Une tribune pour les luttes

Communiqués + Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et à Monsieur le Recteur de l’Académie d’Amiens.

9 lycéens de la Somme ont été arrêtés en même temps, enfermés dans divers camps de rétention, traités de manière différente par des tribunaux variés.
L’un en particulier, Christian KINIANGI risque d’être rapidement expulsé.

Cette arrestation scandaleuse dans sa forme s’appuierait sur des résultats contestés par les scientifiques et l’ordre des médecins de "tests osseux" qui détermineraient qu’ils ne sont pas mineurs.
Ces tests ne prouvent rien mais même si ces jeunes avaient quelques mois de plus ou de moins, ont-ils moins droit à notre protection ?
Signez la pétition, faxez, mailez.

Article mis en ligne le vendredi 25 février 2011

Pétition :

http://resf.info/P1828


21/02 : 5 d’entre eux, en rétention à Oissel, ont été libérés par le TA de Rouen.
La rétention de Christian a été confirmée par le TA de Versailles !

22/02 : Alain, en rétention à Vincennes, a été libéré par le TA de Paris !

24/02 : Eric DOUDA et Djo MAWA , libéré par le JLD du CRA de Mesnil Amelot depuis mercredi soir, viennent de perdre au TA de MEULIN , ce jeudi 24 février matin. Ils sont rentrés dans leur foyer d’hébergement de la Somme .

Reste Christian KINIANGI toujours enfermé au CRA de PLAISIR et pour lequel nous avons de vives inquiétudes (il a perdu au Juge des Libertés et de la Détention et au prés du tribunal Administratif de VERSAILLES). Merci de continuer de signer en ligne la pétition : http://resf.info/P1828

Christian est né en 1995 et il est en classe de 3ème au collège C.Frank d’Amiens (le seul en collège parmi les 9 jeunes scolaires « capturés » au foyer de l’enfance mardi 15 février … )


Au délà du scandale de ces arrestations, un autre : 4 JLD, 4 TA (et ce serait différent un autre juge un autre jour, un autre avocat) ont eu des réponses différentes.

Tous les JLD ont statué sur les conditions d’arrestation identiques, et sur les conditions de transport probablement semblables, un seul a statué pour libérer les jeunes. 1/4

Les TA ont probablement eu des situations similaires, un moyen, peut être différent à Rouen et à Paris, a libéré les jeunes. 2 sur 4.


Communiqué LDH

Paris, le 24 février 2011.

Une douce France pour les enfants !

Une fois de plus, c’est à la police que le gouvernement confie le soin de s’occuper d’enfants. Le 15 février 2011 au matin, à Abbeville et à Amiens, c’est un gigantesque déploiement de police que les enfants de deux foyers de l’Aide sociale à l’enfance (Ase) ont dû subir. C’est que l’enjeu devait être de taille pour mobiliser vingt policiers en tenue, deux policiers en civil et deux fourgons de police. Il s’agissait d’interpeller neuf jeunes, pris en charge par l’Ase, résidant dans deux foyers distincts à Abbeville et à Amiens. Leur point commun est d’être tous scolarisés à Amiens : au lycée Romain Rolland pour huit d’entre eux, et au collège C. Franck pour un d’entre eux.

L’interpellation a été « musclée », selon les propres termes de la directrice de l’un des foyers, qui a indiqué que les jeunes de 6 à 18 ans qui y sont accueillis ont été choqués de la violence déployée. Ils bénéficient, depuis, d’une aide psychologique.

Une fois interpellés, la préfecture de la Somme ayant pris à leur encontre un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, les neuf jeunes ont été placés dans différents centres de rétention administrative : Oissel-Rouen, Plaisir, Vincennes, Mesnil-Amelot. Le lundi 21 février, le tribunal administratif de Rouen a annulé cinq des arrêtés préfectoraux, au motif notamment que les actes de naissance des intéressés n’étaient pas remis en cause par le préfet, et que les tests osseux n’avaient aucune fiabilité.

