Une tribune pour les luttes

23 août 1996 – 23 août 2010, du coup de hache au racisme d’état affiché.

Non à la honteuse politique électoraliste du bouc émissaire

Article mis en ligne le mercredi 11 août 2010

Jeudi 5 août 2010

Manifestons partout le 28 août à 15 heures

23 août 1996 – 23 août 2010, 14éme anniversaire du coup de hache de Saint Bernard.

314 sans papiers, nourrissons, enfants, mères et pères réfugiés à l’église Saint Bernard avaient été brutalement délogés par des coups de haches et des gaz lacrymogènes le 23 août 1996. Il s’agissait de montrer à un certain électorat raciste la « fermeté » d’une droite politique qui venait à peine de sortir d’un bras de fer social avec un mouvement gréviste qui avait mobilisé plus de 3 millions de travailleurs en novembre/décembre 1995.

Dans le cadre de la cohabitation le retour de la « gauche plurielle » au pouvoir qui n’a pas tenu sa promesse d’abroger les lois racistes Pasqua/Debré et de régulariser les sans papiers s’est terminé par le désastre de Le Pen au second tour et son rejet massif à plus de 80% au second tour de la présidentielle.

Profitant de ce double traumatisme – Le Pen au second tour et vote massif contre le candidat fasciste – le vote Sarkozy a fusionné électeurs de droite et d’extrême droite plus même une partie dite « issue de l’immigration » charmée par « la discrimination positive » et des « ministrables des minorités visibles ».

Avec les voitures qui flambaient brusquement à nouveau et « les émeutes des banlieues » en 2005 les médias déversaient aux électeurs les explications « raciales » et « ethniques » de « l’insécurité » des Finkielkraut, BHL, Gluskman, Frêche, de Villiers, de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, de Pascal Sevran et autres «  experts » médiatiques avant l’entrée en scène des Hortefeux, Besson, Estrosi, Mariani, etc, pour banaliser l’entretien officiel en tant que représentant de l’Etat de la parole publique raciste pour accompagner la politique scandaleuse de chasse à l’humain étranger parce que sans papiers.

Le résultat est là : Plus de 1000 actes racistes ont fait l’objet d’une plainte en 2009 alors qu’ils étaient 467 en 2008 et 321 en 2007. Yves Repiquet président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) précise : « On peut parler d’explosion : 220 plaintes concernaient des actes de violence l’an dernier contre 97 l’année précédente. Parmi les victimes, les membres de la communauté maghrébine sont les plus touchés, que ce soit par des actes de violence raciste (33,64% du total) ou par des menaces d’intimidation (29,77%) ». La surenchère raciste de l’Etat Français est aussi illustrée par la condamnation récente en première instance de M. Hortefeux Ministre de l’intérieur pour propos raciste et qui, chose incroyable, est toujours à son poste.

Au scandale du racisme sans voile d’une droite obsédée par l’électorat lepéniste vient maintenant s’ajouter les scandales de l’argent et de la gabegie par l’étalage d’une « république des copains et des coquins » expression célèbre des années 30 pour dénoncer la corruption des politique.

La faillite totale amène la droite décomplexée à ne plus hésiter à voiler par une burqua sur les questions sociales – crise, retraite, chômage, destructions des acquis sociaux, etc., sa stratégie électorale est de jeter en pâture à la vindicte d’un certain électorat les sans papiers, les immigré(e)s, les « minorités visibles Françaises » et les Gens du voyage/Roms/Gitans/Tziganes, etc. Gageons que ces boucs-émissaires de la décadence morale, politique, économique et sociale de l’élite politique et économique qui gouverne le pays ne suffiront pas à la surenchère anti-républicaine et anti-sociale de la droite lèche botte de l’extrême droite. D’autres boucs-émissaires seront les sdf, les chômeurs, les vieux, les jeunes et les femmes, etc.

Dans une période recul qui se transforme en déchéance immorale, la CNSP rappelle qu’avec le Ministère de la Régularisation de tous les sans papiers (MRTSP), nous avons déposé depuis mars 2010 dernier des critères sur la table du cabinet du Ministre Besson les critères suivants pour lesquels nous attendons toujours une réponse :

1. La défense du Droit d’Asile, notamment la situation dans les pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

2. L’insertion, la solidarité, la citoyenneté et la durée de présence

3. La vie privée et familiale

4. Le travail, la promesse d’embauche et le projet professionnel

5. Les sans papiers victimes de licenciements

6. La maladie, les études et les raisons humanitaires

7. La remise d’un document permettant aux personnes dont les dossiers sont en cours d’instruction de circuler.Fait à Paris le 1er août 2010

SANS PAPIERS en lutte>>>coordination nationale - 25, rue François Miron, 75004, Paris - fax : 01.44.61.09.35 – e-mail : coordnatsanspap chez wanadoo.fr


LE RACISME D’ETAT SARKOZIEN
C’EST LE RETOUR AU CODE DE L’INDIGENAT !

