Une tribune pour les luttes

Collectif Les mots sont importants

Pour le Malien
Une vie = une vie

par Pierre Tevanian
+ Communiqué du CSP 92 sur l’hommage rendu à Mamadou Marega
Rassemblement devant la Préfecture des Hauts-de-Seine à Nanterre mercredi 8 décembre 2010 à 13H00

Article mis en ligne le lundi 6 décembre 2010

Communiqué du CSP 92 !

Suite à l’appel de l’ANC ( Alliance Noire Citoyenne) avec le soutien du CSP 92, plus de 200 personnes étaient venus ce jour à 15 h rendre hommage sur le lieux du décès de Mamadou Marega membre du CSP 92 décédé à Colombes dans la nuit du 29/30 novembre 2010.

Lors de ce CRV, l’hommage a été fait par le CSP 92 en présence de sa famille qui était venu, son oncle, ses tantes, un grand nombre de sans papiers du CSP 92, des membres de l’ANC, l’ Association des Maliens de France, le Conseil des Maliens de France, le NPA , les Elus de la Mairie de Colombes, des Mouvements Africains , des voisins de l’immeuble qui connaissaient bien Mamadou, ses amis, et beaucoup de sympathisants.

Le moment solennel à 16h, avec l’ensemble de toutes ces personnes présentes a rendu ce qui appartient au Défunt, son nom, son prénom, son histoire, et sa dignité à travers une déclaration par Saddok GUITOUN Coordinateur du CSP 92 au nom de sa famille :
« Nous déclarons ce jour que Monsieur MAMADOU MAREGA né le 11 janvier 1972 au Mali est décédé au 555 Avenue Gabriel Péri à Colombes dans la nuit du 29/30 novembre 2010 ».
Cette déclaration aussi symbolique soit-elle a rendu à juste titre à Mamadou Marega son existence pendant un instant ici en France, en racontant aussi son parcours, son histoire, à travers tout cela faire connaitre aux uns et aux autres « c’est quoi exactement la vie d’un sans papiers et être un sans papiers ».
Mamadou n’était pas un délinquant ou un voyou, ou un escroc, encore moins un malade mental, c’était un garçon qui voulait comme tout être humain vivre travailler et surtout envoyé de l’argent à sa famille qui attendait beaucoup de lui et qui est vraiment dans le besoin.Voyant la police débarqué Mamadou a agit comme tout les sans papiers c’est-à-dire fuir le plus rapidement et ne pas se faire arrêter car dans sa tête (vu qu’il a un APRF et un OQTF datant moins !
d’un an sur le dos) il s’est dit c’est directement mon !
expulsion, un retour à la case de départ, donc il faut courir sans se faire attraper, il n’avait que cela dans sa tête.

Ce n’est pas un forcené comme il a été présenté par le Ministre de l’Intérieur ainsi que dans les JT et les journaux, c’est tout simplement un être humain qui s’est vu menacé dans sa vie et qui a essayé de se protéger d’une éventuelle expulsion, voila le délit qu’il a commis.Qu’il repose en paix.

Le Prochain RDV c’est le : MERCREDI 8 DECEMBRE 2010 à 13 H devant la Préfecture des Hauts de seine à Nanterre.

Tous ensemble Pour que la vérité soit connu sur la mort de Mamadou

Boulogne le 5 décembre 2010

Le CSP 92 : 0650 70 10 03


http://lmsi.net/Pour-le-Malien

3 décembre

Il n’a pour nous ni nom, ni visage, ni femme ni enfants, ni frères ni sœurs, ni père ni mère, ni ami-e-s en deuil. Les premières dépêches l’ont appelé « un Malien », les suivantes l’ont appelé « le Malien ». Certains journalistes l’ont ensuite appelé, encore plus salement, « le forcené », parce que son « gabarit » – seule information à laquelle nous avons eu droit – était « impressionnant », dixit la sacro-sainte « source policière », et parce qu’avec un marteau il avait « blessé légèrement » quatre policiers qui tentaient, à coups de gaz et de décharges électriques, de le « neutraliser » – c’est comme ça qu’on parle dans la France de 2010.

Le Malien, comme nous devons l’appeler, comme il a été décidé que nous devions l’appeler, est mort le mardi 30 novembre 2010 à l’âge de 38 ans, « à la suite d’une interpellation policière ». Plus précisément, on nous dit que la police cherchait à l’interpeller, au départ, pour une altercation avec un voisin, puis qu’il s’est avéré, circonstance aggravante, être un sans-papiers sous le coup d’un «  arrêté de reconduite à la frontière ».

