Une tribune pour les luttes

La 6ème tentative d’expulsion de Fayçal Tabbabi a échoué.

Samedi 10h.30 : Grâce à la détermination des marins et au rassemblement des militants marseillais informant les passagers de 6h. à 10h., Fayçal a été redescendu du bateau.
Maintenant, il faut que son droit à l’asile soit reconnu, qu’il soit libéré et régularisé.
Dernières nouvelles : Fayçal a été conduit au CRA de Marseille.Vous pouvez aller l’y visiter dès cet après-midi.

Article mis en ligne le samedi 23 octobre 2010


Le soir du 22 octobre

Expulsion prévue le samedi 23 octobre 2010 par bateau au départ de Marseille vers Tunis par la compagnie SNCM à 11H30.

Rendez-vous pour une distribution de tracts aux passagers à partir de 6h. à la porte Chanterac



Fayçal Tabbabi face à sa 6ème tentative d’expulsion

Après avoir résisté 5 fois à son expulsion Fayçal Tabbabi, la Préfecture De la Loire Atlantique 44 a décidé sa reconduite le samedi 23 octobre 2010 par bateau au départ de Marseille vers Tunis par la compagnie SNCM (La Société Nationale Maritime Corse Méditerranée) à 11H30.

Tunisien originaire de la ville de Redeyef, située dans le bassin minier de Gafsa. Fayçal a participé dans son pays au mouvement de protestation pour le droit au travail et la dignité et contre la répression du pouvoir tunisien. Comme beaucoup de manifestants ayant fui leur pays, Fayçal a des craintes fondées en cas de retour forcé en Tunisie.de se voir arrêter et maltraiter.

Lors de son dernier passage au Centre de rétention de Rennes en février 2010, Fayçal avait résisté à 4 tentatives d’expulsion et a été transféré dans 3 centres de rétention différents avant d’être finalement remis en liberté par le juge à l’issue du 4è refus avec une interdiction du territoire de 2 ans !

Cette fois-ci Fayçal Tabbabi fait partie des 5 jeunes tunisiens, qui occupaient la Tour du Sillon de Bretagne à Saint-Heblain près de Nantes. Ils ont été arrêtés sur dénonciation et placés au CRA de Rennes. Ils sont tous sont issus de la ville sinistrée de Redeyef. Sur ses 5 compagnons (Fayçal Tabbabi, Marouane Ahmédi, Abid Ben Abdellah, Kamel Ben Abdellah, Saad Ben Abdellalh) l’un d’eux a été expulsé le 15 octobre à la 2è tentative et les 3 autres ont été libérés par la Cour d’Appel de Rennes le 16 octobre. Il ne reste donc plus que Fayçal Tabbabi qui a prouvé pour la 5è fois le 14 octobre sa détermination à résister à sa reconduite malgré les violences policières.

Fayçal Tabbabi est le cousin de Yaya Tabbabi qui occupait également le même immeuble à Saint Herblain avant d’être viré par la police le 15 décembre 2009. Suite à cette expulsion Yaya Tabbabi avait choisi de partir en Belgique où il avait été interpellé le 31 Décembre 2009 avant de décéder 3 jours plus tard au centre de rétention de Vottem.

La FTCR réitère son soutien à Fayçal Tabbabi et ses camarades et demande aux autorités françaises leurs libérations et la régularisation de leurs situations ainsi que celles des tunisiens originaires de Redeyef qui occupent actuellement le « Sillon de Bretagne » à Nantes.

La FTCR, association issue de l’immigration, milite pour l’égalité des droits et en l’occurrence le droit à la libre circulation et de résidence. Elle

- Dénonce la politique de la France en matière d’expulsion des ressortissants étrangers y compris tunisiens ;

- Dénonce également la collaboration des instances consulaires tunisiennes qui délivrent des laissez-passer pour les tunisiens en centre de rétention ;

- Exige des autorités françaises la libération des cinq jeunes tunisiens arrêtés et détenus en rétention ;

- Dénonce la politique d’immigration poursuivie par le gouvernement français et ses conséquences néfastes en termes de racisme, de xénophobie, de discrimination.

La FTCR

Paris le 21 octobre 2010


Voir aussi Mille Bâbords 15379 et 10550

La peur ne doit pas poursuivre les Tunisiens de Redeyef-Gafsa jusqu’en France

Communiqué de presse

Le 27 février 2009

Les habitants de Redeyef, bassin minier-phosphate de Gafsa-sud-ouest de la Tunisie ont manifesté pacifiquement durant toute l’année 2008 contre le chômage, l’injustice et la vie chère. Le pouvoir tunisien a choisi une politique de répression aveugle et brutale. La ville de Redeyef subit un contrôle renforcé du déplacement des habitants aboutissant à un véritable état de siège avec perquisitions, pressions sur les familles, chasse aux jeunes... Il faut rappeler le bilan de la répression : trois personnes mortes dont deux manifestants tués par des balles policières en mai et juin derniers, de très nombreux blessés, plus de 200 habitant.e.s de Redeyef emprisonné.e.s, plusieurs d’entre eux torturés dans les prisons...

33 tunisiens, syndicalistes, enseignants, ouvriers, étudiants, jeunes chômeurs ont été, en appel le 3 février, une nouvelle fois concondamnés par le tribunal de Gafsa, à des peines allant de 1 an à... 8ans de prison. Les peines prononcées montrent une véritable volonté de la part des autorités de « châtier » les animateurs du mouvement de pro testation dont les revendications ne dépassaient pas le droit au travail. Le procès s’est affranchi du respect de la légalité. Le juge a refusé de prévoir une nouvelle audience pour permettre aux avocats de préparer leur plaidorie sur la base des nouveaux éléments apportés par les accusés. Il met en évidence l’in gérence du pouvoir dans ce jugement.

Pour échapper à la répression, aux poursuites policières et pénales puisque la justice de leur pays n’est pas indépendante, des dizaines d’habitants de la région de Redeyef, les jeunes en particulier, se sauvent et demandent refuge à la France. Ils arrivent à Nantes naturellement, où ils ont parents et amis installés de longue date. On se rappelle que dans les années 70, les entreprises nantaises recrutaient à Redeyef ; ainsi, sensiblement 2 000 personnes originaires de Redeyef vivent à Nantes.
(...)

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