A ce jour six des jeunes interpellés ont été libérés, deux comparaissent aujourd’hui, jeudi 24 février, devant la juridiction administrative. Quant au dernier, il risque l’éloignement, son recours ayant été rejeté.

La LDH s’oppose à ce qui est une violation des droits des enfants. D’abord parce que les conditions d’interpellation sont d’autant plus inacceptables qu’il s’agit de mineurs. Ensuite parce que la position de l’Ase n’a pas consisté à assurer leur protection. Enfin parce que l’administration n’aurait jamais dû mettre en œuvre une procédure d’éloignement du territoire, alors qu’elle ne dispose d’aucun élément pour mettre en doute la minorité des jeunes interpellés.

La LDH demande que toutes les mesures à l’encontre des jeunes soient annulées, et leur retour dans leur foyer d’accueil. Elle récuse l’utilisation militarisée des forces de police pour arrêter jusqu’à des enfants. Elle demande que toute la lumière soit faite sur les errements et les agissements des responsables qui ont autorisé leur interpellation, et qui n’ont pas assuré leur protection.


Lundi 21 février

Nouvelle réunion publique à Amiens
pour libérer Eric DOUDA-KEDI, Djo MAWA-NGIELELE, Alain NSIMBA-NGIMBI, Christian KINIANGI toujours en rétention dans la région parisienne
mardi 22 février 2011 à la Maison de la Culture d’Amiens, à 18h,
suivie d’une marche pour une audience à la préfecture de la Somme….

En attendant, il est toujours possible :

1) de se saisir de la pétition de commencer à la faire signer dans son voisinage et de transmettre le lien pour la signer en ligne
http://resf.info/P1828

2) d’envoyer la lettre (vous pouvez la modifier à votre guise) au Ministre de l’Education Nationale, Recteur de l’Académie d’Amiens, Préfecture de la Somme

Adresse du Ministre de l’Education Nationale, 110 rue de Grenelle, 75357 PARIS SP07 et recteur chez ac-amiens.fr ; courrier chez somme.pref.fr , lena.cojan chez interieur.gouv.fr

* Réseau Education Sans Frontières de la Somme soutenu par : LDH, SUD-Education, FCPE, Léo-Lagrange, Entraide protestante, FSU, CGT-Educ, SGEN-CFDT, UNSA-Education, Union départementale CGT, Union syndicale "Solidaires", UNEF, l’ASMA,, l’Union pour la Dignité des Chômeurs, ATTAC, Confédération Paysanne, Ligue de l’Enseignement, Mouvement de la Paix, Théâtre « Charnière », Femmes Solidaires, Association « Vie Brisée », Association de lutte contre l’illettrisme « CARDAN », Espéranto 80, Femmes en Mouvement, Théâtre " les BEN’ARTS", Artistes et Intermittents du Spectacle en Lutte en Picardie", les CEMEA, EMF, Fédération Syndicale Etudiante, journal « ch’Fakir », CIMADE, SUD-Santé, Asso « Faites de la Résistance », Association d’Ethno-Psychanalyse, Nouvelle Afrique, Théâtre « La Roue Libre », l’association « Culture-Animation-Prévention-Sports », Association Générale des Etudiants de Picardie, Association de « Défense des Enfants International »…


1).Christian KINIANGI vient de perdre au tribunal d’instance devant le Juge des Libertés et de la Détention à VERSAILLES et devant le Tribunal Administratif de VERSAILLES. L’affaire est grave, car il est susceptible d’être expulsé d’heure en heure si l’OQTF (« l’Obligation de Quitter le Territoire Français ») du préfet de la Somme, n’est pas levé … (voir compte rendu ci-dessous) Il est placé au CRA (Centre de Rétention ) de la ville de PLAISIR