Le «  forcené » risquait donc, tout bonnement, l’expulsion forcée – et par conséquent, en voulant à tout prix échapper à la police, et en n’hésitant pas pour cela à blesser légèrement quatre policiers, il n’a eu qu’une réaction parfaitement humaine et compréhensible, que chacun-e d’entre nous aurions pu avoir à sa place.

Cela, personne ne l’a souligné, ni dans les brèves dépêches qui ont « couvert l’événement », ni dans les quelques « réactions politiques » que ledit événement a suscitées. Trois jours ont passé et le débat est clos. Le Malien est aux oubliettes. Tout au plus une partie de la gauche – grosso modo celle qui est à la gauche du Parti socialiste – demande une enquête, voire un moratoire, sur les effets du «  taser », dont les décharges de 50000 volts sont peut-être bien pour quelque chose dans la mort brutale d’un homme qu’on nous décrit par ailleurs comme robuste. Fidèles à une longue tradition, les syndicats policiers plaident sans le moindre fondement la « légitime défense » tandis que les plus hautes autorités de l’État – en la personne du ministre Brice Hortefeux – couvrent l’homicide en nous expliquant qu’il n’y avait pas d’alternative, sinon « les armes à feu ».

Quant à la Justice, par la voix du procureur chargé de l’enquête, elle nous dit prudemment qu’aucune «  conclusion définitive » ne peut être tirée quant à l’origine du décès, même si l’autopsie tend à privilégier l’hypothèse d’une mort par «  asphyxie », liée à l’absorption massive de gaz lacrymogènes et attestée par des traces de sang dans les poumons du défunt.

L’événement ne pose en somme pas d’autre question que celle, purement technique, des modalités les plus adéquates d’une mise à mort : vaut-il mieux gazer, électrocuter ou simplement abattre, à l’ancienne, ces « Maliens forcenés » qui vont jusqu’à « blesser légèrement » des policiers pour échapper à une expulsion ?

La question qui n’est pas posée, même par celles et ceux qui ont raison d’appeler à l’arrêt de l’usage des «  tasers », est celle beaucoup plus vaste, profonde et ancienne, de la violence policière, plus précisément du permis de tuer hors légitime défense dont bénéficient de facto les policiers, et des politiques étatiques qui rendent ces homicides non seulement possibles, mais plus que cela : nécessaires [1]. Il est évident en effet que le taser est une invention abjecte, et il est peu douteux, même s’il s’avérait que c’est l’asphyxie qui au final « a entraîné la mort », que l’usage dudit taser n’a rien arrangé, mais ce n’est pas la première fois que la police, avec ou sans armes, tue un sans-papiers, un immigré ou un « jeune de cité », en essayant de le «  neutraliser ». Et si ces mises à mort engagent la responsabilité individuelle de chaque agent qui accepte d’honorer à ce prix les missions qu’on lui confie, elles engagent aussi, et il serait bon d’en parler, les ministres qui conçoivent lesdites missions et font, du « chiffre » en général et en particulier de l’« objectif chiffré » de « 25000 reconduites à la frontières par an », un impératif catégorique au regard duquel la vie humaine – ou en tout cas malienne – ne vaut pas grand chose.

Si tel n’était pas le cas, si une vie malienne valait une vie bien française et bien blanche, il serait évident pour tout le monde que, face à un sans-papiers fuyant une expulsion – autrement dit : un homme désarmé ne mettant en danger la vie de personne – l’alternative aux décharges électriques de 50000 volts n’est ni l’arme à feu, ni l’asphyxie par le gaz, ni (comme ce fut le cas pour d’autres « bavures ») l’étranglement. Il serait évident qu’en ces circonstances, des « gardiens de la paix » dignes de ce nom, dans une « démocratie » digne de ce nom, n’ont rien de mieux à faire que de le laisser fuir. Si cet « abandon », cette «  abdication », ce «  laxisme » vous révolte, s’il vous révolte plus que la possibilité – maintes fois actualisée – d’une mort d’homme, c’est bel et bien que la chasse aux sans-papiers est devenue un impératif catégorique, une fin qui justifie tous les moyens, et que cette mort d’homme ne vaut pas d’autres morts d’homme – ou, pour le dire autrement, que cet homme ne vaut pas d’autres hommes, ne vaut pas non plus le chien ou le chat dont la mort nous désole, ne vaut en fait à peu près rien.

