Une tribune pour les luttes

Chronique d’une mort annoncée

Sivasthasan, 28 ans et désespéré, s’est pendu le 2 juillet à Tours.

Article mis en ligne le lundi 2 août 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE DE CHRETIENS-MIGRANTS

SINNATHAMBY Sivasthasan Jeune TAMOUL de 28 ans s’est Pendu

Le 2 juillet 2010, à Tours , un homme de 28 ans , Tamoul du SRI-LANKA, SINNATHAMBY Sivasthasan, s’est donné la mort par pendaison.

Depuis mars 2008 ce jeune homme qui avait fui les persécutions dans son pays d’origine demandait l’asile Politique.

De refus del’OFPRA (Office Français de protection des Réfugiés et Apatrides- ) en recours auprès de la CNDA (Cour Nationale du Droit d’Asile), en ce début d’été il se trouvait dans une situation désespérée puisque le centre d’hebergement ne pouvait plus l’accueillir pour raison de fermeture annuelle et qu’en même temps il venait d’être informé du refus de son recours.ce qui allait le contraindre à retourner au Sri-Lanka.

Alors que plusieurs membres de sa familles demandant l’asile en Europe (notamment en Suisse) ont obtenu le statut de réfugié, lui s’est vu refuser son droit au séjour par la France.

Il a préféré se donner la mort ici , chez nous, à Tours, plutôt que de retourner dans le pays qu’il avait dû fuir car il faisait l’objet de persécutions aussi bien de la part des rebelles Tamouls qui voulaient l’enrôler que des autorités Cingalaises qui le soupçonnaient d’appartenir à ces mêmes rebelles comme les autres membres de sa famille

Il ne voulait pas retomber dans les mains des autorités de Colombo et subir les harcèlements et les interrogatoires musclés qui sont infligés, à propos de leur passé, aux Tamouls qui reviennent

Sa vie a pris fin dans un pays où le Droit d’ Asile était, et reste encore pour une grande partie des Français, une valeur qui a fait sa grandeur

Sivasthasan SINNATHAMBY savait ce qui l’attendait et les autorités Françaises aussi mais depuis 2007 elles se font une gloire de la diminution substantielle des droits d’asile accordés

L’exemple de Elanchelvan Rajendram réfugié à Strasbourg et expulsé le 30 Aout 2005 qui a été ensuite assassiné le 28 fevrier 2007 par les militaires Sri-Lankais est dans nos mémoires.

Aujourd’hui la guerre civile qui durait depuis 1983 est officiellement terminée mais ceux qui rentrent n’ont aucune garantie contre les persécutions : au contraire ils sont traqués, harcelés pour s’expliquer sur leur passé.

C’est ce qu’a craint Sinnathambi Sivasthasan et qui l’a conduit à ce geste fatal.

Il nous revient aussi que d’autres déboutés du droit d’asile envisagent d’avoir recours à la même solution.

Cela nous interrroge sur ce que peuvent vivre ces personnes qui arrivent chez nous pérsuadées d’y trouver l’accueil, la paix, la sérénité, et qui se heurtent à ces refus, ces rejets, ces abandons, qui deshonnorent notre pays.

POUVONS NOUS RESTER PASSIFS FACE A CES DRAMES qui se répétent traduisant un DENI d’HUMANITE ?

Devrons nous, un jour, en faire mémore et nous repentir ?

NOTA : Infos complémentaires données pas l’Association Franco-Tamouls de TOURS . sur http://francotamouls.com/

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