Une tribune pour les luttes

Marseille / Le lycée Pagnol est bloqué depuis lundi, jour de rentrée des vacances de février.

Grève au lycée professionnel Blériot à Marignane
Et au Lycée Fourcade de Gardanne et Saint-Charles à Marseille , ça s’agite aussi.

Article mis en ligne le mercredi 24 février 2010

A Marseille, le lycée Pagnol est bloqué depuis le 22 février 2010.

Grève reconduite les 23 et 24 février
Mercredi après midi une délégation de 6 personnes sera reçue au rectorat. Hier soir mardi la commission permanente a été envahie, quant à la venue des IPR, elle a été reportée.

A Marseille, le lycée Pagnol est bloqué depuis ce matin 22 février 2010.

Les profs ont voté majoritairement la grève ce matin ce qui a eu pour effet d’annuler le bac blanc prévu cette semaine. La rentrée n’a donc pas eu lieu à Pagnol.

Les élèves bloqueront sans doute encore demain quant aux profs ils décideront de la reconduction ou pas demain en AG. La DGH étant très mobilisatrice, il se peut que le mouvement perdure de manière perlée ou tournante jusqu’à la fin de la semaine et, dans le meilleur des cas, jusqu’au 12 mars, journée de grève nationale :
Pour info, 97.5 heures en moins pour la rentrée prochaine, 3 divisions en moins et 35 élèves minimum en 2nde.

Des tracts à l’attention des parents ont été distribués à tous les élèves du lycée et les parents qui nous ont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour soutenir le mouvement.


Marseille, 23 février, Lycée Saint-Charles

Aujourd’hui visite de 3 inspectrices qui a été boycottée avec l’idée bien exprimée de la dignité face à
ceux qui veulent nous vendre l’acceptation de la pénurie et de la
destruction du service public d’éducation.

Devant proviseur et inspecteurs, le secrétaire du S1 du SNES a lu une
déclaration très proche de celle du lycée de Gardanne puis une AG de 38 professeurs a élaboré le teste suivant.

Des décisions ont été prises : contacter parents
et élèves, préparer une réunion de tous les collèges et lycées du
secteur, organiser une diffusion régulière des informations sur les
luttes, prévenir les médias, proposer une descente aux flambeaux à
travers Marseille, diffuser des tracts au rond-point devant le lycée,
refuser le 2ème bac blanc, multiplier les prises de parole etc …

Déclaration des professeurs du lycée Saint-Charles à la majorité

Les professeurs du lycée Saint-Charles déclarent s’opposer à la mise en œuvre d’un projet mené de façon autoritaire dans la plus grande précipitation et sans concertation, alors même qu’il bouleverse l’enseignement en lycée et que la majorité des acteurs du système éducatif la refuse. En effet, ce projet résulte d’un choix dogmatique : celui de supprimer massivement des postes de fonctionnaires. Il s’agit donc d’une réforme effectuée selon des principes comptables, et non des principes d’exigence dans la formation technique, intellectuelle et humaine de tous les jeunes, pour répondre aux immenses défis du monde de demain.

Cette réforme est lourde de conséquences à toutes les échelles du système éducatif puisqu’elle attaque autant, l’éducation dans son caractère national, les fonctions mêmes d’un établissement public d’enseignement et les missions fondamentales de l’enseignant.

I- Une Éducation nationale précarisée

En effet, cette réforme
- Impose une baisse des moyens horaires dans la plupart des disciplines et fait le jeu des officines et établissements privés vers lesquels se tourneront les élèves les plus favorisés.
- Propose des dispositifs impossibles à mettre en œuvre au sein des établissements déjà fragilisés par la baisse drastique des postes de surveillants. Ainsi, les stages passerelles, par leur caractère inapplicable, traduisent une nouvelle conception : celle d’une orientation des élèves par l’échec et de l’éclatement du groupe-classe au mépris d’un suivi personnalisé de l’élève.
- Fragilise un quart de l’horaire (10,5 h en seconde) tout en induisant une rivalité entre les disciplines.
- Met en péril les apprentissages disciplinaires nécessaires à une illusoire remédiation fourre-tout.
- Programme le remplacement des CO-PSY par les enseignants qui devront faire le travail de ces spécialistes sans aucune formation.
- Sacrifie sur l’autel des économies budgétaires l’indispensable formation professionnelle des professeurs stagiaires en leur confiant l’intégralité d’un service d’enseignement.
- Élabore dans la précipitation des nouveaux programmes au contenu problématique avec une parodie de « consultation ».
- Ampute et dénature, sous couvert de polyvalence, les contenus disciplinaires qui, malgré des intitulés séduisants, sont menacés.
- Ne se donne finalement pour but que de légitimer la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux et le recours massif à un personnel précaire et souvent
non qualifié.

