Une tribune pour les luttes

On peut travailler en France depuis 21 ans et être emprisonné et menacé d’expulsion !
Il faut libérer et régulariser le gréviste DIAKITE Wondie.

Téléphonez, faxez, mailez.

Article mis en ligne le mardi 15 juin 2010


Il travaille en France depuis 21 ans et va être expulsé !

DIAKITE Wondie, gréviste de la rue du Regard, est en rétention au CRA de Plaisir depuis une semaine.

Il est en France depuis 21 ans. Son APRF a été confirmé au TA de Versailles mardi dernier

Merci de mailer et de faxer d’urgence à la préfète des Yvelines en vous inspirant du texte ci-joint

anne.boquet chez yvelines.pref.gouv.fr

fax 01 39 49 45 91

tél. 01 39 49 78 00

A l’attention de Madame Anne BOQUET, Préfète des Yvelines

Madame la Préfète,

Je me permets d’attirer votre attention sur le cas de Monsieur Wondié DIAKITE, de nationalité malienne, qui a été arrêté à Sartrouville le mercredi 2 juin dans la soirée et placé en centre de rétention à Plaisir.

Le JLD a maintenu Monsieur DIAKITE en rétention et le tribunal administratif vient de confirmer ce mardi 8 juin son APRF.

Monsieur Wondié DIAKITE (n° étranger 7503024510) est en France depuis 1988, soit depuis 21 ans. Il a travaillé pendant dix ans chez le même patron, puis en intérim pendant huit ans. Il a travaillé avec des bulletins de salaire.

Il est en grève depuis octobre 2009, avec les 6000 autres grévistes travailleurs sans papiers qui demandent à être régularisés.

Il a un contrat de travail et son patron est prêt à payer la redevance à l’OFFI.

Je vous demande de faire libérer Monsieur Wondié DIAKITE, afin qu’il soit régularisé et puisse faire valoir ses droits de travailleur.

Veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de mes salutations républicaines.

Signature


Bakary KEBE, gréviste, délégué syndical du 103 a été libéré

Bonjour,

Je viens te parler de Kebe. Kebe est un habitant de la Terre... Il est né au Mali... De ce fait, ses possibilités de choix de vie sont différentes... différentes des miennes, par exemple...

En France, on l’appelle "un travailleur sans papiers"...

Avec plus de 6000 collègues, il est gréviste depuis 8 mois. Il est délégué de piquet de grève.

Kebe a la peau noire. De ce fait, sa vie est différente de la mienne. Quand il se promène sur la Terre, un peu plus loin que là où il est né, sa couleur de peau se remarque et le rend suspect. Alors, on va vers lui et on lui demande ses papiers.

En France, ça s’appelle "une interpellation au faciès"...

Eh bien, voilà ce qui est arrivé à Kebe, il y a 15 jours.
Depuis, on l’a mis de force dans un Centre de Rétention Administrative. On l’appelle un "retenu"...

Kebe a plein de papiers :
des demandes pour travailler légalement de ce côté de la Terre, des refus qu’il travaille légalement de ce côté de la Terre, des feuilles d’impôts qu’il paie depuis 10 ans parce qu’il travaille, des contrats de travail, des bulletins de salaire, des preuves de cotisation à toutes sortes de caisses qui ne lui versent rien, des certificats médicaux pour les fois où il a eu des accidents de travail, un certificat de concordance (c’est un papier de ses employeurs qui disent que c’est bien lui qu’ils ont embauché sous divers alias) (parce qu’on paie moins ou pas de charges lorsqu’on dit qu’on emploie plusieurs personnes sur des courtes durées et puis, on peut faire travailler la même personne 15 heures par jour)...

et là, on lui a remis un autre papier :
un APRF — un Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière, ça veut dire l’expulsion, quoi...

J’ai vu Kebe pour la première fois il y a 10 jours au Tribunal Administratif. La Juge de la Liberté et de la Détention a dit en fin de session qu’un seul habitant de la Terre qui était passé devant elle cet après-midi-là pouvait aller dormir ailleurs qu’au Centre de Rétention. Les autres y étaient raccompagnés. Avec des menottes aux poignets derrière le dos.

Ensuite, j’ai téléphoné à Kebe (il y a des cabines téléphoniques au Centre de Rétention Administrative) ( http://www.educationsansfrontieres.org/article19693.html ) et je lui ai rendu visite.

Depuis, on se téléphone.

Après-demain (samedi 12), il passe une seconde fois devant le Juge de la Liberté et de la Détention (enfin, normalement, on ne sait pas... oui, c’est comme ça...).

D’ici là, à tout moment, on peut le renvoyer de force du côté de la Terre où il est né. Les pieds et poings liés, la bouche recouverte d’un ruban adhésif...

J’ai appris qu’un habitant de la Terre qui n’est pas né du même côté de la Terre que Kebe, qui n’a pas la même couleur de peau que Kebe, qui est né du même côté de la Terre que moi, qui a la même couleur de peau que moi, a le pouvoir de remettre Kebe en liberté, d’abroger son arrêté (préfectoral) de reconduite à la frontière et de lui donner un papier disant qu’il a le droit de travailler ici et de bénéficier des droits afférents à son travail (ce serait une première pour Kebe...).

Alors, j’ai écrit à cet habitant de la Terre pour lui parler de Kebe. On l’appelle Préfet de Police.
J’ai utilisé des arguments qui correspondent aux critères des lois qui peuvent permettre à cet habitant de faire changer les choses... Ce ne sont pas mes propres arguments bien sûr...
Je lui ai écrit au nom de RESF, Réseau Education Sans Frontières.

Et je lui ai écrit en mon nom.
Si tu as envie de faire pareil, voici ma lettre que tu peux utiliser telle que ou modifier...

