Une tribune pour les luttes

Le Petit Criminel N°4

Tu crois qu’on est combien, là ?

Article mis en ligne le samedi 2 août 2003

Tu crois qu’on est combien, là ?

Cette question, on l’a tous entendue, on se
l’est tous posée pendant les grandes manifestations de printemps. A Marseille, bien sûr, où la ville entière semblait parfois être descendue dans la rue, mais aussi dans toute la France, en ces belles journées. Parti du refus de voir une fois de plus les salariés payer seuls le projet de réforme des retraites, du refus aussi de voir menacée la fragile cohésion des équipes pédagogiques de l’enseignement par une décentralisation imbécile, ce mouvement, grâce à l’interpro, en est vite venu à scander une toute autre chanson : « tout est à nous, rien est à eux, tout ce qu’ils ont ils l’ont volé, partage du travail, partage des richesses... ».

Tu crois qu’on est combien, là ?

L’été est arrivé, les intermittents du spectacle ont pris le relais pour défendre des annexes Assedic qui n’ont rien d’accessoires pour leur survie (voir page 2), à la surprise d’un gouvernement incapable d’anticiper, ni les incendies de forêts, ni ceux du corps social, et là aussi, il a été vite question de la place de l’humain et du vivant dans notre monde, plutôt que de simples revendications corporatistes.

Tu crois qu’on est combien, là ?

Le plus réactionnaire, le plus rétrograde, le plus incompétent des gouvernements que ce pays ait connu depuis les années Pompidou, profite de l’été pour entériner ses mauvais coups et nous en préparer d’autres (voir page 6), tout en pensant s’acheter une rentrée paisible à bas prix, trois sous pour la Culture, la Recherche et l’Enseignement, montrant une fois de plus son mépris pour une France (d’) en bas, où seul le chômage progresse durant cet été. Ils ont même « relaché » José Bové. Raffarin découvre le peuple qu’il croyait pouvoir abrutir à coup d’opérations de communication, et qui lui a retourné sa copie sur les retraites. Raffarin a la trouille.

Tu crois qu’on est combien, là ?

L’ensemble de la presse, aux ordres, nous explique que de toutes façons nous avons perdu, puisque les lois ont été votées, les accords signés par des syndicats à géométrie variable (voir la blague de l’été, page 4). Mais les lois, ça se change, les gouvernements, ça se renverse, et les syndicats, tous les syndicats, ça se reprend en main par ceux au service desquels ils sont censés être. Pour cela, il faut être plus nombreux encore, et il nous faut des outils de contre-information. le Petit Criminel entend apporter sa pierre à cette construction de liberté, mais ce sont plus de journaux, de radios, et des télés alternatives, pour informer, pour que ceux qui hésitent ou qui se résignent, sachent que la lutte est belle, et qu’elle rend plus fort, moins seul, celui qui la vit.
« Les plus beaux chants sont des chants de revendication » (Léo Ferré)

Tu crois qu’on est combien, là ?

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