Une tribune pour les luttes

Marseille :

Ils dorment dehors pour obtenir un titre de séjour : "Une situation inhumaine"

"Le choix de la préfecture des Bouches-du Rhône de n’accepter que 10 demandes de titre de séjour chaque jour entraîne des nuits de bousculades et d’épuisement pour les demandeurs."

Article mis en ligne le vendredi 1er avril 2011


Marseille : Dépôt de requêtes contre les conditions d’accès en Préfecture

Coordasso
« Accueil et accompagnement des Etrangers des Bouches-du-Rhône »
Communiqué sur les conditions d’accueil
des étrangers en préfecture à Marseille
Face à l’impossibilité d’accéder aux guichets pendant les heures d’ouverture, des usagers réagissent. Huit d’entre eux ont saisi hier le Tribunal administratif de Marseille.
Mille Bâbords 17069


31 mars 2011

FR3 Marseille - Les conditions indignes d’accueil des étrangers à la préfecture de Marseille
http://www.educationsansfrontieres....


http://www.educationsansfrontieres....
source : Le Post

30 mars 2011

Sur Le Post, la Cimade dénonce le traitement fait aux sans papiers marseillais. La préfecture des Bouches-du-Rhône se défend.


"Il faut trouver une solution. Je ne veux plus coucher dehors.
"

Malek, Tunisien de 25 ans, vient de passer deux nuits devant le service de l’immigration et de l’intégration à la préfecture des Bouche-du-Rhône de Marseille.

Comme lui, une soixantaine d’étrangers en situation irrégulière, attendent chaque nuit pour faire une demande de titre de séjour. Seuls les dix premiers demandeurs de titre de séjour peuvent espérer pouvoir déposer leur dossier. Un problème qui n’est pas nouveau mais qui s’est amplifié ces 6 derniers mois.

Résultat : "C’est du grand n’importe quoi. La situation est inhumaine", fustige sur Le Post Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de la Cimade, (Comité inter mouvements auprès des évacués). L’association, soutenue par d’autres organismes et avocats, défend le droit des étrangers. Un collectif a même été créé pour accompagner les demandeurs de titre de séjour dans leur démarche.


1. Faire une demande de titre de séjour : un droit

Mercredi, un référé a été déposé par les avocats spécialisés dans le droit des étrangers. Ils dénoncent les difficultés auxquelles sont confrontés les immigrés pour obtenir un titre de séjour.

Car, légalement, on ne peut interdire à quiconque de faire une demande de titre de séjour.

"C’est le premier article de la charte Marianne, instaurée en 2005 par le ministère de la Fonction Publique : ’les services déconcentrés de l’État se doivent de faciliter l’accès dans les services et d’accueillir de manière attentive et courtoise’", note le délégué régional de la Cimade

Force est de constater que la préfecture des Bouches-du-Rhône ne répond pas à ses devoirs. Les étrangers en situation irrégulière ne peuvent prétendre obtenir un titre de séjour à raison de plusieurs jours (et nuits) d’attente.

"Parfois, certains restent une nuit, parfois c’est plus. Nous avons remplacé un étranger en situation de faiblesse toute une nuit dans la file. C’est physiquement très dur, il fait froid, les gens se bousculent, certains se bagarrent", témoigne Jean-Pierre Cavalié.

2. Un problème d’effectif ?

Pour sa défense, la préfecture explique que l’accueil des étrangers en situation irrégulière ne doit pas se faire "au détriment de ceux en situation régulière qui ont tous leurs justificatifs", explique au Post Jean-Paul Chelet, secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Au total, la préfecture accueille chaque jour près de 1.000 étrangers. La plupart d’entre eux sont en situation régulière et demandent un renouvellement de leur titre de séjour ou une régularisation.


Et les autres ?

"Ils sont minoritaires, les 3/4 ont déjà fait une demande de titre de séjour qui leur a été refusée. Ils auraient aussi pu être placés en maison de détention. Mais on leur donne une seconde chance, on réexamine leur dossier", se justifie le secrétaire général de la préfecture.

Ce dernier concède toutefois que les effectifs pour traiter les dossiers des demandeurs de titre de séjour en situation irrégulière ne sont "pas abondants". C’est peu dire. Sur les 80 fonctionnaires du service immigration et intégration, seul 1 à 3 sont consacrés aux étrangers en situation irrégulière.

"Pourtant ces dossiers sont les plus complexes à traiter. Nous sommes confrontés à un arbitraire à une forme de xénophobie. On ne met pas à disposition les mêmes services en fonction des gens", dénonce Jean-Pierre Cavalié de la Cimade.

La préfecture maintient que "la priorité est de servir le public en situation régulière."


3. Le développement de pratiques "mafieuses"

Mais les associations sont persuadées que des alternatives existent pour répondre au mieux aux différentes demandes de titres de séjour. "Pour les personnes en situation régulière, il faut que le renouvellement se fasse de manière plus automatique et systématique. Il faut simplifier la procédure", propose Jean-Pierre Cavalié.

