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Actu-chômage

Recherche d’emploi, c’est désespérant !

Article mis en ligne le vendredi 9 juillet 2010

Jeudi, 08 Juillet

Faut-il continuer à chercher un emploi qui n’existe pas ? Telle est la question que finissent par se poser des centaines de milliers de chômeurs de plus en plus découragés.

Ils sont 1,6 million (dont 680.000 "seniors"), soit 36% des inscrits à Pôle Emploi, à être toujours au chômage plus d’un an après avoir perdu leur travail du fait de la crise. Cela fait des mois et des mois qu’ils cherchent : candidatures spontanées, réponses aux quelques offres disponibles… en vain. Que de temps, que d’argent et d’énergie investis pour rien ! Faire le tour des annonces, remodeler son CV en fonction, passer des heures à soigner ses lettres de motivation, faire des pieds et des mains pour se vendre dans un contexte pareil relève du cauchemar. D’autant plus que les exigences (et l’incorrection) des recruteurs ne cessent de croître.

Mettez-vous à la place d’une personne qui s’acharne pendant un an, deux ans et, malgré ses indéniables qualités, collectionne les fins de non-recevoir, si ce n’est l’indifférence. Le découragement guette et au bout, l’écœurement. Il y a de quoi avoir envie de jeter l’éponge pour ne pas finir dingue.

Comment ne pas mesurer l’absurdité de la situation ? Le calcul est simple :

Sur nos 28 millions d’actifs, on compte au bas mot 5 millions de chômeurs ou de "sous-employés" (toutes catégories confondues + halo du chômage).

Face à eux, 2,7 millions d’entreprises (toutes catégories confondues, de la TPE à la multinationale) en France métropolitaine.

Ça fait, en moyenne, 2 chômeurs/précaires disponibles pour chaque entreprise.

Mais c’est là que ça se complique :

• 1,3 million d’entreprises… de 0 salarié ! (donc, hors-jeu)

• 1,2 million d’entreprises… de 1 à 9 salariés (maigres chances d’être embauché - notamment en CDI).

Restent donc :

• 231.000 entreprises de 10 à 499 salariés.

• 1.800 entreprises de plus de 500 salariés.

(Source : Insee)

Voilà la réalité à laquelle se heurtent les victimes de la crise.

Plus que jamais, l’offre est dérisoire et la demande d’emplois ÉNORME.

Donc :

• Taux de probabilité d’obtenir une réponse (même négative) : Dérisoire.

• Taux de probabilité d’obtenir un entretien : Réduit à sa plus simple expression.

• Taux de probabilité d’obtenir une mission (CDD…) : Infime.

• Taux de probabilité d’obtenir un CDI : Insignifiant.

En effet — et de plus en plus — les (rares) emplois s’obtiennent par "cooptations" et "relations" (réseau).

Certes, les mouvements de personnel se poursuivent au sein des entreprises. Chaque jour, quelque 30.000 salariés se mettent en arrêt maladie, prennent leur retraite, partent en formation, en congé maternité ou en congé tout court... Des petites brèches (intérim, CDD…) dans lesquelles on peut toujours tenter de s’engouffrer.

Avant la crise, une étude de l’ACOSS avait réparti la mobilité professionnelle comme suit : 40% s’effectuait en interne (changement de poste, mutation, promotion…), 30% en externe (quitter une entreprise directement pour une autre), tandis que seulement 2 postes libérés sur 10 bénéficiaient à des chômeurs, et 1 sur 10 à des jeunes entrant dans l’emploi...

Hélas, depuis deux ans, la mobilité professionnelle serait au point mort.

Le reflux du chômage sera lent et, « en dépit des signes de reprise dans la plupart des pays, le risque demeure que des millions de personnes perdent le contact avec le marché du travail », a averti le secrétaire général de l’OCDE.

Tout cela nous questionne sur le devenir proche de ces millions de chômeurs, et relativise considérablement les "bons conseils" qui leur sont prodigués par les "accompagnateurs au retour à l’emploi" adeptes de la méthode Coué...

YB/SH

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