Une tribune pour les luttes

Après plus de 4 mois de grève,

Victoire contre la précarité à l’École Normale Supérieure

Article mis en ligne le samedi 28 mai 2011

Communiqué Ferc Sup/CGT du 26 mai 2011


Victoire contre la précarité à l’École Normale Supérieure

Ce 23 mai, un protocole de fin de crise a été signé à l’ENS Ulm après un mouvement social de sept mois de lutte, dont quatre mois et dix jours de grève.

Ce protocole répond à toutes les revendications des grévistes :
• un contrat à durée indéterminée pour chacun des personnels contractuels grévistes,
• un engagement de la direction pour garantir l’emploi des personnels contractuels répondant à des besoins permanents pour qu’ils puissent bénéficier prioritairement des dispositions de titularisation de la loi consécutive au protocole sur les contractuels qui sera votée fin 2011,
• le paiement des jours de grève à 75%,
• une indemnité bi-annuelle correspondant à un montant mensuel de 75 € brut.

Depuis le début la CGT et ses organisations (l’Union nationale FERC Sup CGT, la FERC CGT et l’UGFF CGT notamment) ont soutenu ce mouvement et se sont directement impliquées dans la lutte des salariés de l’ENS contre la double précarité dont ils sont les victimes : en CDD renouvelables chaque année, les personnels de cuisine vivaient dans l’angoisse permanente des lendemains incertains, à laquelle venaient s’ajouter des relations de travail anormales au sein du service.

La solidarité active des élèves durant tout le conflit et de tous ceux qui, régulièrement, participaient aux banquets de soutien ou à la vente de sandwiches, ont permis à ces salariés précaires de sortir de l’ombre afin de réclamer leur droit à la dignité et leur droit à la sécurité de l’emploi.
L’obstruction et l’entêtement de la direction de l’ENS, le mépris longtemps affiché envers ces personnels de catégorie C, l’évacuation le 19 avril par les forces de police des salons de la direction occupés par des élèves et les grévistes, ont entretenu les conditions d’un affrontement stérile privilégié pendant de trop nombreux mois par les responsables de l’école.
Ce n’est qu’au terme du quatrième mois de grève que la direction a enfin accepté d’engager avec les personnels et leurs organisations syndicales de l’établissement des négociations directes qui ont permis d’aboutir à la signature d’un protocole de sortie de crise le 23 mai.
Cette lutte des personnels précaires de l’École Normale Supérieure est emblématique des enjeux qui entourent la mise en place de la future loi sur « l’accès à l’emploi titulaire et l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels ».

Leur victoire constitue un très important point d’appui pour les nécessaires mobilisations syndicales à venir contre la précarité, d’abord dans l’Enseignement supérieur et la recherche et, au-delà, dans les trois versants de la Fonction Publique.

Montreuil, le 26 mai 2011


Sud étudiant

Grève à durée indéterminée à l’École Normale Supérieure

Depuis huit semaines, les personnels précaires de la cantine de l’ENS de Paris sont en grève reconductible pour protester contre leurs conditions de travail et réclamer leur titularisation ainsi que des augmentations de salaire et l’ouverture d’enquêtes sur des cas de harcèlements, parfois accompagnés de licenciements abusifs.

Ces salarié-e-s accumulent depuis plusieurs années les C.D.D. (plus de six ans pour certain-e-s) tout en assurant au sein de l’établissement des fonctions pérennes. Leurs salaires sont scandaleusement bas et n’ont connu aucune évolution, alors même que les réductions d’effectifs entraînent chaque année un accroissement de la charge de travail, encore accentué par certaines ambitions de la Directrice de l’établissement. Depuis plusieurs années en effet, l’ENS est très soucieuse de sa visibilité internationale, accueille de plus en plus d’étudiant-e-s et n’hésite pas à sacrifier des postes de titulaires nécessaires en cuisine, ménage, etc., pour les remplacer par des postes supplémentaires de professeurs, en recourant à l’externalisation ou aux C.D.D. à répétition pour les tâches les moins «  nobles ». De façon générale, la gestion de l’établissement est catastrophique depuis quelques années, c’est pourquoi de nombreux/ses précaires de tous les services, et même des titulaires, ont protesté et protestent encore contre la politique de «  prestige » de l’établissement et les dégâts qu’elle provoque au quotidien.

Face à un mouvement social en cours depuis maintenant 4 mois, la Direction refuse d’entendre les revendications et méprise ouvertement les grévistes ainsi que les étudiant-e-s solidaires. Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sollicité à de nombreuses reprises refuse lui aussi de prendre en compte la situation et ne daigne même pas recevoir une délégation. La Direction tout comme le Ministère choisissent donc de laisser pourrir le mouvement, et le chemin pris par l’administration de l’École est celui de la censure et de la répression.

En effet, depuis l’annulation injustifiée de la conférence de Stéphane Hessel qui devait avoir lieu le 18 janvier, et contre les activités du Collectif Palestine ENS autant que contre le mouvement social, la Direction souhaite interdire toute manifestation « à caractère politique » au sein de l’établissement (conférences, réunions, etc.), au mépris des libertés d’expression et de réunion. Cette censure politique est déjà condamnée par la justice, puisque suite à l’interdiction sans motif de la tenue dans l’École d’un cycle de conférences consacré à la question israelo-palestinienne organisé par des élèves, le Tribunal Administratif, auprès de qui avait été présentée une requête, a jugé que : « La directrice de l’ENS, dans l’exercice de ses fonctions a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion qui constitue une liberté fondamentale ». Ces agissements sont dans la droite ligne de la politique de la Direction qui depuis des années bafoue le droit syndical, notamment en refusant l’octroi de locaux et de matériel. Une prochaine conférence de presse intersyndicale sur la précarité dans la fonction publique, prévue à l’ENS le 9 mars, est elle aussi menacée.

Solidaires Fonction Publique et SUD-Étudiant soutiennent les personnels, élèves et professeurs engagé-e-s dans cette action, et condamnent les atteintes aux libertés d’expression et de réunion ainsi qu’au droit syndical en cours à l’ENS.

le 3 mars

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