Une tribune pour les luttes

Le Maire de Marseille et le Préfet des Bouches-du-Rhône « campent » dans l’illégalité.

Une quarantaine de familles de voyageurs ont été expulsées d’un terrain municipal !

Témoignage sur l’expulsion avec photos.

Article mis en ligne le mardi 5 octobre 2010

6 octobre 2010

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Expulsion de gens du voyage français (la dame de la photo ci-dessus, avec sa vieille maman sur le pas de la porte de la caravane, parle un français très châtié). sur Terrain (municipal) des anciens abattoirs (15e), lieu d’implantation de la future grande mosquée (mais ça, c’est pas pour demain).

Une quinzaine de caravanes, autant de fourgons de CRS. Présence d’A.Fourest
(Migreurop), Ph.Dieudonné (LDH)...Presse écrite (La Marseillaise, La Provence), télé... A la fin de l’évacuation (il ne faut pas dire expulsion) qui s’est déroulée sans violence, avec fatalisme, un engin de chantier est venu déposer des blocs de rocher pour empêcher tt accès au site.

Que vont devenir ces familles (les parents avaient un travail, les enfants allaient à l’école depuis des mois dans le quartier) ? Qui s’en soucie ? Elles sont parties vers l’Etang de Berre.

Force est restée à la loi. Une partie de la loi, puisque la Mairie de Marseille, qui a demandé l’expulsion, ne propose qu’une aire d’accueil aux gens du voyages au lieu des deux exigées.

Y avait-il une urgence quelconque à cette opération ? Non ; mais le campement faisait tache ds le paysage de l’ensemble immobilier en construction à 100m. Difficile de vendre des appartements ds ces conditions...

Jean

— -
Les policiers ont évacué ce matin une quarantaine de familles qui stationnaient sur un emplacement public, appartenant à la mairie, sur le site des anciens abattoirs de Saint-Louis à Marseille (15e).

Les caravanes ont quitté les lieux sans heurts avec les forces de l’ordre peu avant 9h. Les familles, toutes françaises, réclament un lieu de stationnement que la mairie refuse de leur octroyer.


http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/condamn-s-errer-sans-aire.html


Condamnés à errer, sans aire

07-10-2010

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EXPULSION GITANS LS.resized

Élagueurs, rempailleurs, peintres ou forains, des familles françaises à qui on refuse le droit de cité.
Abattoirs. Une quarantaine de caravanes expulsée sans avoir fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.


« C’était dur le réveil à 6h30 avec tous ces policiers.
 » Frédéric, douze ans, a les yeux encore collés de sommeil et s’inquiète : « Demain je vais rater l’école ». Sa mère lui promet : «  Même si on doit faire 30 km pour aller à Consolat, on y sera. » Scolarisé depuis la maternelle à Marseille, il n’en est pas à sa première expulsion. « Même si on capitule devant les forces de l’ordre, même si on a la loi avec nous, on ne s’y fait pas. Mais est-ce qu’on a le choix ? C’est ça ou on risque de se faire écrabouiller la caravane. Et 30 000 euros, c’est pas rien », réagit le père, auto-entrepreneur d’une société de peinture.

Face à l’armada de CRS qui balise le chemin à l’entrée des anciens abattoirs, les moteurs démarrent, les caravanes décampent. Sans vraiment savoir où aller puisque les pouvoirs publics sont incapables de leur fournir une solution. «  Cette expulsion est organisée par le maire et le préfet en toute illégalité », estime Alain Fourest. Durant une heure, le président de Rencontres Tsiganes, accompagné de Philippe Dieudonné, militant de la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont tenté de discuter avec les services de la Ville et de la Préfecture, en vain.

Faute d’aire d’accueil, ces familles sont installées depuis un mois, une semaine pour quelques-unes, sur le terrain vague destiné, un jour, à la future grande mosquée de Marseille et en bordure d’un programme immobilier prêt à la vente. Selon la loi du 5 juillet 2000, la ville de Marseille devrait pourtant posséder deux aires d’accueil pour les gens du voyage. Une seule existant, le maire ne peut demander l’expulsion.

