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Bulletin d’information anti-autoritaire

Que fait la police ? Numéro 39 – avril 2010.

Editorial : Démocratie policière Maurice Rajsfus

Article mis en ligne le lundi 5 avril 2010

Ce dernier numéro de est disponible en ligne sur
http://quefaitlapolice.samizdat.net/?p=290

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Editorial : Démocratie policière

Il était admis que les militaires et les policiers ne faisaient pas de
politique. Cette vérité première est visiblement contredite depuis la
candidature de Bruno Beschizza, comme tête de liste UMP en
Seine-Saint-Denis, lors des élections régionales des 14 et 21 mars
derniers. Nous avons d’ailleurs pu constater la qualité de ses
propositions lors de cette campagne électorale. (Se reporter à Que fait la
Police ?, mars 2010)
Ce n’est pourtant qu’un petit fait divers si l’on se
reporte aux années passées, et à l’arrivée en politique de grosses
pointures comme Charles Pasqua. Lequel avait tout appris de son métier au
SAC (Service d’action civique) au cours des années I960. Il en allait de
même de son bras droit au ministère de l’Intérieur, Robert Pandraud, qui
demandait à ses inspecteurs de ne jamais rater leur cible, lorsqu’il était
directeur général de la police nationale. Pandraud nous a quitté récemment
mais Pasqua, toujours parmi nous devrait être en mesure de relater tous
les coups tordus auxquels la police ne manque jamais de participer.

Revenons rapidement au commandant Beschizza qui, jusqu’à ces derniers
jours était encore secrétaire général du syndicat Synergie des officiers
de police. Il ne serait pas exclu que lui-même, ou certains de ses
collègues, aient fourni aux candidats UMP du Val d’Oise les informations
calomnieuses concernant le candidat socialiste Ali Soumaré - les
renseignements fallacieux ayant été péchés illégalement dans le sinistre
fichier STIC.

En fait, les institutions policières n’ont jamais été neutres en
politique. N’évoquons que pour mémoire l’actuel président de la
République, qui avait utilisé le poste de ministre de l’Intérieur pour
accéder à la magistrature suprême. Plus préoccupant encore, l’arrivée au
rôle de numéro 2 de l’État de Claude Guéant, lui aussi ancien directeur de
la police nationale, puis chef du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère
de l’Intérieur. Secrétaire général de la présidence de la République,
Claude Guéant, qui n’a jamais bénéficié du moindre mandat électif, est en
situation de donner des leçons aux ministres, de morigéner et de critiquer
ceux d’entre eux qui s’éloigneraient de la ligne décidée en haut lieu.

Peu à peu, les citoyens de ce pays s’habituent à cette situation. D’autant
plus qu’il est suggéré aux gros naïfs qu’ils ne doivent jamais hésiter à
faciliter les dures tâches des forces de l’ordre. Tout comme les
travailleurs sociaux et les enseignants sont incités à se faire les
auxiliaires actifs de la police. Attention, est-il précisé : que les uns
et les autres soient bien convaincus qu’il s’agirait là d’un comportement
civique bien naturel. C’est ainsi que l’on s’oriente peu à peu vers
l’avènement d’une société policière bien tempérée. Bien sûr, ce ne serait
pas l’Etat policier car nous sommes toujours en démocratie, n’est-ce pas.
Nous n’en vivons pas moins sous la haute surveillance d’une police qui s’
est toujours affirmée républicaine. Faut-il être rassurés pour autant ? Ce
n’est pas évident. Comme le suggèrent nos philosophes de banlieue : « La
police nous protège, mais qui nous protège de la police ?
 »

Maurice Rajsfus

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Dans ce numéro

- Petits profits
Le 5 février, deux CRS étaient mis en examen, à Metz, pour « corruption
passive
 » et suspendus de leur fonction. [...]

- Milices patronales
Le 19 février, à Paris 32 intérimaires sans papiers, en grève,
manifestaient pacifiquement devant les locaux de leur employeur, l’agence
Multipro. Ils étaient aussitôt agressés par des nervis casqués. [...]

- Le Conseil constitutionnel retoqué ...
Le 25 février, le Conseil constitutionnel a censuré une disposition de la
loi sur la vidéo surveillance, intégrée dans le cadre de la loi sur les
bandes, qui lui a semblé contraire au respect de la vie privée. [...]

- Difficile retour de bâton
Le 14 octobre 2008, après le caillassage d’un fourgon de police, à
Montfermeil (93), les forces de l’ordre déclenchaient une opération
punitive dans les immeubles du quartier. [...]

- La bande, ennemie numéro 1
Le Journal officiel daté du 3 mars a publié la loi sur les bandes. Rédigée
en 2009, cette loi prévoit des peines de 1 an de prison et 15.000 euros
d’amende pour toute personne qui «  participerait sciemment à un groupement
en vue de la préparation de violences volontaires.
 » [...]

- Encore le flash-ball
Le 8 juillet 2009, à Montreuil (93) un manifestant pacifique perdait un
oeil suite à un tir de flash-ball. Le 9 mars 2010, la Commission nationale
de déontologie de la sécurité (CNDS) a finalement réagi dans un rapport
sévère, avec la recommandation de « ne pas l’utiliser lors des
manifestations sur la voie publique, hors de cas très exceptionnels qu’il
conviendrait de définir strictement. » [...]

etc

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Depuis notre passage du bulletin papier à Internet, l’audience de Que fait
la police ? s’est considérablement développée mais, dans le même temps,
votre courrier n’a fait que se tarir. N’oubliez pas que les coupures de la
presse régionale sur les bavures et les dérives de la police et de la
gendarmerie nous sont précieuses car nombre de ces « faits divers » ne
sont pas relatés dans la pesse nationale.

Nous vous rappelons notre
adresse : Observatoire des libertés publiques, C/O NSP-Agora, 20, rue
Courat. 75020 Paris.

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