Une tribune pour les luttes

La veuve marocaine sur un bateau

Article mis en ligne le lundi 26 avril 2010

http://www.educationsansfrontieres.org/article28546.html

Expulsion

La veuve d’un ancien combattant pour la France, âgée de 63 ans et malade, a été renvoyée au Maroc par bateau, après dix jours de rétention.

Le 14 avril dernier, à 6 h du matin, Rqiya Benchama a été arrêtée chez son fils à Belfort et internée au CRA, Centre de rétention administrative de Geispolsheim (lire L’Alsace de jeudi et vendredi). Une première tentative de la renvoyer par avion au Maroc mercredi s’est soldée par un échec, la dame refusant d’embarquer.

Quand le fils de Rqiya Benchama s’est présenté hier matin au CRA de Geispolsheim pour voir sa mère, une mauvaise surprise l’attendait. Elle n’y était plus, ayant été emmenée quelques heures plus tôt vers une destination inconnue. Il a aussitôt appelé la préfecture de Belfort où on lui a dit de rappeler vers 15 h 30. À peu près à la même heure, un vol était en partance pour Marrakech de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Il s’y est précipité, mais pas de trace de sa mère. Rappelant la préfecture, il a finalement appris que sa mère avait été emmenée à Sète pour y être embarquée à 17 h sur un navire assurant la liaison avec Tanger en 36 heures.


Malade et seule

Interrogée par téléphone, Mme Lambert, directrice de cabinet du préfet du territoire de Belfort a indiqué que Mme Benchama « qui était arrivée en France avec un visa touristique de deux mois était sous le coup d’un refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français ». Elle a affirmé ne pas être au courant du dossier de demande de pension militaire déposé par cette veuve d’un ancien combattant qui s’est battu sous le drapeau français pendant la guerre de 39-45. Elle a également refusé de dire par quels moyens de transport et où Rqiya Benchama avait été emmenée.

Son fils a expliqué de son côté que sa mère « avait entamé les formalités administratives concernant cette pension il y a quatre ans » au Maroc. Et qu’elle était « venue en France pour accélérer les choses ». Selon lui, « le dossier avait été déposé en novembre dernier et seul un relevé d’identité bancaire manquait pour qu’il soit complet ».

Diabétique et souffrant de graves problèmes dentaires, Mme Benchama ne s’alimentait plus correctement depuis son placement au CRA. Elle va affronter 36 heures de traversée pour arriver à Tanger, un port situé à près de 300 km de son domicile près de Rabat. Son fils, très inquiet, ne sait pas si elle a de l’argent pour subvenir à ses besoins pendant la traversée et pour rejoindre son domicile.

En France, la lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée « Grande cause nationale 2010 »…

G.D-A.

http://www.lalsace.fr/fr/region/als...


http://www.educationsansfrontieres.org/article28512.html

Strasbourg
Une veuve marocaine en rétention

Rquya Benchama, âgée de 63 ans, est détenue depuis le 14 avril, au Centre de rétention (CRA) de Geispolsheim. Cette veuve d’un ancien combattant, qui s’est battu pour la France durant trois campagnes en 1939-1940, est arrivée chez nous avec un permis de séjour de deux mois.

Elle souhaitait rendre visite à ses enfants dont certains sont français et d’autres marocains avec des titres de séjour de dix ans. L’un de ses fils habite à Belfort, l’autre à Nîmes. Rquya Benchama a aussi profité de son séjour pour s’occuper des démarches à faire pour toucher la pension militaire de son mari mort en 1998.

Elle a demandé à la préfecture du Territoire de Belfort une prolongation de son titre de séjour, pour vivre auprès de son fils et toucher la pension de réversion de son mari, elle a eu comme réponse, il y a un mois, une obligation de quitter le territoire français. Et le 14 avril, elle a été arrêtée à 6 h du matin au domicile de son fils et conduite au CRA de Geispolsheim.

Souffrant de diabète et de problème dentaires, cette veuve ne s’alimente plus depuis son internement à Geispolsheim. Elle a été hospitalisée brièvement hier après midi, aux urgences du CHU de Strasbourg-Hautepierre, puis ramenée au CRA.

Un premier recours déposé par son fils avait été déclaré irrecevable vendredi dernier, par le tribunal administratif de Strasbourg, parce qu’il n’avait pas été déposé par elle ou son avocate. Cette dernière a déposé en urgence un second recours, qui devrait être examiné ces jours-ci. Rquya Benchama passera ce matin devant le juge des libertés et de la détention, qui se prononcera sur son maintien ou non au CRA.

Geneviève Daune-Anglard

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