Christian Kiniangi, 15 ans selon son acte de naissance, congolais (RDC) dont les parents ont été tués en 2007, arrivé en France en mai 2010, a été recueilli par l’ASE de la Somme.
Arrêté avec huit autres jeunes mardi dernier suite à un test d’âge osseux qui prouverait qu’il a plus de 18 ans, il est placé en rétention à Plaisir (78). _ Les 5 autres jeunes qui étaient à Oissel ont été libérés.
Pas de nouvelles pour l’instant des deux qui sont au Mesnil ni de celui à Vincennes.
Christian était donc présenté au TA cet après-midi, puis à la cour d’appel du JLD. Une demi-douzaine de soutiens dans chacune des salles d’audience. Des avocats aussi efficaces que le permettent les conditions dans lesquelles on les fait plaider. Résultat : débouté par les deux juridictions. Christian est reparti vers sa prison, entre des policiers qui auraient été ravis s’il avait été libéré mais qui s’abritent derrière un professionnalisme de circonstance. _ Petite voix au téléphone ce soir. Espoir quand même de le faire sortir en s’appuyant sur la mobilisation et sur la libération de ses copains.

2) Alain NSIMBA-NGIMBI est toujours retenu au Centre de rétention de Vincennes.

D’après Florence OSTIER, militante du RESF Paris, Alain NSIMBA NGIMBI en rétention à Vincennes , très entouré par l’ASSFAM depuis vendredi , et défendu aujourd’hui par Me Sohil Boudjellal à la Cour d’appel du JLD de Paris a été maintenu en retention. ( maheureusement Alain n’avait pas d’avocat au départ lors du 1er jld et de nombreuses irrégularités de procédure présentes dans le dossier n’avaient pas été soulevées par l’avocat de permanence) .

Me Boudjellal l’assistera demain mardi 22 fév à 13 h 30 au TA de Paris . soutiens bienvenus

3 et 4). Eric DOUDA-KEDI et Djo MAWA-NGIELELE sont toujours retenu au Centre de rétention de Mesnil Amelot (à côté de Roissy). Ce que nous (du RESF Somme) avons compris, c’est qu’ils devraient être présentés devant le Tribunal Administratif de MEAUX dans les 48 h prochaines.


— -

5 lycéens d’Amiens sont passés au Tribunal Administratif (de Rouen) cet après midi . L’assistance était nombreuse( quarante cinq personnes) et composée de différentes associations.
Après une plaidoirie efficace de maître Demir , le juge a annulé les APRF .
Les deux lycéens qui avaient des extraits de naissances ont été reconnus mineurs ( alors que le procureur avait déclaré les documents falsifiés) les trois autres devront faire la preuve de leur minorité ; cela signifie que les tests osseux ne sont pas probants si on a bien compris .
L’aide sociale à l’enfance de la Somme avait d’autre part entre temps reconsidéré son attitude.
Les cinq jeunes sont donc retournés ce soir dans leur foyer avec leurs éducateurs qui étaient venus d’Abbeville pour les soutenir.


17 février 2011

La campagne électorale est ouverte et la chasse aux sans papiers ,
même présumés mineurs, est un argument électoral ! Minable et indigne.

A Amiens, des jeunes étrangers arrivés isolés (sans leurs parents) ont été hébergés comme mineurs par l’Aide Sociale à l’Enfance, ils ont été scolarisés en classe d’accueil et leurs professeurs attestent de leur intégration et de leurs bons résultats scolaires. Normal me direz vous, et plutôt réconfortant, en France on ne laisse pas des jeunes sans parents à la rue. On les met à l’école et cela leur réussit, ils deviendront des citoyens responsables.

Hélas, c’est un rêve !

Car ils sont étrangers, Africains, alors la suspicion règne ! Il est vrai que depuis des mois la rhétorique du gouvernement présente l’étranger comme un danger. On fait subir à ces jeunes des tests osseux à partir desquels ils sont décrétés majeurs et donc en situation irrégulière ! Qu’importe que ces tests ne soient pas fiables, qu’ils puissent présenter des différences de 18 mois ( !) avec l’âge réel. Une fois déclarés majeurs, il ne reste qu’à les expulser. Trop facile. Neuf d’un coup et tous logés au même endroit !

