Une tribune pour les luttes

Ne laissons pas expulser notre jeune ami Aziz

La mobilisation a été déterminante : Aziz a été libéré au TA avec une autorisation provisoire de séjour.
Continuons à lutter pour sa régularisation, signez la pétition..

Article mis en ligne le mardi 27 juillet 2010

25 juillet 2010

AZIZ est rentré chez lui !
Notre mobilisation a été déterminante.

Un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour Aziz, en signant la pétition, en écrivant à la préfecture, en venant au Tribunaloù nous étions une bonne quinzaine, avignonnais et marseillais.

Tribunal Administratif de Marseille, le 21 juillet 2010

Entré dans le Tribunal Administratif de Marseille encadrés par des policiers de la Police Aux Frontières, menotté, Aziz en est ressorti libre.
La juge a annulé l’Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière, le préfet ayant commis «  une erreur manifeste d’appréciation de son dossier » : en effet, Aziz est en France depuis 8 ans (entré mineur) pour aider son père accidenté du travail ; l’ensemble des pièces (même sans passeport) prouve qu’il n ?a pas quitté le territoire français ; il a étudié, fait des stages, est bien intégré comme en témoignent les soutiens de plusieurs associations (dont RESF, citée), les très nombreuses attestations de ses amis, présents en nombre dans la salle. Il a encore de la famille au Maroc, mais son séjour ici est ancien. Le préfet doit donc réexaminer sa situation, et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen. Il reçoit 800 euros de dédommagement pour les frais engagés.
Aziz est rentré avec nous, avec son père, à Avignon, en France. Chez lui.

CR détaillé :
http://www.educationsansfrontieres.org/article30853.html


Mercredi 21 juillet 2010

Au Tribunal Administratif l’APRF d’ Aziz du 18/7 a été annulée.. Il est en France depuis 8 ans (entré mineur) ; l’ensemble des pièces (même sans passeport) montrent qu’il n’a pas quitté le territoire ; il a étudié, fait des stages, lI y a eu erreur manifeste d’appréciation.
Le préfet doit donc réexaminer sa situation et pendant ce temps il aura une autorisation provisoire de séjour.

Un de ses compagnons d’infortune au CRA, moins soutenu il est vrai, n’a pas eu cette chance : malgré sa présence en France depuis 9 ans, une demande de régularisation par le travail déposée mais non enregistrée, et un examen superficiel avéré de son dossier par la préfecture du Var (plaidoirie de l’avocat), son recours a été rejeté.


Mercredi 20 juillet

Aziz est toujours emprisonné au camp de rétention du Canet.
Il passe demain mercredi à 14 h. devant le Tribunal administratif de Marseille, 22-24 avenue Breteuil.
Il est important d’être nombreux à l’y soutenir !


Samedi 17 juin, les festivaliers ont envahi les rues d’Avignon, parmi eux, notre ami Aziz Ed Dyouba a fait l’objet d’un contrôle policier (pourquoi lui ?).
Après quelques heures de garde à vue il a été transféré au CRA du Canet à Marseille d’où il a pu nous téléphoner hier dimanche à 18h30, afin que nous puissions prévenir son père.

Aziz est arrivé du Maroc à l’âge de 15 ans en 2002, pour rejoindre son père accidenté du travail et diabétique et habite depuis cette date à Avignon.
Il a été scolarisé dans plusieurs établissements jusqu’en 2009 : Paul Giera, Jules Vernes, lycée agricole de Isle sur la Sorgues, centre linguistique de Champfleury.
Afin de pouvoir obtenir un CAP, Aziz a tout mis en oeuvre pour réussir son
intégration (maitrise de la langue française, qualification, formation aux premiers secours).

Il était persuadé que sa ténacité lui permettrait de vivre en France et de s’occuper de son père malade et usé par les années de travail dans notre pays, mais ses demandes de régularisation n’ont pas abouti et il est devenu un sans papiers, un clandestin, obligé d’accepter les conditions de travail faites par les employeurs peu scrupuleux.

Aziz ne s’est pas résigné pour autant, il a continué à se battre pour que tous ceux qui comme lui ont fait le choix de vouloir vivre dignement en France puisse obtenir ce droit. Il n’a pas hésité alors à sortir de l’ombre et à participer à des actions en faveur des sans papiers comme lors de la réunion "jeunes majeurs" qui s’est déroulée à Lyon au printemps 2009 (Voir son témoignage plus bas).

Ce grand jeune homme, discret, serviable est devenu notre ami et aujourd’hui nous ne voulons pas qu’il soit expulsé vers un pays qu’il a quitté depuis trop longtemps. AZIZ, doit rester en France, auprès de son père, auprès de NOUS ses amis.

