Une tribune pour les luttes

Actu-chômage

25% des salariés gagnent moins de 750 €

+ Forte augmentation du travail de nuit et de sa pénibilité : 3,5 millions de personnes maintenant , dont un million de femmes.

Article mis en ligne le dimanche 6 février 2011

A lire avec les liens sur :
http://www.actuchomage.org/20110203...

Jeudi, 03 Février 2011


25% des salariés gagnent moins de 750 €

C’est ce que révèle le dernier FO-Hebdo : un quart de nos 25 millions de salariés, soit 6,25 millions de travailleurs, gagne moins de 9.000 € par an, c’est-à-dire 73% du Smic.

« Il y a trois sortes de mensonges : les petits, les gros, et les statistiques. » Pour en vouloir autant à celles-ci, Mark Twain devait sans doute être plus à l’aise avec la littérature qu’avec les mathématiques. Le romancier américain se fait le porte-parole de ceux pour qui les chiffres ne sauraient décrire la réalité sans la pervertir. Sa critique porte en réalité non pas sur les statistiques elles-mêmes, mais sur ce qu’on leur fait dire.

Prenons, par exemple, la distribution, au sens statistique, des revenus des salariés. Le chiffre le plus communément retenu pour décrire cette réalité sociale est la médiane, qui sépare les salariés en deux parts égales. Ainsi, en 2008, 50% d’entre eux touchaient moins de 1.450 € nets par mois, et 50% plus. Sauf que dans ces calculs ne sont pas englobés l’ensemble des 25 millions de salariés que compte la France métropolitaine.

L’Insee doit, depuis peu, publier un indicateur supplémentaire qui prenne en compte leur totalité : ceux qui ont connu des périodes de chômage, des petits boulots, ou qui travaillent à temps partiel. Bref, tous les salariés qui ont travaillé au moins un jour dans l’année. Et le résultat donne alors à voir une autre France d’où émerge un lumpenproletariat structurel, révélé cette semaine par FO-Hebdo dans son dossier "Portrait social : France, terre de contraste salarial".

Dès lors, la médiane tombe à 1.332 €. Mais c’est dans le bas de l’échelle que se font ressentir les différences. En 2008, les 25% des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9.000 € net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3.710 €, soit 30% du Smic. Pour deux tiers d’entre eux, il s’agit de travailleurs qui ont été amenés à multiplier les petits CDD à temps partiel payés au lance-pierre. Ceux-là ont travaillé 205 jours, s’ouvrant donc de tout petits droits au chômage. Au contraire du tiers restant, qui a occupé un vrai boulot mais sur une période réduite de moins de trois mois (peu ou pas de chômage à la clé).

Comment pourrait-il en aller autrement ? « En 2008, note l’Insee, en France métropolitaine, 25 millions de personnes ont été salariées dans l’année. Sur l’année, ces salariés ont occupé 26 millions d’emplois différents, d’après les déclarations annuelles de données sociales (DADS, annexe). Certains de ces emplois n’ont duré qu’une partie de l’année, certains sont à temps partiel. Finalement, ramenés à des emplois à temps plein toute l’année, ces 26 millions d’emplois en représentent 19 millions en équivalent temps plein (EQTP). »

On comprend donc que 6,25 millions de personnes sont obligées de jouer au jeu des chaises musicales sur un million d’emplois équivalent temps plein divisés en une multitude de petits contrats. Une sorte de time sharing du job.

La statistique de l’INSEE est de celles qui mériteraient d’être méditées : elle témoigne de l’ampleur de la baisse de la demande en France. Mais elle n’est pas, hélas, de celles qui font la Une des journaux...

(Source : Marianne)


Plus de 15% des salariés travaillent de nuit

Vendredi, 04 Février 2011

Leur nombre a fortement augmenté depuis 20 ans et la pénibilité, les tensions et les pressions seraient plus fortes que chez les employés qui travaillent de jour.

Le travail de nuit s’est développé à un bon rythme en France depuis une vingtaine d’années et concerne désormais 15,2% des salariés, soit 3,5 millions de personnes, dont près d’un tiers sont des femmes, selon une enquête publiée jeudi par le ministère du Travail.

Entre 1991 et 2009, période examinée par le service statistique du ministère (Dares), un million de salariés supplémentaires se sont mis à travailler entre minuit et 5 heures du matin. Environ la moitié d’entre eux travaille de nuit de façon occasionnelle (8%) et les autres de façon habituelle (7,2%).

L’enquête note une forte féminisation du travail de nuit depuis vingt ans, le nombre de femmes concernées ayant doublé entre 1991 et 2009 — de 500.000 à 1 million —, faisant passer leur proportion de 20% à 29%. « L’augmentation du nombre de femmes travaillant la nuit a vraisemblablement été facilitée par l’évolution de la réglementation, modifiée en 2001 : les femmes sont, à compter de cette date, autorisées à travailler la nuit dans l’industrie. La législation française s’est ainsi mise en conformité avec une directive européenne qui datait de 1976 », écrit la Dares.