Or, non seulement « la décision du tribunal qui ordonne l’expulsion du jour en date du 20 août 2010 concerne 7 personnes qui ont quitté le terrain depuis plus d’un mois, explique Alain Fourest, ce qui interdit le recours de la force publique ». Mais en plus, le tribunal administratif de Marseille a par deux fois, condamné le préfet des Bouches-du-Rhône. Le 14 novembre 2006, « à déterminer les emplacements susceptibles d’être occupés à l’occasion de rassemblements occasionnels dans un délais de six mois ». Puis le 30 décembre 2008, « à une astreinte de 500 euros par jour de retard en cas d’inexécution ». Sans suite.

Mais les deux militants ont eu beau exposer les faits, la puissance publique a des ordres. Les caravanes disparaissent, peut être vers Châteauneuf-les-Martigues… Une grand-mère reste sur place. Son petit-fils va revenir la chercher. « On a trois caravanes mais une seule voiture », explique Odette, 87 ans qui ne comprend plus ce monde : « Pendant 30 ans j’ai animé des fêtes, celle du prince à Monaco, celle de Menton, Nice ou Grâce…à l’époque on était bien reçu. »


Communiqué

Le Maire de Marseille et le Préfet des Bouches-du-Rhône « campent » dans l’illégalité.

Rendez-vous demain mercredi 8 h sur place aux Abattoirs (en face de l’école de la deuxième chance)

Voilà plusieurs semaines qu’une quarantaine de familles de voyageurs se sont arrêtées sur le terrain des anciens abattoirs à Marseille. Ils ne créent aucune gêne pour le voisinage et elles sont cependant harcelées par la police qui exige leur départ et les menace de recourir à la force en prétextant une décision du tribunal à la demande du Maire de Marseille. Un tel comportement met en question l’égalité des citoyens devant la loi et s’analyse comme une discrimination manifeste pour les raisons suivantes.

1°La décision du Tribunal en date du 20 août 2010 concerne 7 personnes qui ont quitté le terrain depuis plus d’un mois. A notre connaissance, aucune des personnes actuellement sur place n’a fait l’objet d’une poursuite judiciaire réglementaire. En conséquence, toute intervention des forces de l’ordre vis-à-vis de ces familles serait illégale.

2° La loi du 5 juillet 2000 impose à la ville de Marseille de créer deux aires d’accueil pour les gens du voyage. Une seule est ouverte actuellement et le maire ne peut donc s’en prévaloir pour demander une expulsion. Le Maire a été mis en demeure par le Préfet de réaliser cette deuxième aire. Le préfet des Bouches-du-Rhône a en effet été condamné par le tribunal administratif le 22 décembre 2009 à « mettre en demeure les communes de respecter leurs obligations relatives au schéma départemental d’accueil des gens du voyage dans un délai de deux mois à compter de la notification.

3° Le Tribunal Administratif de Marseille a, par deux fois condamné le Préfet des Bouches-du-Rhône dans les termes suivants le 14 novembre 2006 : « …enjoint au Préfet des Bouches-du-Rhône de déterminer les emplacements susceptibles d’être occupés temporairement à l’occasion de rassemblements traditionnels ou occasionnels et ce dans un délai de six mois à compter de la date de notification du présent jugement » Le Préfet n’ayant pas donné suite à cette première injonction le même tribunal l’a à nouveau condamné le 30 décembre 2008 dans les termes suivants :... « ..l’injonction prononcée par le jugement du 14 novembre 2006 est assortie d’une astreinte de 500€ par jour de retard en cas d’inexécution à l’issue du délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement… » A notre connaissance, aucune suite n’a été donnée à cette injonction et l’astreinte de 500 € par jour court depuis mars 2009.

Nous nous opposerons à toute tentative de recours à la force publique pour chasser ces familles du terrain municipal qu’elles occupent
Nous nous élevons une fois de plus devant une telle inégalité devant les lois de la République et exigeons une justice égale pour tous.

Marseille le 5 octobre 2010

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