Arrestation au petit matin, par des policiers en nombre, dans le foyer où ils sont hébergés, avec la délicatesse et le ménagement qu’on doit à de très jeunes gens, à des gamins vulnérables sans famille.

« Mardi 15 février, neuf lycéens et collégiens, issus de pays d’Afrique dont sept du Lycée Professionnel de Romain Rolland d’Amiens, ont été brutalement interpellés dans leur foyer d’hébergement. Dès l’aube, alors qu’ils sortaient de la douche, les forces de l’ordre, massivement présentes, les ont conduits en garde à vue, sans leur laisser le temps de se restaurer ou d’emporter leurs vêtements ou même leur traitement médical. » indique le communiqué de presse de RESF Somme.

Christofer, Amyad, Romulus, Cissé, Francis, Abdeen Amjad, Alain, Eric, et Djo sont aujourd’hui dispersés et enfermés dans plusieurs centres de rétention. Leurs professeurs sont consternés, les élèves du lycée et du collège sont bouleversés, mais le préfet de la Somme affirme tranquillement que les jeunes Africains ont menti sur leur âge. Avec la marge d’imprécision des tests osseux, un gamin de 16 ans peut se voir traité comme un jeune majeur de 18 ans et traité de menteur sans la moindre preuve réelle.

Mais qu’importe, il faut réaliser le nombre d’expulsions demandé, il faut toucher sa prime et se faire bien voir. L’humanité, vous avez dit l’humanité ? Qu’est ce que c’est ?

Demandez à tous ceux qui vont se réunir ce soir à Amiens pour demander la libération de Christofer, Amyad, Romulus, Cissé, Francis, Abdeen Amjad, Alain, Eric, et Djo. N’en parlez pas à un ministre, un préfet de ce gouvernement car ils ne pourraient rien vous en dire.


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quotidien courrier picard du 21 fév 2011

Le 19 février 2011

Chantal LAMBERT, Catherine RENAUD, professeurs du L.P R.Rolland d’Amiens,
Edith AVOUME, Claire BIZET, Christophe CLAVET, Martine COCQUET, Christophe COLLAFARINA, Bertille et Marcel DEKERVEL, Doreen DZIUBALLE, Paul DOUBLET, Bernard HAZARD, Sibylle LUPERCE, Marie Christine MENU, Michel RAVAILHE, membres du Réseau* Education Sans Frontières de la Somme

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale et à Monsieur le Recteur de l’Académie d’Amiens,

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur le Recteur de l’Académie d’Amiens

Copie à Mesdames, Messieurs les Présidents du Conseil Régional de Picardie, du Conseil Général de la Somme, Monsieur le Maire d’Amiens et d’Abbeville , Messieurs les Députés de la circonscription d’Amiens, Monsieur le Préfet de la Somme,

Nous venons d’apprendre en ce début de semaine, que neuf jeunes (1) élèves étrangers, arrivés isolés dans la Somme, dont plus de la moitié étaient lycéens du Lycée Professionnel R.Rolland d’Amiens, ont été interpellés dès l’aube par la police dans le foyer d’hébergement auxquels l’Aide Sociale à l’Enfance les avaient confiés à Abbeville et à Amiens. Ils ont été mis en garde à vue et dispersés dans différents centres de rétention de la région parisienne et rouennaise.

La présomption de culpabilité qui leur a été signifiée quant à leur majorité présumée, nous apparaît totalement déplacée. Ce «  coup de filet » massif nous apparaît révoltant et indigne.

Mais plus encore, ces jeunes lycéens et collégiens ont été arrachés de leurs établissements scolaires en plein cursus éducatif, au moment où ils commençaient à apprendre le français et acquérir une formation professionnelle en vue de la réussite de leur intégration. En effet, ces jeunes sont scolarisés et ont entamé un processus de reconstruction après les épreuves souvent violentes et tragiques dont ils ont été victimes dans leur pays d’origine. Ils sont tous conscients des enjeux de leur scolarisation et fortement impliqués dans leur formation. Leur délit était de lutter de toutes leurs forces pour pouvoir prétendre à une vie décente, loin des dangers permanents auxquels ils sont exposés dans leur pays d’origine. Leur arrestation brutale vient compromettre gravement leur unique chance de se construire un avenir. Ces élèves de l’école de la République ont le droit de terminer les études qu’ils ont commencé. On ne peut pas les scolariser dans un premier temps puis les traiter brusquement comme des délinquants.

