Une tribune pour les luttes

Jeudi-Noir s’installe à Matignon... ... avec vue sur l’Elysée
pour dénoncer l’indifférence du gouvernement vis-à-vis d’une crise du logement
qui s’aggrave à mesure que se gonfle la bulle immobilière.

Communiqué : Le slogan d’Axa pour son procès du 4 février contre Jeudi Noir « Réinventons l’expulsion »

Audience à Paris vendredi 4 février 2011

Article mis en ligne le vendredi 4 février 2011

à 9h30, au tribunal d’instance du 8e arrondissement, 3 rue de Lisbonne.

Le 7 janvier, AXA, le propriétaire de l’immeuble de 2500 m² avenue Matignon déclarait aux mal-logés qui l’occupent : « nous n’engagerons pas de poursuites judiciaires contre vous, nous sommes prêts à négocier ». Ceux qui ont cru les promesses de la première compagnie d’assurance d’Europe en sont pour leurs frais.

En fait de négociation, Les trente habitants de l’immeuble (travailleurs précaires, étudiants et familles mal-logées) ont reçu convocation au tribunal d’instance du 8e arrondissement. Les huit étages du 22 avenue Matignon sont laissés vides depuis 4 ans par le groupe, mais l’assureur a pris soin, au cœur de l’hiver, de demander au juge la suppression du délai légal de deux mois avant expulsion.

Pourtant, depuis 4 ans rien n’empêche Axa de louer les huit étages du bâtiment. Il peut aussi très bien les transformer en logement s’il ne trouve pas de locataire pour des bureaux, ce qui pourrait grandement contribuer à réduire la pénurie. Mais, en gestionnaire sans égal, l’assureur préfère les garder vides…

Selon un document commandé par Axa et remis au juge, la valeur de l’immeuble ne s’élèverait qu’à 13,5 millions d’euros. A 5400€ le mètre carré habitable, dans un arrondissement qui ne compte que 2,1% de HLM, aucun bailleur social ne peut refuser de l’acheter pour loger quelques-uns des 130 000 demandeurs de la capitale.

Location ou vente, les solutions gagnantes pour le propriétaire ne manquent pas. Jeudi Noir demande simplement à ce qu’Axa utilise son immeuble. Et le collectif s’engage, comme à son habitude, à quitter les lieux dès que ceux-ci auront retrouvé une vocation.

Mais l’assureur n’a qu’une idée en tête : expulser les occupants. Le procès de vendredi consacrera-t-il une nouvelle fois le droit de ne rien faire de sa propriété ? Reconnaîtra-t-il aux mal-logés le droit de passer quelques mois dans des bâtiments que les trop riches laissent vides pendant des années ?

Si encore les citoyens pouvaient compter sur l’Etat pour faire appliquer le droit au logement… Mais les voisins locataires de la place Beauvau et de l’Elysée sont trop occupés à faire voter des lois qui facilitent les expulsions (LOPPSI2) et n’ont pas le temps de lire le rapport de la Fondation Abbé Pierre, dénombrant plus de 3.6 millions de mal-logés en France. N’en déplaise à Benoist Apparu, la crise du logement est bien réelle et ce ne sont pas ses mesurettes qui changeront la donne. Pas plus que les CRS qui bloquent l’entrée du 22 avenue Matignon.


18 ÉTAGES ET 2 500 M²

JPEG - 26.2 ko

Le procès du collectif Jeudi Noir, qui devait avoir lieu mardi matin à 9h30 au Tribunal d’Instance de Paris 8ème, a été reporté au 4 février.


www.jeudi-noir.org

Jeudi-Noir en procès contre AXA

L’assureur Axa assigne devant la Justice les occupants de l’immeuble du 22 avenue Matignon soutenus par Jeudi Noir.
Le procès aura lieu mardi 25 janvier à 9h30 au tribunal d’instance du 8ème arrondissement, 3 rue de Lisbonne (Métros St Lazare, Europe ou Saint-Augustin). Le collectif vous donne rendez-vous dés 9h sur place.

Depuis le 27 décembre 2010, une trentaine de membres du collectif Jeudi Noir (travailleurs précaires, étudiants et familles mal-logées) habitent au 22 avenue Matignon.

Si cette réquisition citoyenne offre un répit au cœur de l’hiver, elle vise surtout à dénoncer l’indifférence du gouvernement vis-à-vis d’une crise du logement qui s’aggrave à mesure que se gonfle la bulle immobilière. Alors que le Gouvernement n’a d’autre réponse à apporter aux mal-logés que la répression renforcée par la loi LOPPSI2, la réquisition du 22 avenue Matignon prend encore plus de sens et devient le navire amiral d’une société qui refuse un gouvernement liberticide.

