Une tribune pour les luttes

Encore un jeune interpellé !
Stop à la course aux jeunes majeurs !

Malgré des soutiens en nombre ( une cinquantaine de personnes), et de bons arguments de l’avocat, le juge a débouté Paolo de sa demande (ainsi que les autres sans-papiers requérants). Plus que jamais il va avoir besoin de soutien...

Article mis en ligne le mardi 3 août 2010

Une partie de ceux qui n’ont pas pu entrer dans la salle


http://www.lamarseillaise.fr/soci-t...


Le triste parfum des années 30

03-08-2010

Expulsions. Un jeune Philippin et deux Marocains sont menacés d’être reconduits à la frontière. La déplorable illustration de la politique répressive intensifiée par le gouvernement.

Il faut si peu de choses pour que toute une vie bascule. C’est ce qu’a dû se dire Paolo, voyant fondre en une seconde tous ses espoirs d’aller jusqu’au bout de ses études et de mener une vie épanouie en France, auprès de sa famille. Une famille venue des Philippines, il y a déjà trois années et dont voisins et amis vantent le sérieux et la volonté d’intégration.

Paolo, élève modèle de 20 ans, qui a fréquenté la classe d’accueil des nouveaux arrivants non francophones du lycée La Viste, et préparait un CAP, s’est retrouvé ce matin pour la seconde fois devant les juges du tribunal administratif de Marseille. Après deux journées passées au centre de rétention du Canet. « J’ai été interpellé le 27 juillet à l’aéroport de Marignane alors que j’attendais un ami », déplore le jeune homme qui, après avoir été assigné à résidence par le juge des libertés et de la rétention, a déposé une requête pour tenter de faire annuler l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière dont il est menacé. Une menace qui pèse encore sur lui, puisque sa requête a été rejetée par le tribunal administratif.

Pas de pitié côté cour

Des juges pas émus pour deux sous par la présence, hier matin, d’une trentaine de ses camarades de classes, toutes nationalités confondues, venus le soutenir dans cette épreuve, aux côtés des membres de sa famille, des militants du Réseau éducation sans frontières et de la Ligue des droits de l’homme. Pour Me Yves Perrot, l’avocat du jeune homme, il semblait pourtant évident que « le juge aurait dû tenir compte des graves conséquences qu’une expulsion auraient sur la situation personnelle de Paolo qui n’a plus aucune famille dans son pays d’origine et qui, de surcroît, poursuit une scolarité exemplaire en France ». Une appréciation qui, depuis 2006, a fait l’objet à plusieurs reprises d’annulation d’arrêtés d’expulsion. « Il reste que le tribunal devra encore justifier la motivation de sa décision. »

De toute évidence, les juges marseillais n’en ont pas tenu compte. Paolo, qui a dû regagner l’appartement de sa famille où il est assigné à résidence, n’est donc pas à l’abri, en ces temps de répression féroce des sans-papiers, d’un retour brutal dans son pays d’origine. Pas plus que les deux autres jeunes Marocains dont le même tribunal administratif a rejeté la requête, ce lundi matin. Si l’un pourra regagner son domicile, l’autre a repris, le chemin du centre de rétention. Décidément, comme l’écrivait Samir Naïm en plein cœur des années Pasqua, « le triste parfum des années trente » n’en finit pas de flotter sur le doux pays de France.

GERARD LANUX


Communiqué du 30 juillet du RESF 13

Après Aziz et Abdelhakim (interpellés à Avignon) c’est au tour de Paolo, un jeune majeur d’origine philippine de se faire interpeller à l’aéroport de Marignane alors qu’il attendait un ami.
Il a été enfermé au centre de rétention (CRA) du Canet pendant 2 jours en attendant son passage devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Jeudi 29 juillet Paolo est donc passé devant ce juge qui l’a assigné à résidence avec une obligation de venir tous les jours pointer au CRA du Canet.

LUNDI 2 AOUT à 10h : Paolo doit passer devant le tribunal administratif (TA) 22-24 rue de Breteuil à Marseille pour tenter de faire annuler l’APRF (Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière) qui lui a été signifié lors de son arrestation.

En France depuis 3 ans, Paolo n’a plus aucune famille dans son pays d’origine. Il a la volonté et le désir d’avancer dans ses études. Il vient d’obtenir son CAP et s’est inscrit en bac pro pour la rentrée prochaine. Ses frères et sœurs sont de brillants élèves d’un lycée de Marseille et son frère aîné a obtenu son bac pro cette année.

En France, Paolo est entouré de sa famille. Sa place est ici !


À 18 ans tout semble possible. Une partie de la jeunesse en France vit cependant cet âge comme une impasse. Aux uns l’accès aux droits (études, sorties, permis de conduire, travail…), aux autres la négation des diplômes et du parcours scolaire, le travail au noir, les contrôles policiers, la menace de la détention et de l’expulsion. À 18 ans brutalement, ces lycéens, étudiants, jeunes travailleurs, deviennent sans-papiers et expulsables.

Pourquoi ?

Parce que l’Etat avec la loi Ceseda, refuse le droit au séjour aux jeunes majeurs s’ils sont arrivés en France après l’âge de 10 ou 13 ans, ou s’ils n’ont pas en France une mère ou un père ayant un titre de séjour.


PAOLO A BESOIN DE SOUTIEN AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF !

JEUNESSE SANS PAPIERS, JEUNESSE VOLÉE
LA LOI DOIT CHANGER !

Contact presse RESF 13 : 06 31 32 48 65 // e-mail : resf13 chez no-log.org

Article site RESF : http://www.educationsansfrontieres.org/article30918.html


Resf13 chez rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf13

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