Des fusillades entre policiers et civils avec ou sans armes entraînent mort d’hommes et débouchent sur des émeutes citadines et rurales. Et voilà le Président de la République lui même qui désignent les boucs-émissaires : «  Nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l’intégration ». Et de menacer de « retirer la nationalité Française à toute personne d’origine étrangère » en établissant clairement un parallèle entre « délinquance et immigration » dans le cadre de ce qu’il appelle lui même de « guerre nationale contre les voyous ». Des « banlieues à karchériser », on est passé au programme du Front National (FN) de JM. Le Pen.

Cette lepénisation de plus en plus médiatiquement affichée est devenue endémique et quotidienne. On se rappelle les propos de Finkielkraut, Frêche, de Villiers et Le Pen sur l’équipe de France de football qui aurait notamment « trop de noir », de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse sur la « polygamie » qui serait à l’origine « des émeutes de banlieues », de Pascal Sevran, animateur de France Télévision, qui s’était livré à l’abject insulte raciste sur « La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique », de B. Hortefeux selon lequel « quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème », de C. Estrosi dans un débat parlementaire de juillet 1993 déclarant que « d’une immigration européenne proche culturellement donc facilement assimilable, nous sommes passés à une immigration plus difficilement assimilable justement en raison de différences historiques et culturelles profondes », de E. Besson sur « l’identité nationale menacée », etc.

Le thème de l’immigration, des sans papiers est devenu la « burqua » pour voiler le naufrage de la république raciste des copains et coquins au profit des patrons et actionnaires dans le marais orchestré des régressions sociales, de la pauvreté, de la misère, des atteintes liberticides aux droits, etc., qu’offre aux populations dans leur ensemble la droite décomplexée corrompue et raciste.

Alors ce que doit savoir le peuple, c’est que Sarkozy/Hortefeux/Besson ne font que «  métropoliser » au sein de la république les lois d’exception coloniales, appelé « code de l’indigénat » qui a succédé au « code noir » de l ‘époque de la traite et l’esclavage des noirs. Quelques exemples suffisent pour comprendre : - «  la mise en surveillance spéciale » ou « internement » = centre de rétention pour sans papiers – « le séquestre » ou « mainmise de l’Etat sur les biens, meubles et immeubles d’un individu ou d’une collectivité » = expulsion d’un sans papiers qui a travaillé donc cotisé en laissant tous ses biens ici et double peine qui punit la famille (parents et enfants) de l’expulsé – « tribunaux spéciaux » qui fusionnent pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires en infraction totale d’avec le principe de la séparation des pouvoirs = projet de loi Besson qui aggrave encore plus la soumission du judiciaire au politique en ce qui concerne l’entrée et le séjour des étrangers afin de rendre plus efficace la politique actuelle de chasse aux sans papiers.

Le double traumatisme de la présidentielle de 2002 – Le Pen au second tour et rejet du candidat raciste fasciste à plus de 80% qui a démoralisé son électorat – a profité au candidat de la droite décomplexée et démagogique. Sarkozy a su capter l’électorat de Le Pen et même duper certains « issus de l’immigration » en leur promettant que se débarrasser des sans papiers c’est pour « mieux les intégrer par la discrimination positive ». C’est tout cela qui fait naufrage dans le bling bling des scandales de la « privatisation » de l’argent du contribuable par des Ministres ou pour financer des élections et du racisme d’état déclaré.

L’enferment maladif dans la surenchère xénophobe est un signe d’une fuite en avant dans « après moi le déluge » qui nous préparer un nouveau 22 avril 2002. C’est l’avertissement donné par une chanson des sans papiers qui dit ceci :
« Jean Marie Le Pen, l’original
Sarkozy/Besson, photocopie,
Hortefeux, l’exécutif,
Nous sommes tous des sans papiers,
Sarko, Sarko, rendez nous nos papiers (bis),
Attention danger, le retour, 21 avril 2002 ».

Fait à Paris le 31/07/10

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