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Au diner du CRIF, le Premier Ministre piétine le droit international

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Article mis en ligne le mardi 9 février 2010

L’UJFP avait décidé de ne plus commenter les propos du Conseil, prétendument, Représentatif des Institutions Juives de France. Notre association n’avait pas voulu non plus donner plus de retentissement aux résultats des élections au Conseil du CRIF – un alignement sur les élections en Israël qui conduit cet organisme à appuyer désormais les propositions racistes d’épuration ethnique du ministre Liebermann.
Mais il est aujourd’hui impossible pour l’UJFP de ne pas réagir aux propos tenus par François Fillon lors du dernier dîner du CRIF.

En affirmant mensongèrement l’existence d’un prétendu appel au « boycott des produits cacher et israéliens », dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions), il pratique une grossière manipulation. En effet, il est de notoriété publique que les juifs de France peuvent trouver partout dans leur magasins spécialisés, et dans les rayons cacher des commerces non confessionnels, de nombreux produits, à la fois cacher et de provenance variée, non israélienne.

D’autre part, s’il était vrai que, comme l’a dit le Premier Ministre, "la sécurité d’Israël est pour la France une priorité absolue", le gouvernement français arrêterait de laisser cet Etat poursuivre sa fuite en avant criminelle et suicidaire. Il annoncerait le soutien au rapport Goldstone et demanderait avec force que les criminels de guerre israéliens soient traduits devant la Cour pénale internationale. De plus, il exigerait la suspension de l’Accord d’Association entre Israël et l’Union Européenne pour manquement à la clause de respect des Droits Humains. Il empêcherait, comme le font des juges, en Grande-Bretagne, les dirigeants civils et militaires israéliens suspectés de crimes de guerre, de mettre le pied sur le sol de la République.

Malheureusement, pour le gouvernement, la sécurité de l’Etat d’Israël passe par le droit à violer les normes impératives du droit international et du droit humanitaire international, favorisant ainsi le droit à l’impunité. Le gouvernement français en agissant ainsi ne favorise pas le droit à la paix et à la sécurité pour l’ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat.

Par ailleurs, le Premier Ministre choisit une réunion communautaire pour annoncer le soutien à de nouvelles sanctions contre l’Iran, qui envisage peut-être d’acquérir une technologie nucléaire dont l’Etat d’Israël dispose depuis longtemps grâce à l’aide de la France et des Etats-Unis.

L’UJFP, qui porte une voix juive que ne représente pas le CRIF, affirme ses engagements auprès du peuple palestinien qui doit voir son droit à l’autodétermination respecté, son droit à la justice universelle assuré.

L’UJFP dénonce la colonisation illégale subie par l’ensemble des Palestiniens depuis plus de 60 ans

L’UJFP renouvelle son soutien total à la manifestation de Paris, samedi 6 février, parce que le blocus sur Gaza doit cesser, car l’urgence, c’est de sauver Gaza et les gazaouis.

Le Bureau national de l’UJFP, 5 février 2010,


Femmes en Noir : réseau international de femmes luttant pour une paix inséparable de la justice, fondé en 1987 à Jérusalem par des Israéliennes

Lyon, le 9 février 2010

A l’attention de M. F. FILLON

Premier Ministre

Objet : intervention dîner du CRIF

Monsieur,

Nous avons eu communication d’extraits de votre intervention au dîner annuel du CRIF (selon le site de France Diplomatie).

En tant que citoyennes françaises, nous aimerions revenir sur certains points et, peut-être vous apporter de nouveaux éléments d’appréciation concernant notamment le «  boycott » et le rapport Goldstone.

D’abord sur le boycott que vous qualifiez de « scandaleux mouvements » et de « démarches révoltantes ». Nous ne savons d’où vient l’idée de boycotter des produits « cashers » ce qui supposerait une opposition à une pratique religieuse, il n’en a jamais été question, nous sommes ici dans la confusion.

En ce qui concerne les produits «  israéliens », le mouvement BDS (pour : boycott, désinvestissement, sanctions) est une action politique non-violente qui s’oppose à l’étiquetage trompeur «  Israël » pour des produits qui peuvent venir des Territoires Occupés, donc non israéliens et, notamment des colonies qui, vous ne l’ignorez pas malgré votre optimisme sur «  le moratoire sur les colonisations…même s’il est partiel », sont un des obstacles majeurs à un réel processus de paix en continuant à voler des terres aux Palestinien/nes, en créant des routes réservées aux Israélien/nes en pleine Cisjordanie et en ayant des actions violentes contre des paysans palestiniens.

