Une tribune pour les luttes

Fédération de Seine Saint Denis

La violence policière n’est pas la réponse aux inquiétudes de la jeunesse pour son avenir

Article mis en ligne le vendredi 15 octobre 2010

Hier la journée a été marquée par des mobilisations importantes de la jeunesse des lycées. Les manifestations ont donné lieu à de vifs incidents en plusieurs endroits en France et en particulier en Seine Saint-Denis, attisés par des interventions massives et brutales des forces de l’ordre. Un lycéen de Montreuil, âgé de 16 ans, a été blessé à l’oeil par un tir de flash-ball.

C’est la deuxième fois qu’une telle déviance répressive de la fonction policière se produit dans cette ville : rappelons qu’en juillet 2009 un manifestant avait subi une blessure grave au visage. La Commission nationale de déontologie de la sécurité, saisie l’an passé par le député Jean-Pierre Brard, avait constaté le « non-respect du cadre légal d’utilisation » et le « non-respect de la doctrine d’emploi technique de ces armes », mais également la « méconnaissance des instructions relatives aux personnes touchées », « l’absence de débriefing de la part de la hiérarchie » ainsi que « des manquements professionnels graves ». Un an plus tard, aucune leçon n’a été tirée.

A l’évidence, les forces de l’ordre sont instrumentalisées dans le cadre d’une stratégie de tension qui vise, non pas tellement à faire rentrer la jeunesse dans le rang, mais à provoquer une montée des affrontements susceptible d’être récupérée par le pouvoir contre le mouvement social en cours. La LDH dénonce cette stratégie irresponsable choisie par les autorités et les interventions policières qui attisent l’incendie qu’elles prétendent combattre.

Et comme la sénatrice maire de Montreuil, nous nous demandons «  Le pouvoir est-il à ce point fébrile qu’il en soit réduit à ce genre de provocation ? Que vaut donc un pouvoir politique et quelle est sa légitimité quand il en est réduit à tirer sur ses enfants ? »

Pour autant, et pour reprendre un courrier que vient d’adresser notre section de Montreuil à Dominique Voynet, maire de la ville, "les étudiants sont majeurs et les lycéens en partie, et donc leur expression politique doit être considérée comme une chance pour la démocratie et non un danger, comme cela ressort de nombreuses déclarations. D’autre part, au sein du lycée, les élèves et même les collégiens sont sollicités pour occuper des fonctions de représentation au sein de l’institution, afin de leur permettre d’exprimer la voie de ceux qui les ont élus. Leur intérêt pour le débat politique général, même s’il est bien sur extérieur au lycée, n’est donc que la continuité de cet intérêt pour les affaires collectives."

Enfin ils savent aussi bien que leurs parents quelles vont être leurs difficultés pour trouver un emploi stable et correctement rémunéré, quels risques ils courent de voir leur parcours professionnel passé à la moulinette des stages, des CDD, et des licenciements, voire du plafond de verre pour les migrants, et donc combien la retraite à taux plein est pour eux un horizon lointain que la réforme fait reculer un peu plus jusqu’à le rendre inaccessible. Derrière la révolte, il y a la conscience d’une société injuste, dure avec les pauvres et douce pour les plus riches. Autant de raisons que nous avons d’être à leurs côtés.

Non aux violences policières et à la stratégie de tension !

La contestation lycéenne mérite une autre réponse !

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