Ces mots choquent, je le sais d’expérience. Comme je sais d’expérience, même si j’ai beaucoup de mal à le comprendre, que même à gauche je choque beaucoup de monde si je conclus qu’il y a un racisme d’État et que ce racisme est meurtrier, et si je précise que la police exécute, que l’État commandite et qu’il y a trois jours, un homme a été tué soit par gazage soit par électrocution. Ces mots tellement « excessifs » et « inacceptables » vont indigner, scandaliser, révolter des gens que n’a pas vraiment indignés, scandalisés, révoltés la mort « du Malien », et qui n’ont pas jugé « excessifs et inacceptables » les mots «  forcené », « neutraliser » ou « légitime défense », et cette hiérarchie des indignations résume à elle seule la barbarie dans laquelle s’enfoncent nos pays «  civilisés ».

De cette mise à mort barbare tout juste déplorée le mardi 30 novembre à 20H20 et oubliée dès le lendemain, il importe donc de se souvenir. Il importe de rappeler que ce n’est pas d’un « forcené malien » qu’il s’agit mais d’un homme, qui n’était pas que malien et qui n’était pas du tout « un forcené ». Qu’il n’a pas été « neutralisé » mais tué. Qu’il n’est pas « mort d’asphyxie » mais a été gazé et électrocuté. Que le coupable ne se nomme pas «  Taser » mais Police nationale, Hortefeux, Sarkozy, et surtout « Maîtrise des flux migratoires ». Que sont en cause non seulement « 50000 volts » mais aussi « 25000 reconduites à la frontière ». Que ce n’est pas un « fait divers » mais une affaire d’État.

Il faudra du temps et des luttes pour imposer cette vérité. Dans l’immédiat, que repose en paix le Malien sans nom et sans visage, et à ses parents et ami-e-s sans existence médiatique, toutes nos condoléances.

P.-S.

Dédiée au Malien : La chasse est ouverte, par le MAP.
http://www.youtube.com/watch?v=C9EB...

Notes

[1] Une exception : le Communiqué du NPA (http://www.npa2009.org/content/traq...), qui aborde, au-delà du débat sur « la dangerosité d’une arme », celui de la « politique raciste et xénophobe » qui mobilise ces armes

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2 Messages

  • Le 6 décembre 2010 à 13:31, par

    Mahamadou Maréga, un Malien âgé de 38 ans est décédé dans la nuit de lundi 29 au mardi 30 novembre 2010 à Colombes dans les Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne, après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques, le Taser.

    C’est suite à une course poursuite derrière ce ’’ sans papier malien’’ que la Police française a fait usage de cet instrument mortel. A Bamako, la riposte s’organise. «  Ce n’est pas la première fois qu’un Malien est poursuivi par la Police française et que mort s’ensuive. En fin 2008, ce fut Baba Traoré qui a été poursuivi et dont la course s’est terminée par une noyade dans le fleuve. Son corps avait été rapatrié au Mali », a rappelé, Ousmane Diarra, président de l’Association malienne des expulsés. Au Mali, nous avons une centaine d’Associations de défenses des droits des immigrés, nous les avons toutes invitées à se réunir pour mettre ensemble leurs expériences et dégager des mesures à prendre d’ici la fin de la semaine, nous a précisé Ousmane Diarra.

    Il pourrait s’agir d’une grande manifestation à l’échelle nationale, mais aussi en France. L’AME est aussi en contact permanent avec ses homologues de France pour contribuer à ce que les enquêtes, au sujet de la mort de Mahamadou Maréga, dont le corps sera rapatrié au Mali la semaine prochaine, soient menées à bien. Le Réseau Education sans frontières, la Confédération Générale des Travailleurs (syndicat) et la Cimade sont mobilisés en France pour l’aboutissement des actions en cours ou qui seront entreprises/

  • Le 19 décembre 2010 à 00:56, par

    c un scandale se qui s’est passé pour mamadou marega que son ame repose en paix qu’allah les punisse pour leur geste de mecreant mamadou marega est decede allah la appelée mais les policiers on mal fait leur boulot se sont des professionnelles soit disant il fo leur enleve leur insigne il ne savent pas se que sa represente et monsieur hortefeux alors faut le mettre sur le terrain comme sa il va bien voir que les policiers font un tri sur qui ils protege et qui il doivent tuer vous n’avez pas remarque que monsieur sarkozy n’a pa intervenu c bizarre moi je veut juste dire que les menbres de la famille sont sans voix.

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