En fait, je suis venu te parler de Kebe, de Diallo, de Cisse, de Gandega... et puis, de moi... parce que... ça me concerne...

Florence Libert qui n’a ni choisi le côté de la Terre où elle est née ni choisi sa couleur de peau

PS : Si je l’appelle Kebe, c’est que les AfricainEs se font appeler par leur nom de famille.


Depuis le CRA de Vincennes, il s’occupe sans relâche de signaler et de soutenir ses camarades arrêtés et suit le mouvement de grève de très près.

Il est en rétention depuis 15 jours.

Il passera dans 2 jours au 2nd JLD (samedi 12/06).

Il est menacé d’expulsion.

Intervenons auprès du préfet de Paris pour qu’il libère KEBE et abroge son APRF !

KEBE vous remercie (il me l’a encore dit tout-à-l’heure au téléphone) !

Florence

=====

Modèle à adapter pour Bakary KEBE ci-dessous.

Préfet de Police de Paris Michel Gaudin
fax : 01 53 71 67 23

courriel : prefpol.dpg-etrangers-secretariat chez interieur.gouv.fr

fax gratuit : http://fax-gratuit.net/tt/index

- -

A l’attention de
Monsieur le Préfet de Police de Paris Michel Gaudin
9, boulevard du Palais
75195 Paris Cedex 04
fax : 01 53 71 67 23

Monsieur Le Préfet,

Je viens vers vous afin de vous sensibiliser de façon urgente à la situation de Monsieur Bakary KEBE, de nationalité malienne, né le 01/01/1976 au Mali qui se trouve en rétention à Vincennes depuis le 26/05/2010.

Monsieur KEBE a été arrêté le 25/05/2010 à la Gare du Nord. Le 26/05/2010, vos services ont prononcé un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière et l’ont placé en rétention administrative.

Par la présente, je sollicite de votre haute bienveillance la remise en liberté de Monsieur KEBE, l’abrogation de la mesure d’éloignement à son encontre et la délivrance d’un titre de séjour.

Monsieur KEBE vit et travaille en France (en Ile-de-France) depuis 10 ans ; il est arrivé en janvier 2000 avec un visa.

Monsieur KEBE met tout en oeuvre pour faire régulariser sa situation administrative ; il effectue une première demande d’asile en 2000 (refusée en 2001) et une seconde demande en 2008 (refusée la même année). En janvier 2010, il effectue des démarches en vue de sa régularisation au titre des 10 ans de présence. Il apprend que sa demande sera recevable en avril 2010. Il avait prévu de se présenter en avril, mais en tant que délégué syndical, il a une haute idée de sa responsabilité au sein de son piquet de grève. Il est très mobilisé auprès de ses collègues de travail et a fait passer ses engagements avant son intérêt personnel. C’est d’ailleurs en allant, avec un collègue, récupérer des documents CERFA — une des phases clés de ce conflit du travail — qu’il a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à prendre un train en Gare du Nord.

Depuis 2000, Monsieur KEBE travaille en tant que maçon et coffreur, des métiers pénibles et pour lesquels il existe une forte demande dans notre pays. Dans ce cadre, il a notamment travaillé à la rénovation à la Préfecture de Nanterre (durant 3 mois) ainsi qu’au Palais de Justice de Paris (pendant une période de 6 mois).

Monsieur KEBE a subi 2 accidents du travail en 2001 et 2008 : son état de santé l’a contraint à une incapacité de travail d’une durée de 2 mois et de 3 mois, respectivement. Monsieur KEBE a dû assumer l’intégralité des frais médicaux et des pertes de salaire et n’a obtenu aucun droit afférent aux cotisations qu’il verse pourtant depuis 2000.

Je vous remercie de noter que Monsieur KEBE est orphelin. Son père est décédé 3 mois après la naissance de Monsieur KEBE et sa mère, souffrante depuis de nombreuses années, est décédée en 2008 (peu après son second accident de travail). Il n’a donc plus aucune attache familiale proche dans son pays d’origine.

Toute la famille de Monsieur KEBE se trouve en France : à savoir, ses 3 frères, ses 7 oncles et tante, tous en situation régulière, venus travailler en France il y a 40 ans pour certains. Vous pouvez par conséquent constater que l’arrêté de reconduite à la frontière porte gravement atteinte à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme compte tenu de ses fortes attaches personnelles et familiales en France.

Par ailleurs, depuis octobre 2009, Monsieur KEBE participe en tant que délégué au vaste mouvement de grève coordonné qui compte plus de 6000 travailleurs sans papiers soutenus par syndicats, partis politiques, associations et comités de soutien. Le dernier employeur de Monsieur KEBE, la société Leader Interim, pour laquelle il travaille depuis 2004, lui a établi un CERFA et le réclame quotidiennement pour le bon fonctionnement de ses chantiers.

Je tiens à rappeler que Monsieur KEBE ne vit pas en France aux dépens de l’Etat : bien au contraire, il contribue à sa richesse par son travail. Il y est également parfaitement intégré de par sa maîtrise de la langue française et ses attaches familiales, personnelles et professionnelles.

Alors qu’une issue en faveur de la régularisation de la situation administrative des travailleurs sans papiers est en train de se profiler, il me paraît inconcevable, Monsieur le Préfet, d’anéantir tant d’années d’intégration réussie sur le territoire français et de priver ainsi Monsieur KEBE du fruit de toutes ses années de travail et d’intégration. Je fais appel à votre humanité et vous demande instamment de procéder à la libération de Monsieur KEBE, d’annuler la décision de reconduite à la frontière à son encontre et de lui délivrer un titre de séjour. Ce faisant, vous lui permettrez de mener une vie digne avec une situation administrative régularisée.

Signature


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