Leurs professeurs restent désespérés et révoltés de constater ce gâchis pédagogique et humain. Les camarades de l’établissement scolaire, l’ensemble de la communauté éducative, les citoyens d’Abbeville et d’Amiens sont révulsés de voir ces neuf jeunes scolaires croupir dans les centres de rétention de France, laissant neuf chaises vides dans leur classe d’accueil.

Nous en appelons à votre conscience, à votre intégrité quant aux valeurs de la République, Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur, car la France est entrée dans un système de répression régressive orientant davantage ses efforts vers la mise en place de politiques de traque, d’insécurisation et de sanction d’enfants vulnérables plutôt que vers le démantèlement des réseaux de passeurs mafieux.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur au nom du respect de la personne humaine nous sollicitons de votre bienveillance pour agir et faire en sorte que Monsieur le Préfet de la Somme et de la Picardie revienne sur sa décision d’expulsion de ces neuf jeunes lycéens, car leur place est d’abord à l’école avec leurs camarades.

Nous vous prions de croire en notre détermination pour que le droit d’asile reste préservé. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre et Monsieur le Recteur, l’expression respectueuse de nos salutations républicaines.

(1) Il s’agit de : ABDINE Amyad, FANA-CAMARA Christopher, DOUDA-KEDI Eric, KINIANGI Christian, LAMINE Cisse, MATONDO-MILANDU Romulus, MAWA-NGIELELE Djo, NSAKU Francis, NSIMBA-NGIMBI Alain.

*Réseau Education Sans Frontières de la Somme soutenu par :
Ligue des Droits de l’Homme, SUD-Education, FCPE, Léo-Lagrange, Entraide protestante, FSU, CGT-Educ, SGEN-CFDT, UNSA-Education, Union départementale CGT, Union syndicale "Solidaires", UNEF, l’ASMA,, l’Union pour la Dignité des Chômeurs, ATTAC, Confédération Paysanne, Ligue de l’Enseignement, Mouvement de la Paix, Théâtre « Charnière », Femmes Solidaires, Association « Vie Brisée », Association de lutte contre l’illettrisme « CARDAN », Espéranto 80, Femmes en Mouvement, Théâtre " les BEN’ARTS", Artistes et Intermittents du Spectacle en Lutte en Picardie", les CEMEA, EMF, Fédération Syndicale Etudiante, journal « ch’Fakir », CIMADE, SUD-Santé, Asso « Faites de la Résistance », Asso d’Ethno-Psychanalyse, Nouvelle Afrique, Théâtre « La Roue Libre », l’asso « Culture-Animation-Prévention-Sports », Associtation Générale des Etudiants de Picardie, Asso de « Défense des Enfants International »…

Contacts : RESF, BP80713, 80007 Amiens, tel : 06 31 91 08 07 Site : http://resf.amiens.free.fr et www.educationsansfrontieres.org, Permanences : Tous les mercredis 17h30, salle Dewailly à Amiens


Le 16 février 2011

Communiqué de presse :

« Hier, neuf* lycéens et collégiens, issus de pays d’Afrique dont sept du Lycée Professionnel de Romain Rolland d’Amiens, ont été brutalement interpellés dans leur foyer d’hébergement. Dès l’aube, alors qu’ils sortaient de la douche, les forces de l’ordre, massivement présentes, les ont conduits en garde à vue, sans leur laisser le temps de se restaurer ou d’emporter leurs vêtements ou même leur traitement médical.

