Une tribune pour les luttes

Expulsions au premier semestre 2010 : Mayotte 12 321, métropole 14 760

Données statistiques et commentaires

Article mis en ligne le mardi 14 septembre 2010

jeudi 12 août 2010

Les objectifs en terme d’éloignements assignés pour 2010, 25 000 à partir de Mayotte, 28 000 à partir de la métropole seront peut être atteints. Le prix de ces scores en terme de respect des droits est élevé en métropole (environ 60 millions d’habitants). _ Mesure-t-on ce qu’il en est à Mayotte (environ 200 000 habitants) ?

Ce n’est pas "et Xmilliers des DOM/TOM " mais " avec en plus " Xmilliers.

Le chiffre total d’expulsions fixé par le Ministre est de 28OOO pour l’hexagone , de 25000 pour la seule Mayotte , de 10000 pour la Guyane- c’était du moins le chiffre 2009 - et quelques milliers de plus pour Guadeloupe et ST Martin ; les chiffres d’outremer ( quasiment 40000) dépassent donc largement ceux de la métropole et doivent être comptés en plus . Besson n’en parle pas et jamais aucun journaliste ne pose la question des chiffres d’outremer qui n epeuvent être atteints que grace au droit dérogatoire qui y régne et aux pratiques illégales : le recours n’est pas suspensif ; des mineurs sont expulsés sans leurs parents à Mayotte ; on expulse des Français etc...et les agents de la PAF s’y forment...

Certaines de ces personnes illégalement expulsées de Mayotte meurent en revenant par la mer, mais qui cela intéresse-t-il ?

Merci de visiter le site migrants outremer
http://www.migrantsoutremer.org/Mayotte-2010-6645-eloignements-en


Commentaire sur le score impressionnant d’expulsions à partir de Mayotte annoncé par la préfecture pour le premier semestre 2009

A Mayotte, la politique du chiffre menée par le ministère de l’Immigration prend tout son sens. Lors des six premiers mois de cette année, 9 019 personnes (dont 1 310 mineurs) ont été reconduites à la frontière, a claironné la préfecture de Mayotte la semaine dernière. A ce rythme, 18 000 l’auront été à la fin de l’année. Le record national de 16 000 éloignements, réalisé dans l’île en 2006, 2007 et 2008, devrait ainsi être largement battu.

«  A Mayotte,nous sommes dans des proportions phénoménales », indique un militant de la Cimade qui a accès au centre de rétention administrative de Pamandzi. «  18 000 expulsions, poursuit-il, c’est 10 % de la population de l’île » qui compte 186 000 habitants - dont un tiers serait en situation irrégulière. Cela représente aussi plus du double des expulsions (8 085) enregistrées en 2008 en Guyane, le deuxième territoire ultramarin dans le palmarès du ministère ; et près du tiers des éloignements comptabilisés dans tout l’Hexagone (29 799).

«  Traque » : La lutte est engagée sur tous les fronts. A terre, des contrôles quotidiens sont menés sur les routes et dans les quartiers connus pour abriter des sans-papiers. Les accès aux dispensaires et aux écoles sont régulièrement contrôlés. Cette « politique de la traque », comme la qualifient des militants de la Cimade, a abouti, lors de ces six premiers mois, à l’arrestation et l’expulsion de 6 116 personnes. Dans le même temps, l’Etat a, en outre, multiplié ses interventions en mer : 129 embarcations clandestines (appelées kwassa), en provenance de l’île voisine d’Anjouan, ont été interceptées. Leurs 2 903 passagers ont été refoulés.

Le gouvernement a consenti de gros efforts financiers : depuis 2004, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont presque triplé ; trois radars et quatre vedettes ont été achetés. Lors de sa visite à Mayotte, le 11 juillet, le Premier ministre, François Fillon, a annoncé la mise en place, avant la fin de l’année, d’un quatrième radar, qui permettra de couvrir l’ensemble du territoire.

La législation aussi a été modifiée, pour permettre aux forces de l’ordre d’effectuer des contrôles d’identité en tout lieu et à tout moment. Mais, pour obtenir de tels résultats, « l’Etat ne peut pas respecter la loi », estime-t-on à la Cimade. Un magistrat le reconnaît : « Nous faisons tout notre possible pour que la loi ne soit pas enfreinte. Et la préfecture, lorsque nous la saisissons sur des cas précis, comme ceux des mineurs isolés, s’y attelle. Mais la pression d’en haut est trop forte… »« Nous jouons aux cow-boys ici », confirme un agent de la Police aux frontières (PAF). « Tout le monde sait que les chiffres obtenus depuis trois ans seraient irréalisables à Mayotte si on respectait la loi », assure-t-il. Et d’évoquer les agents (parfois des policiers municipaux) qui « pénètrent dans les domiciles sans autorisation » et en tirent des hommes et des femmes « à moitié dévêtus », les « faux PV d’audition », les signatures « bidons » prêtées aux sans-papiers, la modification de l’âge des mineurs… Enfants. Ces trois dernières années, près de 9 000 enfants ont été expulsés. Si certains accompagnent leur(s) parent(s), d’autres sont des mineurs isolés, « envoyés dans une île qu’ils n’ont bien souvent jamais vue », affirme-t-on à la Cimade. «  La PAF emploie deux procédés, révèle un officier. Le premier consiste à faire accompagner le mineur par un adulte qu’il ne connaît pas, en faisant signer à l’adulte un document dans lequel il reconnaît en être le tuteur. » Un document «  qu’ils ne lisent même pas », jure-t-il. Le deuxième consiste à changer la date de naissance du mineur pour en faire un majeur. Le 11 mars, la préfecture a, pour la première fois, été reconnue coupable par le tribunal de première instance de Mamoudzou d’avoir falsifié l’âge d’un enfant de 13 ans contrôlé près de son collège.

« Pour la hiérarchie, une seule chose compte : le chiffre », avoue un autre policier. Même quand la presse en fait état, elle reste muette. Quant aux agents qui n’acceptent pas, « ils doivent se taire », poursuit-il. « Depuis des années, on nous oppresse. Celui qui n’est pas jugé assez efficace dégage ou se fait harceler. Mais pour être efficace, il faut outrepasser la loi ! ».

Rémi Carayol, Libération, 31 juillet 2009


Voir aussi Mille Bâbords 13241

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Voilà, ça ne fait pas la Une et pourtant, ce sont des centaines de vies humaines qui chaque année rejoignent le cimetière du canal du Mozambique… Notamment de juin à septembre, avec la saison des alizés qui soufflent et démontent la mer.

Anjouan est l’île la plus proche de Mayotte, 70 km à traverser… Mais dans les conditions que vous aurez compris. Une lourde barrière politico-administrative conduit à l’immigration clandestine à bord d’embarcations de fortune, des barques de pêcheurs surchargées, les kwassa-kwassa (littéralement : ça tangue, ça tangue), à la source de nombreux chavirages. Dans cette portion de 70km dans le canal du Mozambique, une épaisse muraille s’est érigée entre Mayotte et ses trois sœurs, non sans rappeler un vieux mur de Berlin, et c’est aussi l’un des principaux cimetières marins du monde. Depuis presque quinze ans, la France et le reste du monde sont indifférents aux conséquences de l’immigration clandestine entre les îles des Comores et Mayotte. C’est un drame humain sans précédent qui se joue pendant cette traversée. En l’absence d’observatoire, on estime le nombre de morts à plus d’un millier par an, depuis que les frontières de Mayotte se sont fermées.

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http://www.migrantsoutremer.org/Mayotte-2010-6645-eloignements-en

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