Pour le soutenir, faxez/mailez à la préfecture (modèle de lettre ci-dessous) :

 
Pour le soutenir, faxez/mailez à la préfecture
(modèle de lettre ci-dessous) :

Préfecture
du Vaucluse :
contact chez vaucluse.pref.gouv.fr
fax :
04 90 86 20 76
Préfet du Vaucluse :
francois.burdeyron@vaucluse.pref.gouv.fr

Secrétariat
du Préfet : 04 88 17 80 20
fax : 04 90 85 03 00
Chef du bureau des étrangers :
myriel.porteous chez vaucluse.pref.gouv.fr
Adjointe
au chef de bureau :

frederic.lovena chez vaucluse.pref.gouv.fr

Secrétaire
générale de la préfecture :
agnes.pinault chez vaucluse.pref.gouv.fr

et signez la pétition
http://www.educationsansfrontieres.org/ ?page=article&id_article=30832

— -

Monsieur le Préfet,

Je vous demande d’accéder à la demande de régularisation de M. Aziz Ed Dyouba, en raison d’une part de ses efforts exemplaires pour réussir son intégration en France (pratique de la langue française, formations professionnelles, formation aux premiers secours...), pour lui permettre d’autre part de soigner son père accidenté du travail qui a absolument besoin de lui et enfin, pour mettre un terme aux conditions illégales et illégitimes dans lesquelles il est obligé de travailler alors qu’il s’est donné les moyens d’être dument qualifié.

Notre pays peut être fier et heureux d’accueillir M. Aziz Ed Dyouba, de lui donner des conditions de vie dignes, en France, et de bénéficier de sa générosité et de ses compétences.

C’est pourquoi, c’est avec insistance que je vous demande de tout faire pour que Aziz Ed Dyoula obtienne les documents nécessaires à son installation définitive en France.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à mes sentiments respectueux,

Signature


Extrait du témoignage d’Aziz parmi les jeunes majeurs du Vaucluse qui ont participé à la réunion de LYON.

"Bonjour je m’appelle Aziz,
Je suis arrivé en France en 2002 sur le passeport de mon père. Je suis entré au collège. J’ai fait un an en 4°, ensuite j’ai fait un an au CFG pour obtenir un certificat professionnel.
J’ai arrêté mes études parce que je ne trouvais pas de contrat d’apprentissage.
Suite à ces deux années je suis allé faire une remise à niveau par rapport au français, je voulais bien parler la langue, m’intégrer.

Alors que j’étais dans cette démarche, un matin je me préparais pour aller au lycée et ils sont venus,( ils, ce sont deux policiers), ils ont sonné, c’est mon père qui a ouvert, ils lui ont dit que je ne risquais rien qu’on allait faire le point pour trouver une solution.
Quand j’ai entendu ça j’ai cru que c’était une bonne nouvelle que ma demande de régularisation était acceptée !
En fait c’était le contraire, je me suis retrouvé en garde à vue, là on me disait encore que le préfet aller faire ce qu’il pouvait pour moi !
Puis ils sont encore venu, me disant que je n’avais rien à faire ici, qu’ils étaient obligés de m’expulser et j’ai été conduit en centre de rétention.

Au centre je suis pas resté car le lendemain je suis passé devant le juge, j’ai pris une avocate.
Je lui ai parlé, je lui ai dit pour l’école, que je ne voulais pas être expulsé, elle m’a demandé quand j’étais venu, j’ai dit à 15 ans, elle ne m’a rien promis.
Quand je suis passé devant le juge, l’avocate a bien parlé , elle a défendu mon travail scolaire, mes efforts pour apprendre la langue.
Moi j’ai expliqué que j’étais arrivé à 15 ans, que j’avais galéré, travaillé dur pour apprendre la langue, que mon père était malade...
Le soir même j’ai été libéré, ils ont gardé mes papiers et moi je devais allé signer au commissariat..

Ce que je dois dire aussi c’est que ma malchance, pour une fois m’a servi, il y avait en cours une affaire en instruction où je n’avais rien à voir mais mon nom été cité, il fallait donc attendre la fin de l’instruction en France. C’est pour ça je pense que j’allais signer et pour ça je pense que je n’ai pas été expulsé.

Suite à la rétention à Nîmes, j’ai repris ma vie mais deux jours après j’ai reçu un appel du commissariat qui me demandait de venir car mon billet était prêt ! j’ai cru que c’était une blague ! J’ai dit «  Non je viens pas ! ».

J’ai repris les études. Je ne veux pas partir tout de suite, ni jamais......!" Depuis plus de nouvelles, il faut dire que je fais carrément attention !

Ma situation : aujourd’hui je vis dans une forme de peur, je dois tout le temps faire attention, j’ai un patron qui me paye mal, mais je ne peux rien dire car pour l’Etat Français , je suis un "clandestin" ! En plus je ne veux pas être attrapé, et pour cette raison, je pense que je vais devoir arrêter de travailler !

Je veux que ça s’arrête qu’il reconnaissent mon travail, qu’ils me reconnaissent, parce que je suis là !

Je ne peux plus vivre au Maroc, je sens que je n’y ai plus ma place, et ma famille compte beaucoup sur moi " !

lundi 19 juillet 2010.

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