Selon l’enquête, les métiers les plus concernés sont ceux de conducteur de véhicule et des membres de l’armée et de la police, professions plutôt masculines, suivis des infirmiers et sage-femmes, professions en revanche plutôt féminines.

L’enquête relève également que les personnes qui travaillent de nuit ont des salaires plus élevés que leurs collègues travaillant le jour, mais que leurs conditions de travail sont nettement plus difficiles. Le gain salarial est d’environ 7,9% pour les salariés qui travaillent habituellement de nuit, mais la pénibilité physique ou psychologique — cumul d’horaires atypiques, agressions, tensions avec les collègues et pressions diverses — sont aussi plus grandes, souligne l’enquête. Les travailleurs de nuit sont significativement plus nombreux à penser qu’ils ne « tiendront » pas jusqu’à leur retraite.

Les conséquences à court ou long terme du travail de nuit sur la santé des salariés est difficilement mesurable, dit la Dares qui cite un rapport publié en 2000 par l’Eurofound où divers troubles ont été détectés : du sommeil et digestifs en premier lieu, mais aussi gynécologiques, cardio-vasculaires et psychologiques. En effet, limitant ces salariés dans leurs activités quotidiennes, le travail de nuit accroît la probabilité d’une dégradation du bien-être et de l’insertion sociale. Il existe « des études convergentes mettant en évidence l’augmentation des risques de certains cancers chez les personnes qui travaillent de nuit, mais ces études restent en nombre insuffisant », conclut-elle.

A titre de comparaison, le ministère fournit des données sur le travail de nuit dans six pays voisins : la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Il en ressort que, sur des périodes comparables, le travail de nuit a globalement diminué partout sauf en Espagne, et que le Royaume-Uni est le champion du travail de nuit devant la France, avec environ 20% de salariés occupant ce type d’emplois.

(Source : L’Expansion).



Observatoire des inégalités

Dossier spécial très complet sur les travailleurs pauvres :
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1300&id_mot=15

24 janvier 2011

Extrait :

Les travailleurs pauvres en France

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.

Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté

Entre 1 et 1,9 millions de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (prime pour l’emploi, allocation logement, etc.) ou intégré des revenus de leur conjoint, un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian [1] dans le premier cas et à 60 % dans le second cas. Quelle que soit la définition que l’on utilise, le nombre de travailleurs pauvres a grossi de 100 000 personnes entre 2003 et 2008, et encore les données 2008 minimisent les chiffres du fait d’un changement de méthodologie. Il est d’ailleurs possible que ce nombre ait progressé depuis avec la montée du chômage.

Si l’on compte l’ensemble des personnes, conjoints et enfants compris, c’est entre 1,9 et 3,7 millions de personnes qui vivent dans un ménage pauvre dont le chef de famille dispose d’un emploi - toujours en tenant compte de l’ensemble des ressources.

Même en utilisant la définition la plus restrictive on compte presque deux millions de personnes qui vivent avec moins de 800 euros par mois pour un adulte seul [2], alors qu’elles exercent un emploi ou que leurs parents sont dans ce cas.

L’existence de travailleurs pauvres résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternances de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.


Les riches, toujours plus riches

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1374&id_mot=15

20 janvier 2011

Depuis trente ans, les revenus des plus fortunés ont grimpé dans les pays industrialisés. Ces inégalités sont très inégalement corrigées selon les pays. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du hors-série "L’état de la mondialisation", d’Alternatives Internationales.

Les riches sont doublement heureux. Ils vivent bien mieux que les autres, et leurs revenus progressent encore plus vite. Alors que les démocraties occidentales affichent leur goût pour l’égalité entre citoyens, du côté des revenus la situation se dégrade. Aux Etats-Unis, les 1% les plus aisés recevaient 9% du revenu national au milieu des années 1970. En 2006, ils en percevaient 23%. En France, la proportion est passée de 7,7% à 9% entre 1995 et 2006.

Alors qu’elle s’était réduite de façon sensible après la crise de 1929, la part des plus riches dans le revenu national des pays occidentaux s’est remise à augmenter à partir des années 1970 aux Etats-Unis et une décennie plus tard en Europe. Au Royaume-Uni, le phénomène est perceptible au tout début des années 1980. Il est observé à partir de 1985 en Suède et à la fin des années 1980 en France. Dans la plus vaste étude jamais réalisée sur le sujet, les économistes Tony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez notent que, parmi les seize pays les plus riches, les seuls où la part du revenu détenue par les 1% les plus riches n’augmente pas - Suisse, Allemagne et Pays-Bas - sont ceux pour lesquels les données sur la période récente ne sont pas disponibles… Même l’OCDE - peu soupçonnable d’antilibéralisme et qui a consacré un rapport conséquent à cette question - constate une "intensification des inégalités", "assez générale et significative".
(...)

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