Comme à son habitude, Jeudi-Noir s’engage à quitter le bâtiment dès qu’AXA lui aura trouvé une affectation. Dans l’attente, Jeudi-Noir ne désespère pas de trouver une solution à l’amiable qui éviterait une nouvelle expulsion de 30 mal-logés au cœur de l’hiver.

Le sort des habitants est soumis à la décision de justice qui devrait être prononcée très rapidement. Les galériens continuent de croire en une convention de bail précaire pour réconcilier droit au logement et droit de ne rien faire de sa propriété.

Au quotidien, la force publique exerce toujours un blocus illégal et ridicule (voir best of ci-dessous) du bâtiment. Depuis le 7 janvier, la Préfecture assiège littéralement le bâtiment : après avoir bloqué l’entrée de nourriture pendant 48 heures, ce sont depuis 2 semaines duvets, radiateurs et autres biens nécessaires au quotidien qui ne peuvent entrer. Chaque fois, ce sont d’interminables discussions pour laisser entrer dans le bâtiment un radiateur pour se chauffer, jusqu’aux tabourets ou... aux pommes ! A croire que la police n’a rien de mieux à faire…

A noter également : Lundi 24 janvier à 11h : Le Collectif des Associations Unies présentera ses vœux pour une nouvelle politique du logement, 22 avenue de Matignon. Devant le bâtiment, à cause du blocus exercé par la préfecture.

Best of du blocus, offert par la Préfecture de Police de
Paris.

- 
Article : « Un blocus pas
très net contre Jeudi-Noir »
 http://humanite.fr/14_01_2011-un-blocus-pas-tr%C3%A8s-net-contre-jeudi-noir-462346

- 
Vidéo la
police bloque l’entrée de carottes et de pomme http://www.dailymotion.com/video/xgngd3_blocus-matignon-carottes-et-pommes-img-4955_news

- 
Vidéo la police bloque l’entrée
d’une barre de douche : http://www.dailymotion.com/video/xgna1s_blocus-matignon-meme-une-barre-de-douche_news

- 
Vidéo les
squatteurs affamés par les forces de l’ordre
http://www.dailymotion.com/video/xggysj_les-squatteurs-de-matignon-affames-par-les-forces-de-l-ordre_news


Vidéo Images in vivo 07/01/2011
Manuel d’occupation pour squatter militant
http://www.liberation.fr/societe/06...

http://www.jeudi-noir.org/


Pétition

Soutenez l’action du collectif Jeudi-Noir, qui milite contre le mal-logement et se retrouve aujourd’hui victime d’un abus de pouvoir des forces de l’ordre.

Le collectif Jeudi-Noir a réquisitionné depuis le 27 décembre 2010 un bâtiment de 2500 m² dans le 8ème arrondissement de Paris. Une réquisition citoyenne d’un bâtiment vide depuis 2007, qui permettent à vingt-cinq personnes mal ou non logées, d’avoir un répit et un toit. C’est aussi l’occasion pour nous d’alerter l’opinion publique et les politiques sur l’inexistence de politique en matière de logement dans notre pays.

Un huissier est venu constater l’habitation du lieu le lundi 3 janvier 2011.

À ce jour, le propriétaire des lieux n’ayant pas porté plainte, et tant qu’aucun jugement ne nous déclare dans l’illégalité, le collectif sans droit ni titre est chez lui, au 22 avenue Matignon et non expulsable.

Malgré cela, depuis le vendredi 7 janvier 2011, jour de l’officialisation du bâtiment, les habitants et soutiens qui y vivent actuellement subissent un blocus policier. Ce blocus, implanté par la préfecture et illégal et constitue une entrave, notamment à la liberté de circuler. Cela se traduit par l’interdiction de pouvoir faire entrer du matériel dans le bâtiment (chauffage, matelas, four, chaises).

Le 12 janvier, suite à quelques échauffourées avec les gendarmes, nous avons obtenu, avec le soutien d’élus de la République, l’entrée (via leur présence), de certains tabourets et lampes.

Chaque jour, la police exerce un contrôle d’identité illégal des soutiens et habitants, contrôle les sacs des habitants, jusqu’à parfois interdire l’entrée de nourriture dans l’habitation. C’est le règne de l’arbitraire.

Aujourd’hui en France, aucune loi, aucun article n’interdit l’entrée et sortie de matériel depuis la résidence d’un particulier. Ce blocus est hors-la-loi.
Signez cette pétition !

Pour demander la levée du blocus policier illégal devant le 22 avenue Matignon, et demander que tout bien ou toute personne puisse aller et venir librement à l’intérieur de l’immeuble. Mais aussi…

Parce que nous sommes tous concernés par la crise du logement en France.
Parce qu’il y a plus de 3,5 millions de personnes mal logées dans notre pays.