Vous exprimez par ailleurs votre «  confiance dans la capacité de la grande démocratie qu’est Israël à prendre toute sa part dans l’établissement de la vérité » suite aux massacres perpétrés à Gaza fin 2008 et au rapport Goldstone (petit rappel : 1385 morts palestiniens dont 762 combattants et 13 morts israéliens, 10 soldats et 3 civils)

Or, selon Amnesty International, « les enquêtes menées par Israël n’ont pas correspondu aux normes internationales d’indépendance, de transparence, de rapidité et d’efficacité » ; ensuite, fin janvier, un rapport officiel remis par Israël à l’ONU refuse la création de la commission d’enquête réclamée par celle-ci (AFP à Gaza).

Par ailleurs le blocus de Gaza inhumain et contraire aux Conventions de Genève est maintenu par Israël malgré les nombreuses protestations internationales (OMS…)

Nous estimons donc que la France et l’Union Européenne n’ont moralement pas le droit d’accepter une politique, celle d’Israël, qui viole depuis plus de 60 ans toutes les résolutions de l’ONU.

Nous ne pouvons bien sûr qu’être d’accord avec ce que vous déclarez à la fin de votre intervention ; « Pour moi, la sécurité d’Israël ne passe pas par un autre chemin que celui de la paix. Notre vision est simple, claire, fondée sur le droit international : un état palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des frontières de 1967 et conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et à l’initiative arabe de paix ».
Mais comment ces paroles peuvent-elles s’accorder après une approbation totale d’une politique qui empêche, depuis trop d’années, l’amorce même d’un processus de paix ???

S’agit-il d’ignorance des faits, c’est difficile à imaginer, ou d’hypocrisie et de lâcheté pour préserver, par exemple, des intérêts commerciaux, et alors qu’en est-il de nos idéaux si souvent clamés mais si peu respectés ???

Nous vous le demandons Monsieur le Premier Ministre

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre engagement pour la paix pour tou-te-s

Pour les Femmes en Noir de Lyon, Martine ULLMANN


Jean Daniel

"Cela fait désormais trop longtemps que le Crif s’autoproclame une représentation, qui est infondée et souvent nocive

Quelle que soit la qualité de certains qui en font partie et qui se déclarent à regret minoritaires, il faut bien constater que les dérapages communautaristes du Crif deviennent de plus en plus nombreux et alimentent un antisémitisme à la fois insidieux et secret. Pour le moment, personne n’ose dire que le roi est nu et que dans certaines affaires qui relèvent soit de la solidarité inconditionnelle et aveugle avec l’extrême droite de l’Etat d’Israël, soit d’un judéo-centrisme obsessionnel et névrotique, les juifs ne peuvent plus se sentir en sécurité intellectuelle.

(...)

http://www.marianne2.fr/Une-lettre-...

Sarkozy et Fillon à la poursuite du soi-disant vote juif

Elie Arié - Médecin

Jeudi 4 Février 2010

Spectacle surréaliste, hier soir : le Premier Ministre fait un discours pour dénoncer le communautarisme au dîner annuel d’une institution se revendiquant comme communautariste, le CRIF !

(...)

Le CRIF a connu une dérive importante depuis la création de l’ Etat d’Israël : il est devenu le soutien inconditionnel à la politique de cet Etat –ou, plus exactement, aux différentes politiques, parfois contradictoires, des différents gouvernements de cet Etat, ce qui pose un triple problème :

Pourquoi les Français juifs devraient-ils soutenir inconditionnellement la politique d’un Etat, quel qu’il soit ? En Israël, il existe des gouvernements et des oppositions, ces dernières ne se gênant pas pour critiquer la politique de leur gouvernement : ce droit de critique serait donc autorisé pour les Israéliens, et pas pour les Français juifs ?

De quel droit le CRIF s’est-il auto-attribué cette mission de défense systématique, en France, de la politique israélienne, quelle qu’elle soit ? Il existe déjà quelqu’un qui est payé pour cela et qui en est officiellement chargé, c’est l’ambassadeur d’Israël en France (et qui doit sans doute, en tant que diplomate, le faire de façon bien plus nuancée…).

Quand cessera le scandale des dîners annuels du CRIF, auxquels viennent assister des membres du gouvernement français pour y écouter des leçons de géopolitique, s’entendre expliquer quelle politique ils doivent mener dans l’intérêt d’ Israël, se faire décerner publiquement des bons et des mauvais points, et promettre humblement de faire mieux la prochaine fois ? Que le Premier Ministre y discoure de l’éventuel antisémitisme en France, soit ; mais pourquoi de sa politique vis-à-vis de l’ Iran ? Et si un jour l’intérêt politique de la France était de soutenir l’ Iran, devrait-il s’en excuser ?

(...)

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-et-...

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