la responsabilité sur le gérant local relaxant l’employé mais aussi le Pdg de Galderma.

Lundi 8 février 2010 à 14 h audience de la cour d’appel 20 place de Verdun 13616 Aix-en-Provence

Soyons nombreux auprès de son père et ses frères pour montrer la détermination des travailleurs à ne pas se laisser tuer au travail ! Perdre la vie pour la gagner, c’est inacceptable !

Les patrons ont beau jeu de culpabiliser les victimes et leur entourage et de les isoler dans leur douleur.

Réagissons ENSEMBLE !


Voir aussi sur Mille Bâbords :

Les accidents du travail mortels dans le privé ont augmenté de 16% en 2007

Signez l’appel Copernic : Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?

http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3

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