Le collectif des médecins CGT exige l’arrêt immédiat de la procédure en cours visant le Docteur Mounir DEHAK.
Ce médecin urgentiste termine sa formation de spécialité de médecine d’urgence et doit passer son examen final en octobre 2010. Il travaille aux urgences de l’hôpital de Lens (Nord) depuis 2006 à la satisfaction de tous. Il est venu renforcer une équipe en grande difficulté avec un déficit de 50 % du personnel médical.
Jeudi dernier, les personnels du CH de Lens ont organisé une première journée de mobilisation en soutien au Dr DEHAK. Le Collectif Médecin de l’UFMICT-CGT soutient ce mouvement.
Il faut souligner le fait que les hôpitaux français utilisent de nombreux médecins étrangers comme main d’oeuvre à bon marché dans les secteurs les plus difficiles de l’hôpital, notamment ceux présentant de fortes contraintes en terme de travail de nuit ainsi que les week-ends et les jours fériés. Ces praticiens sont aujourd’hui indispensables au bon fonctionnement des établissements. En effet, près de 20 % des postes de praticiens hospitaliers sont vacants en médecine d’urgence aujourd’hui en France. Ces collègues ne prennent donc pas la place de médecins français ! Menacer les médecins à diplômes extra européen, c’est contribuer à affaiblir le potentiel d’accueil et d’efficacité des services publics d’urgence.
Il est donc clair que la machine aveugle à expulser a encore frappé. Ces pratiques visant à remplir des objectifs de quotas d’expulsion sont inacceptables.
La CGT ne laissera pas faire et mettra tout en œuvre pour que notre collègue puisse rester en France pour terminer sa formation et continuer à travailler à l’hôpital de Lens.
Fait à Montreuil, le 31 janvier 2010
Pétition
http://www.mounir-dehak.fr/2010/01/...
Monsieur le Préfet,
Mounir DEHAK, médecin algérien, vit en France légalement depuis 2002. Le 20 Janvier 2010, vos services ont interrompu son autorisation de rester sur le territoire Français.
Cette décision nous semble inique, préjudiciable à l’hôpital et inhumaine.
Inique, parce que la France ne peut être aussi ingrate. Si le docteur DEHAK a été embauché dans les hôpitaux Français, c’est bien à cause d’un manque pattent de médecin. Dans le cas précis, 50% de l’effectif manquait au centre hospitalier de Lens, c’est pourquoi le docteur DEHAK s’est investi sans compter son temps pour que la permanence des soins puisse continuer à l’hôpital public. Il paraît pour le moins ingrat de l’oublier maintenant.
Préjudiciable à l’hôpital car le départ du docteur DEHAK remettrait en cause des projets très importants pour le service des urgences et du SMUR de l’hôpital de Lens. Pourtant, toutes les études statistiques le montrent : notre bassin de vie est bon dernier dans tous les indicateurs de niveau de santé. Nous n’avons pas le luxe de se passer de médecin compétent.
Inhumaine enfin, parce que quelques mois suffiraient pour qu’il finisse son cursus universitaire. Ce n’est pas lorsqu’il est arrivé à la dernière marche qu’on peut le jeter en bas de l’escalier. Comme nombre de ses confrères, étrangers ou non, au cours de ses longues études le docteur DEHAK s’est marié, a fondé une famille. Les conséquences d’un renvoi immédiat en Algérie iraient bien au delà du cadre strictement professionnel.
En conséquence, Monsieur le Préfet, nous vous demandons de trouver rapidement une solution acceptable pour tous le monde. Bien au delà de sa famille et de ses collègues, c’est de très nombreuses personnes, associations, élus, syndicats qui, émus par cette situation, attendent que le docteur DEHAK puisse terminer son cursus sereinement dans notre pays.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération distinguée.