Une tribune pour les luttes

Association France-Palestine Solidarité (AFPS)

Solidarité avec tous les militants victimes de la répression

Continuons la campagne internationale Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS)

Article mis en ligne le lundi 20 septembre 2010

* 24 septembre Bordeaux Sakina (LDH)

* 11 octobre Perpignan Yamina, Jeanne et Bernard

* 14 Octobre Pontoise Halima (Les Verts) et Omar (NPA)

* 29 Octobre Paris Olivia (CAPJPO)et ......

* 29 novembre Mulhouse Farida Justice pour la Palestine Alsace, Henri AFPS 68, Mohamed Association REDA, Aline Secrétaire Départementale PCF 68, Jacques Les Verts 68,


www.france-palestine.org

Le Conseil national de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), réuni ces 18 et 19 septembre, tient à affirmer à nouveau toute sa solidarité avec les combattants de la paix, du droit international et des droits humains, poursuivis de manière injuste parce qu’ils défendent les droits du peuple palestinien bafoués par Israël.

À Mulhouse et Perpignan notamment, plusieurs militants – souvent membres de notre association – se voient convoqués au tribunal correctionnel. Leur crime ? Avoir informé les consommateurs de grandes surfaces des violations du droit international par Israël (poursuite de l’occupation des territoires palestiniens, de la colonisation de la Cisjordanie et en particulier de Jérusalem-Est, de la poursuite du siège imposé à toute la population de Gaza) et d’avoir en conséquence appelé à boycotter cette politique. Pour que le droit soit respecté. Pour donner une chance à la paix. Parce que l’impunité fait obstacle à l’un comme à l’autre.

Or, à la demande de la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, exhumant une loi de…1881, c’est pour « incitation à la haine raciale » que ces militants sont poursuivis, alors que tout leur combat vise à défendre les valeurs universelles de liberté, d’égalité, de fraternité pour tous les peuples, en premier lieu les Palestiniens et les Israéliens. Il s’agit donc là d’une qualification diffamatoire, inique et indigne de la part d’un ministre de la République. La locataire de la place Vendôme mesure-t-elle la gravité de l’atteinte ainsi portée, non seulement à la réputation d’une association comme la nôtre, mais aussi à la dignité d’hommes et de femmes engagés de tout cœur au service des idéaux symbolisés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Révolution française comme de la Charte des Nations unies ? Imagine-t-elle un seul instant la blessure personnelle et le préjudice moral qu’elle leur inflige ?

Scandaleuse, cette accusation l’est pour trois autres raisons :

- parce qu’elle repose sur l’affirmation mensongère selon laquelle les accusés organiseraient un « boycott des produits casher ». Nous mettons au défi Mme Alliot-Marie d’avancer la moindre preuve de cette invention sortie de sa seule imagination ;

- parce que cette ministre est membre d’un gouvernement qui, lui, ouvertement et toute honte bue, en appelle à la discrimination raciale. Le Président de la République lui-même, dans son discours de Grenoble du 30 juillet 2010, ne s’en est-il pas pris explicitement aux gens du voyage et notamment aux Roms ? Son ministre de l’Intérieur, déjà condamné pour injure raciste, n’a-t-il pas couvert de son autorité la directive en date du 5 août 2010 signée de son chef de cabinet et qui, de l’avis des juristes les plus compétents, est contraire à l’article 1 de notre Constitution ? Et cette politique n’a-t-elle pas, d’ores et déjà, mis la France au ban des nations, au sein de l’Union européenne comme de l’ONU ?

- parce qu’enfin ce gouvernement cautionne la violation par les autorités israéliennes du Traité d’association entre l’Union européenne et Israël mais aussi des décisions de la Cour européenne de justice et du droit commercial européen comme français. François Baroin, son prédécesseur Eric Woerth et l’administration des Douanes qui en dépend ne peuvent ignorer que Tel-Aviv se livre à une « fraude à l’origine » généralisée, en présentant comme «  made in Israël » des produits issus des colonies illégalement implantées en territoire palestinien occupé. Notre association les a interpellés sans avoir obtenu jusqu’ici de réponse officielle. Et pour cause : ce gouvernement refuse de prendre ses responsabilités en sanctionnant la politique israélienne, et notamment en exigeant la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël jusqu’à ce que ce dernier en respecte l’article 2, lequel prévoit le respect des droits humains par les parties contractantes. L’application dudit article 2, qui devrait amener à suspendre cet accord, constituerait-elle, elle aussi, une «  incitation à la haine raciale » ? Absurde !

Non, Madame Alliot-Marie, pas ça et pas vous ! Ce ne sont pas les militants pour la paix et la justice au Proche-Orient que vous devriez poursuivre, mais vos propres collègues. Les procédures que vous engagez sont ni plus ni moins des procès politiques. Et quand la politique entre dans les prétoires, la justice en sort.

Mais l’AFPS ne se laissera pas intimider. Elle contribuera plus que jamais à la campagne internationale Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), en prenant pour cibles – conformément au droit international, européen et français – les produits des colonies, comme le font, de leur côté, l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le mouvement pacifiste et anticolonialiste en Israël même. Et, sans attendre, elle mobilisera l’opinion contre le déni de justice que constituent les procès actuels et pour la solidarité avec tous ceux et toutes celles qui sont victimes de la répression en raison de leur engagement dans la campagne BDS.

Le Conseil national de l’AFPS

Ivry sur Seine le 19 septembre 2010

Association France-Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél : 00.33.1.43.72.15.79
Fax : 00.33.9.56.03.15.79
afps chez france-palestine.org
www.france-palestine.org

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