S’il nous paraît légitime que les représentants de l’Etat portent leurs efforts sur le démantèlement des réseaux de passeurs et si nous condamnons avec la plus grande fermeté le trafic des êtres humains, il nous paraît illégitime de s’attaquer, parce que c’est plus facile, aux victimes de ces pratiques. Il nous semble que ces arrestations n’atteignent pas leur cible et sont plutôt de véritables transferts de répression sur des catégories de population déjà, par leur histoire, en grande difficulté.

Ces jeunes lycéens et collégiens ont été reçus à Amiens dans le cadre d’une classe d’accueil pour y apprendre le français. Leur motivation et leurs bons résultats scolaires confirmés par leurs professeurs autorisent de réels espoirs d’intégration. Á cette heure, ils attendent, dans des centres de rétention, avec une profonde inquiétude l’aboutissement des procédures qui risquent de les reconduire à la frontière de pays qu’ils ont cherché à fuir et dans lesquels ils n’ont plus ou peu d’attaches.

Les élèves de la classe insécurisés, les élèves du lycée alertés, l’ensemble de la communauté éducative mobilisé, tous les citoyens concernés par le respect des droits de l’homme s’insurgent contre ces arrestations et attendent le retour de leurs camarades pour reprendre leurs études dans un climat enfin apaisé. »

*Il s’agit des élèves :

FANA CAMARA Christopher du LP R.Rolland d’Amiens (nationalité guinéenne) enfermé au CRA** de Oissel les Rouen

ABDINE Amyad du LP R.Rolland d’Amiens (nationalité soudanaise) CRA de Oissel

MATONDO MILANDU Romulus du LP R.Rolland d’Amiens (nationalité congolaise) CRA de Oissel

LAMINE Cisse du LP R.Rolland d’Amiens (nationalité guinéenne) CRA de Oissel

NSAKU Francis du LP R.Rolland d’Amiens CRA de Oissel

FADALALAH Abdeen Amjad du LP R.Rolland d’Amiens CRA de ?

NSIMBA NGIMBI Alain du LP R.Rolland d’Amiens CRA de Vincennes (Paris)

DOUDA KEDI Eric (Abbeville) CRA de ?

MAWA NGIELELE Djo (Abbeville) CRA de ?

**CRA = Centre de Rétention Administratif

Catherine RENAUD, Chantal LAMBERT, Marie FEDOU, Sophie ERNESTA, professeurs au Lycée R.Rolland à Amiens
Marie Christine MENU, Michel RAVAILHE, Bernard HAZARD, Doreen DZIUBALLE, Christophe CLAVET, Marcel et Bertille DEKERVEL, membres du RESF

Réseau Education Sans Frontières de la Somme, BP80713, 80007 AMIENS cdx 01,
Contacts tel 06 31 91 08 07, e-mail : resfsomme chez gmail.com,

site : www.educationsansfrontieres.org et http://resf ;amiens.free.fr
Permanences : tous les mercrdis dés 17h30, salle Dewailly à Amiens

* RESF de la Somme : LDH, SUD-Education, FCPE, Léo-Lagrange, Entraide protestante, FSU, CGT-Educ, SGEN-CFDT, UNSA-Education, Union départementale CGT, Union syndicale "Solidaires", UNEF, l’ASMA,, l’Union pour la Dignité des Chômeurs, ATTAC, Confédération Paysanne, Ligue de l’Enseignement, Mouvement de la Paix, Théâtre « Charnière », Femmes Solidaires, Association « Vie Brisée », Association de lutte contre l’illettrisme « CARDAN », Espéranto 80, Femmes en Mouvement, Théâtre " les BEN’ARTS", Artistes et Intermittents du Spectacle en Lutte en Picardie", les CEMEA, EMF, Fédération Syndicale Etudiante, journal « ch’Fakir », CIMADE, SUD-Santé, Asso « Faites de la Résistance », Association d’Ethno-Psychanalyse, Nouvelle Afrique, Théâtre « La Roue Libre, Association Générale des Etudiants de Picardie », Association « Culture, Animation, Prévention, Sports », Association « Défense Enfants International »……

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