Même si le collectif associatif reconnaît que des améliorations ont été faites par la préfecture, les conditions d’accueil restent à améliorer. "Ils (les étrangers) pourraient être accueillis à l’intérieur des locaux de la préfecture. En dépit de ça, ils dorment dehors", raconte Jean-Pierre Cavalié au Post.

Les demandeurs de titre de séjour doivent s’assurer de trouver un remplaçant pour boire un café ou aller grignoter, raconte Libération. Car la "concurrence" est rude. Au point que des pratiques mafieuses se développent parmi les demandeurs de titre de séjour. "Certains revendent des tickets aux plus démunis, d’autres passent avec de faux dossiers", témoigne le secrétaire général de la Cimade.

Au petit matin, les 30 premiers qui ont passé la nuit sur place sont comprimés contre la grille. Il y a tellement de monde que les policiers sont appelés en renfort à 8 heures du matin pour réguler la foule, raconte Libération.

Au final, après plusieurs jours de galère, la majorité des étrangers voit leur demande de titre de séjour refusée.


http://www.liberation.fr/societe/01...

28 mars 2011

Le choix de la préfecture des Bouches-du Rhône de n’accepter que 10 demandes de titre de séjour chaque jour entraîne des nuits de bousculades et d’épuisement pour les demandeurs.

A Marseille, les étrangers à bout

Par OLIVIER BERTRAND Correspondant à Marseille

La nuit tombe sur Marseille, les portes du bâtiment sont fermées. Une pancarte indique « Service de l’immigration et de l’intégration ». En dessous, ce jeudi, une trentaine d’hommes assis sur les marches d’un escalier. Ils sont étrangers, ont besoin de déposer un dossier de demande de titre de séjour. Mais la préfecture des Bouches-du-Rhône refuse d’en prendre plus de 10 le matin. Alors, pour être les premiers, ils vont dormir sur place. L’un d’eux est là depuis trois jours, un autre quatre, un troisième cinq. Vannina Vincensini, avocate spécialisée dans le droit des étrangers, raconte qu’un de ses clients a dormi là à partir du dimanche soir pour déposer son dossier le jeudi.

Filtre. Officiellement, la préfecture n’a pas assez d’employés. Alors le matin, lorsqu’elle ouvre les portes, elle rationne les tickets qui permettent de prendre place dans une file d’attente. Pour les étrangers qui demandent une régularisation au titre de la vie privée ou familiale (ceux qui sont entrés depuis longtemps sans titre), elle n’en donne que 10. Ensuite c’est fini, les autres doivent repartir. Une sorte de filtre qui limite ce que légalement on n’a pas le droit d’interdire : la possibilité non pas d’avoir un titre, seulement d’en faire la demande.

(...)
http://www.liberation.fr/societe/01...


http://www.lamarseillaise.fr/soci-t...


Cela se passe ici, à Marseille, et aujourd’hui

par
GERARD LANUX

29-03-2011

L’accueil réservé aux étrangers en préfecture relève du scandale.

Leur calvaire ne s’achève pas à la frontière. Pour obtenir leur titre de séjour, les migrants devront camper devant la préfecture où seuls 10 d’entre eux sont reçus chaque jour.

C’est un spectacle auquel l’on ne pensait assister que dans les pays du Tiers Monde : bien avant même que le jour ne se lève, ils sont plusieurs centaines massés devant les grilles de la préfecture, rue Saint-Sébastien, assis sur des cartons, à attendre l’ouverture des portes du service aux étrangers. « Je suis là depuis quatre heures du matin, râle Fouad dans un mélange de français et d’arabe dialectal marocain. Dans mon pays, j’ai vécu la même chose devant le Consulat de France où les files d’attente pour obtenir un visa étaient tellement longues que nous passions toute la nuit à l’entrée afin d’être parmi les premiers. Je pensais que je ne revivrai plus jamais ça. Pas ici en tout cas, pas dans ce pays que j’ai espéré si longtemps. »

(...)http://www.lamarseillaise.fr/soci-t...

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1 Message

  • Le 15 octobre 2012 à 06:44, par Etudiantetrangerkipu

    Bonjour nous sommes le 15 octobre 2012
    Prefecture de marseille

    Je suis en France depuis 7 ans (avec une carte de sejour etudiant), je viens d’obtenir mon master 2 en génie électrique et je suis marié à une francaise.
    Je veux juste faire un changement de statut (carte étudiant à carte vie privée et familliale), je fait la queu depuis 5h du matin, il y a 24 personnes devant moi (le premier est arrivé la veille à 8h du matin.
    Pas sûre que je dépose mon dossier aujourd’hui, la prefecture ne prend que 15 dossier par jour et 4 jours dans la semaine.
    Voilà comment on est accueilli par marseille, capitale culturelle européenne en 2013 soit disant.
    Je n’en dirai pas plus, je suis fatigué c’est la deuxième fois que je fais la queue avec ma femme enceinte de 7 mois et qui est en arrêt maladie.
    "Tant qu’il y a la vie, il y a espoir "

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