Parce qu’il n’y a aucune loi sur l’encadrement des loyers.

Parce que des millions de bureaux restent vacants à des seules fins spéculatives sans qu’aucune taxe ne soit imposée à leurs propriétaires.

Parce que des millions de logements restent vides dans notre pays.

Pour que l’Etat prenne ses responsabilités, applique la loi de réquisition, et la loi SRU contraignant normalement les grandes villes à avoir au moins 20% de logement sociaux

Parce que «  pour pouvoir rêver il faut savoir où dormir ».
Nous réclamons la levée immédiate du blocus policier illégal devant le 22 avenue de Matignon, et demandons que tout bien ou toute personne puisse aller et venir librement à l’intérieur de l’immeuble.

Le collectif Jeudi-Noir.

Pétition à signer sur :
http://www.jeudi-noir.org/?page_id=1520


Face à l’inaction des pouvoirs publics contre le mal-logement, les militants de Jeudi-Noir ont investi un superbe immeuble abandonné, 22 avenue Matignon dans le 8ème à Paris[1]. Avec cette nouvelle réquisition citoyenne, à cinquante mètres de la place Beauvau et de l’hôtel Bristol, avec vue sur le palais de l’Elysée, Jeudi-Noir met le gouvernement sous surveillance.

Depuis les balcons du 8è étage de cet ancien siège de Saint Honoré Assurance (groupe LCF Rothschild), innocupé depuis 2006, les galériens du logement peuvent admirer l’Elysée, en rêvant à des pouvoirs publics qui auraient le courage de réquisitionner les locaux vides à leur place. Tous les matins en se rasant, Sarkozy devra désormais affronter la réalité de la crise du logement.

Depuis lundi 27 décembre au matin (constat d’huissier à l’appui), ce très bel immeuble de standing[2] est le nouveau domicile de trente étudiants et jeunes actifs en galère de logement depuis l’expulsion de la « Marquise », le bâtiment réquisitionné place des Vosges en 2009-2010.

Si cette réquisition citoyenne leur offre un répit au cœur de l’hiver[3], elle vise surtout à dénoncer l’indifférence du gouvernement vis-à-vis d’une crise du logement qui s’aggrave à mesure que se gonfle la bulle immobilière.

Les loyers continuent d’augmenter, les prix à l’achat ont plus que doublé en 12 ans mais le gouvernement s’embourbe dans sa politique idéologique de soutien à l’accession et de mépris pour les locataires. En supprimant la rétroactivité des Aides personnalisées au logement (APL), il économise 240 millions d’euros en 2011 sur le dos des plus mal-logés.

Il est urgent d’abandonner cette politique idéologique, de construire massivement des logements vraiment sociaux et de plafonner les loyers. Au lieu de cela, Benoist Apparu et le gouvernement gagnent du temps. Constatant les prix délirants pour les petites surfaces, le sous-ministre du Logement déclarait le 20 septembre 2010 : « Sur le principe, je ne suis pas opposé à un plafonnement de ces loyers au mètre carré, à un maximum qu’on ne peut pas dépasser. »…

Mais, comme effrayé par sa propre audace, Benoist Apparu avait tout de même tenu à donner « six mois aux professionnels de l’immobilier et aux syndicats de bailleurs pour me faire des propositions concrètes pour mettre fin à ces loyers démesurés », sous peine de quoi il promettait d’utiliser « l’arme de la réglementation ». Il n’a pas fallu 3 jours aux professionnels de l’immobilier pour répondre non au sous-ministre… Mais depuis, rien. Une fois de plus, le gouvernement a menti aux mal-logés. Le 7 janvier 2001, les mal-logés lui répondront !

Au 15 mars, les expulsions reprendront. Plus de 130.000 foyers rencontrent des difficultés pour payer leurs loyers, et les expulsions avec concours de la force publique ont augmenté de 132% en 10 ans. Quand elle était ministre, en 2008, Christine Boutin avait promis d’empêcher les expulsions. Mais depuis, rien. Une fois de plus, le gouvernement a menti aux mal-logés. Le 7 janvier 2001, les mal-logés lui répondront !

Parce qu’il y a urgence, Jeudi Noir fait des propositions constructives et crédibles ! Régulation des loyers, intervention foncière, renforcement de la loi SRU, conventions de bail temporaire, réforme des aides à la personne inflationnistes, suppression des défiscalisations à gogo, moratoire sur les expulsions locatives, taxation et réquisition des logements et bureaux vides : nos idées sont plus que jamais d’actualité.

