Une tribune pour les luttes

ITER : LE TRITIUM TUE

...ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas

Article mis en ligne le dimanche 22 mai 2011

Marseille, le 20 mai 2011

. Mardi 17 mai, lors de la visite de la délégation des députés européens à Aix-en-Provence et sur le site du futur projet ITER, le Collectif Antinucléaire 13 est intervenu devant les représentants pour décrire les dangers que représente le «  carburant » d’ITER et mettre les députés devant leurs responsabilités.

A ce jour il ne fait aucun doute que l’Europe donnera son accord pour la rallonge de 1,3 milliards d’euros sur le budget 2012-2013 afin de financer en partie le surcoût du projet ITER (qui a triplé depuis sa première estimation).

Certains députés EELV parlent aujourd’hui de « moratoire » [1], une façon de ne pas prendre de décisions, alors le Collectif Antinucléaire 13 a dénoncé devant la délégation les risques inacceptables que le tritium, principal élément radioactif utilisé et produit par ITER, fera courir aux populations et aux travailleurs.

Le stock global de tritium à l’état naturel sur la planète est de l’ordre de 3,6 kilos. Le stock restant dû aux essais nucléaires militaires est de l’ordre de 30 kilos. Le tritium est donc un élément extrêmement rare. ITER en utilisera 2 kilos. La dose mortelle de ce radio-élément est de 1mg. Deux kilos de tritium peuvent ainsi tuer 2 millions de personne ou servir à la fabrication de centaines de bombes H.

Les INB (Installations Nucléaires de Base) rejettent régulièrement du tritium. Il en sera de même pour ITER et ces rejets viendront se cumuler à ceux du centre du CEA. Mais le véritable scénario-catastrophe serait le rejet massif de tritium dans l’environnement en cas de violent séisme par exemple. Le bâtiment pourrait se disloquer, se fissurer et le centre voisin du CEA , qui contient des éléments d’une toxicité et d’une dangerosité extrêmes comme le plutonium, connaître de graves déboires.

Le tritium a la particularité de pénétrer dans le corps humain sans obstacles. Il se fixe dans les molécules organiques du corps où il peut irradier pendant 500 jours en causant des dommages irréparables sur l’ADN. Il peut être ingéré, inhalé ou absorbé par la peau. Il est cancérigène et les études concernant son impact réel sont largement insuffisantes. L’IRSN a publié en 2010 six rapports sur le tritium qui concluent que l’acquisition des connaissances sur les mesures, le comportement et les risques sanitaires de cet élément « supposera la mise en œuvre de programmes expérimentaux complexes et coûteux, sans doute à mener avec plusieurs pays » [2]. Qui va payer pour ces études ? Qui prendra en charge les coûts sanitaires sur la population et les travailleurs ? Combien de temps servirons-nous de cobayes ?

De plus, le tritium pose un problème quasiment insoluble. De part sa mobilité (pratiquement aucune paroi ne peut l’arrêter), il n’existe à ce jour aucun moyen pour «  l’isoler ». La solution adoptée est donc de le diluer et de le disperser comme à La Hague. Aucun processus de «  détritiation » n’est aujourd’hui connu.

Il n’existe pas non plus de filière spécifique de stockage définitif des déchets tritiés. La seule possibilité actuellement est celle d’un stockage « sur place ». Combien de temps et dans quelles conditions le tritium consommé et produit par ITER sera-t-il stocké sur place ? Qui va payer pour un démantèlement dont personne ne peut garantir la faisabilité ?

Fusion ou fission, les dégâts de la manipulation de radio-éléments dangereux et toxiques, mettent en péril la vie. Fukushima doit inciter à beaucoup d’humilité et de mesure. Les députés européens sont responsables, par leur engagement à la prolongation du projet ITER, des catastrophes et dégâts sanitaires possibles. En tout cas, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.

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