Une tribune pour les luttes

Les retraites : Un problème de justice et de solidarité.

Mercredi 28 avril à 18 heures au CRDP, Débat public sur les Retraites,

Article mis en ligne le mardi 20 avril 2010

Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote...) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %.
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72% en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes. Elle sera insupportable pour les faibles revenus Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public.
Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle car, si une partie du salariat travaille de fait plus longtemps, cela augmentera d’autant le chômage des plus jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.

Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions contraignant les salariés les plus pauvres à travailler toujours plus longtemps et les autres à se tourner vers des fonds de retraites par capitalisation. La stratégie du gouvernement est de transformer graduellement le système par répartition en système par capitalisation, système non seulement fortement inégalitaire mais qui injectera encore plus de capitaux dans le circuit financier. La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les Etats continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise.

Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital et des transactions financières.

Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les Etats donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques. Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné d’augmenter les prélèvements. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050. Rappelons, que les dividendes des actionnaires sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraités et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux...) pour stopper cet engrenage.

SUR LA QUESTION DES RETRAITES, DEUX RENDEZ-VOUS .

Le samedi 10 avril de 11 à 12 heures, sur Radio Grenouille FM 88,8, l’émission mensuelle d’Attac « Le petit alter radio » sera consacrée aux retraites.


Le mercredi 28 avril 2010 à 18 heures 30
, Jean Marie Harribey, Universitaire, ancien co-président d’Attac France et membre de son Conseil Scientifique, sera à Marseille, au CRDP, 31 Boulevard d’Athènes 13001 Réservez dès maintenant cette date !



Et signer la pétition
Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

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