Inauguration vendredi 7 janvier 2011
22 avenue Matignon (75008)
Portes ouvertes toute la journée, conférence de presse à 10h

§ Petit livre noir du logement, Chapitre 13 : « Les propositions de Jeudi Noir pour une autre politique du logement » : à lire ici.
 Petit livre noir du logement, Chapitre 13 : « Les propositions de Jeudi Noir pour une autre politique du logement » : à lire ici.

[1] A ne pas confondre avec l’hôtel de Matignon, situé rue de Varenne.

[2] Immeuble construit en 1976 par Vittorio Mazzucconi pour l’agence de publicité J. Walter Thompson. Des fragments d’architecture classique sont incorporés dans une façade de verre et de métal, «  compromis entre le désir du client et les contraintes du site [...] c’est le goût des ruines au xxe siècle. »

[3] Comme à leur habitude, les occupants s’engagent à partir dès que des travaux démarreront. Comme d’habitude, le propriétaire expliquera que ces travaux sont imminents. Tant mieux, mais pour l’heure il n’existe aucun projet pour ce bâtiment.


Jeudi Noir à Matignon / victoire mais la préfecture assiège illégalement le bâtiment

en direct du Matignon des mal-logés

Jeudi-Noir appelle à un rassemblement de soutien et de ravitaillement, samedi 8 janvier à partir de 15h au 22 avenue de Matignon, Paris 8ème.

Voici pour vous tenir informés de la situation dans le bâtiment avenue Matignon réquisitionné par Jeudi-Noir depuis fin décembre 2010 et de l’illégalité de l’attitude de la préfecture de police à l’égard des habitants (voir caméra cachée « home made » http://www.dailymotion.com/video/xggysj_les-squatteurs-de-matignon-affames-par-les-forces-de-l-ordre_news)

La journée du 7 a été décisive pour l’occupation. Après moult rebondissements, Jeudi-Noir obtient sur le fil une énorme et inespérée victoire avec le démarrage d’une procédure au civil. Les habitants sont soulagés, le Matignon des mal-logés tiendra au moins 15 jours jusqu’à la décision de justice, voire plus si AXA le propriétaire, continue dans la voie constructive de la recherche d’une solution par le haut via une convention de bail précaire… De quoi réconcilier droit au logement et droit de propriété…

Mais depuis vendredi 7 janvier à 10h la préfecture organise – littéralement – le siège du bâtiment : les forces de l’ordre empêchent quiconque de rentrer et les habitants qui souhaitent sortir ne peuvent revenir. La préfecture essaie d’avoir «  à l’usure » ce qu’elle ne peut obtenir légalement . Cela reste illégal. La demi-douzaine de policiers empêchent même tout ravitaillement : pas de nourriture, pas de produits de première nécessité.

Ainsi, les 30 militants-habitants de Jeudi-Noir qui occupent le Matignon des mal-logés sont assiégés illégalement.
Pourtant, cette occupation est légitime. Deux constats d’huissier (celui des habitants en date du 3 janvier et celui établi par Axa le propriétaire) attestent de notre présence et font de ce bâtiment de standing le domicile des 30 mal-logés militants.

Pendant ce temps, les loyers continuent d’augmenter, les prix à l’achat ont plus que doublé en 12 ans mais le gouvernement s’embourbe dans sa politique idéologique de soutien à l’accession et de mépris pour les locataires. Dernier exemple de la contre-politique du logement : en supprimant la rétroactivité des Aides personnalisées au logement (APL), il économise 240 millions d’euros en 2011 sur le dos des plus mal-logés.

Jeudi-Noir comprend que la préfecture et le gouvernement se sentent gênés aux entournures que des citoyens puissent pointer du doigt l’inaction des pouvoirs publics en réquisitionnant un bâtiment abandonné depuis 2006, avenue Matignon, à cinquante mètres de la place Beauvau et de l’hôtel Bristol, avec vue sur le palais de l’Elysée, et mettent ainsi le gouvernement sous surveillance…

En bloquant le ravitaillement en nourriture (Vidéo caméra cachée à l’appui… http://www.dailymotion.com/video/xg...), en empêchant les habitants d’acheter à manger, de circuler librement, d’accueillir leurs nombreux soutiens, et de se procurer des produits de première nécessite, la préfecture joue mesquin. « C’est illégal… et petit » ironise Maxim.

Jeudi-Noir appelle à un rassemblement de soutien et de ravitaillement (riz, pates, conserves, pain, esquimaux, chocolats, kinder délice, pq, mousseux, confettis..), samedi 8 janvier à partir de 15h.


Jeudi Noir : « Seule une décision de justice pourra nous déloger »

Reportage

Le collectif Jeudi Noir a investi un immeuble à deux pas de l’Elysée. Le propriétaire, AXA dépose un référé pour obtenir l’expulsion.

http://www.liberation.fr/societe/01...

Retour en haut de la page

Rubrique "Les pétitions"

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 655