Une tribune pour les luttes

Communiqué de presse

Le CADTM salue les conclusions de la CNUCED sur la dette africaine

Article mis en ligne le vendredi 1er octobre 2004

Dans son rapport intitulé "Endettement viable : Oasis ou mirage ?", la CNUCED jette un énorme pavé dans la mare des bailleurs de fonds, reprenant des arguments que le CADTM avance depuis des années.

Premièrement, la dette est un mécanisme de transfert des richesses des populations du Sud vers les créanciers du Nord, les riches du Sud prélevant leur commission : "Entre 1970 et 2002, l’Afrique a reçu 540 milliards de dollars environ en prêts ; mais bien qu’elle ait remboursé près de 550 milliards de dollars en principal et intérêts, elle affichait encore un encours de dette de 295 milliards de dollars fin 2002. (...) La conclusion du rapport est que cela équivaut à un transfert inverse de ressources en provenance du continent le plus pauvre du monde."

Deuxièmement, sans sous-estimer les dérives ayant lieu au Sud, les responsabilités essentielles sont à chercher du côté des créanciers du Nord ayant imposé un mécanisme de domination implacable : "Le rapport dénonce également l’idée couramment répandue que le surendettement de l’Afrique est tout simplement l’héritage de gouvernements africains irresponsables et corrompus. Si cette idée n’est pas entièrement dénuée de fondement, en particulier au regard de ce qu’a été la politique de la guerre froide, ce sont bien les chocs extérieurs, la dépendance à l’égard des produits de base, des programmes de réforme mal conçus et l’attitude des créanciers qui ont joué un rôle décisif dans la crise de la dette."

Troisièmement, la dette est largement odieuse donc en grande partie frappée de nullité : "les institutions de Bretton Woods ont exercé la plus grande influence sur les politiques de développement dans le continent par le biais des programmes d’ajustement structurel et des prêts correspondants, lesquels n’ont pas donné les résultats escomptés en matière de croissance et de développement. De plus, les prêts publics étaient dans une large mesure aussi assujettis à l’exécution de ces programmes, et une très grande partie de la dette de pays qui présentaient un intérêt géopolitique ou stratégique et étaient dotés de régimes corrompus est considérée comme "odieuse"."

Quatrièmement, les institutions internationales et les grandes puissances ont échoué quant aux objectifs de réduction de la pauvreté (dits du Millénaire) : "Comme le Chancelier de l’Échiquier du Royaume-Uni, M. Gordon Brown, l’a déclaré avec force au début de cette année, "Au rythme actuel des choses, aucun des objectifs de développement du Millénaire ne sera réalisé en Afrique non seulement au cours des 10 prochaines années, mais au cours des 100 prochaines années."."

Cinquièmement, les initiatives actuelles sont un fiasco : "Les dirigeants africains, dont le Premier Ministre éthiopien Meles Zanawi, ont commencé de se demander si l’Initiative PPTE [Pays pauvres très endettés] avait la capacité d’apporter un allégement approprié en matière de dette à ses bénéficiaires. (...) Les paiements au titre du service de la dette après l’Initiative PPTE devraient passer d’environ 2,4 milliards de dollars en 2003 à 2,6 milliards de dollars en 2005."

La CNUCED reconnaît aujourd’hui clairement que l’annulation totale de la dette africaine est une revendication morale, politique et économique minimale, comme l’affirme le CADTM France depuis sa création.

Contact : Damien Millet, président du CADTM France, 06 60 54 27 13.

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