II- Des EPLE soumis à la règle du management et un métier d’enseignant taylorisé

Là encore, cette réforme
- Induit des politiques éducatives au niveau local avec de fait un abandon des programmes nationaux. Ceci, par une stratégie du fait accompli, amènera inévitablement à la remise en cause d’un baccalauréat national.
- Instaure de fait une concurrence entre les établissements, une hiérarchie pernicieuse entre « lycées d’élite » et « lycées de seconde zone », ce que contribue déjà à mettre en place l’abandon de la carte scolaire. Dépossédés de leur mission pédagogique, les IA-IPR auront désormais pour unique fonction d’évaluer les résultats des établissements.
- Instaure un Conseil Pédagogique, instance mise en place pour contourner la Commission permanente et le Conseil d’administration, démocratiquement élus. C’est pourquoi le nouveau rôle dévolu au proviseur est lourd de menaces. Celui qui a jusqu’à présent le rôle d’impulser et de coordonner l’action de tous se verra désormais également confier la progression de leur carrière. Comment ne pas voir que la fonction en sera profondément dénaturée, et que le rapport de pouvoir ainsi établi entraînera presque fatalement de délétères relations de subordination ?
- Met en place des modalités de désignation des membres du Conseil pédagogique qui ne sont pas acceptables : nommés par le proviseur, hissés au rang de chefs de service, ils ne sont pas légitimes. Avec la mise en place de cette hiérarchie intermédiaire, de fait un new management déjà en œuvre dans le privé et maintenant imposé à l’Education Nationale, les relations entre collègues seront profondément modifiées. Ce serait la fin des équipes pédagogiques et de la collégialité actuelle, et en outre un coup fatal porté à la liberté pédagogique de chaque enseignant.

Nous voulons une véritable réforme du lycée, qui permette de faire réussir tous les jeunes. Elle suppose l’abandon du dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cette réforme doit donc être menée dans la concertation, après un débat public.


22 février 2010


A Marignane, les profs du lycée professionnel Blériot sont en grève

Depuis ce matin, les profs du lycée professionnel Blériot à Marignane sont en grève.

Soutenus par les parents d’élèves FCPE, ils protestent contre la perte de 41h de cours, soit l’équivalent de deux postes d’enseignants. Ce qui conduirait selon eux, à regrouper, pour les matières d’enseignement général, des classes de CAP très différentes, et à faire monter à 30 le nombre d’élèves pour ces disciplines. "Ce sont déjà des jeunes en difficulté scolaire, à 15 ce n’était déjà pas simple, alors à 30 ce sera mission impossible", déplorent les professeurs, qui sont partis au rectorat dans l’espoir de se faire entendre.

http://www.laprovence.com/article/m...



Et au Lycée Fourcade de Gardanne, ça s’agite aussi :

Le proviseur avait convoqué le conseil pédagogique de 14 à 17 heures cet
après midi 22 février avec la présence de 3 IPR. Il avait demandé à chaque
discipline de désigner un représentant.
Les professeurs y sont allés à plus de 70 pour lire la déclaration ci-dessous, puis sont repartis .
après un échange plutôt stérile. Il est resté 2 ou 3 profs dans la salle.

Les professeurs du lycée Fourcade sont présents aujourd’hui pour s’opposer à la tenu du conseil pédagogique prévu cet après-midi 22 février 2010.

Tout d’abord, siéger reviendrait à élaborer les modalités de mise en œuvre d’une réforme non votée par le Parlement, menée au pas de charge, sans concertation , alors même qu’elle va bouleverser l’enseignement en lycée et que la majorité des acteurs du système éducatif la regardent avec une grande suspicion.

Cette réforme en effet :

- Impose une baisse des moyens horaires dans la plupart des disciplines
- Sera extrêmement compliquée à mettre en œuvre au sein des établissements
- Fragilise un quart de l’horaire
- Sacrifie des apprentissages disciplinaires nécessaires à une illusoire remédiation fourre-tout.
- Programme la disparition des COPSY et leur remplacement par des enseignants qui devront faire le travail de ces spécialistes, sans avoir la formation nécessaire

Ils émettent d’ailleurs les plus vives réserves sur le principe même du Conseil Pédagogique tel qu’il est conçu avec cette réforme :

* L’élaboration des politiques éducatives au niveau local leur apparaît comme une manière rampante d’abandonner les programmes nationaux – elle en aggrave en tout cas fortement le risque -, ce qui amènera à court terme, par une stratégie du fait accompli, la remise en cause du baccalauréat.

* Elle va instaurer, de fait, une concurrence entre les établissements, une hiérarchie pernicieuse entre ceux qui seront considérés lycées d’élite et ceux considérés comme de seconde zone, ce que contribue déjà à mettre en place l’abandon de la carte scolaire.

* Le nouveau rôle qui doit être dévolu au proviseur les inquiète fortement. Celui qui a jusqu’à présent le rôle passionnant et difficile d’impulser et de coordonner l’action de tous se verra désormais également confier la progression de leur carrière. Comment ne pas voir que la fonction en sera profondément dénaturée, et que le rapport de pouvoir ainsi établi entraînera presque fatalement de délétères relations de subordination ?

* Les modalités de désignation des membres sont également contestables : nommés par le proviseur, ils ne seront pas forcément acceptés par leurs pairs. Les relations professionnelles en seront profondément modifiées. Ce serait un coup fatal porté à la collégialité et l’instauration d’une caporalisation dont l’efficacité reste à démontrer.

Dans les instances appropriées, les professeurs du lycée Fourcade appellent tous les corps de métiers de l’Education à manifester leur opposition à cette réforme qu’ils jugent dangereuse pour le service public d’éducation.

Ils aspirent à une autre réforme, menée dans la concertation, non guidée par des principes comptables, mais par des principes d’exigence dans la formation technique, intellectuelle et humaine de tous les jeunes, pour répondre aux immenses défis du monde de demain.

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