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Rebellyon

Fête de la musique à Lyon : chanter peut entraîner de graves violences policières

Témoignage et vidéo.

Article mis en ligne le jeudi 30 juin 2011

http://rebellyon.info/Fete-de-la-musique-a-Lyon-chanter.html

Publié le 25 juin


Témoignage

22 juin, fête de la musi­que. Je dis bien fête ! Après avoir passé la soirée avec mes amis au bou­le­vard électro à Gerland, nous déci­dons de ren­trer chez nous.

Il est envi­ron 5 heures du matin lors­que nous arri­vons à l’entrée du métro Gerland. Nous sommes quatre amis, l’ambiance est bonne enfant. Nous com­men­çons à chan­ter quel­ques chan­sons paillar­des. Au bout de quel­ques minu­tes, l’un de mes amis entame cette vieille chan­son «  les enfants de Cayenne » des Amis d’ta femme. Maudite liberté d’expres­sion !

Dès sa chan­son finie, deux poli­ciers arri­vent brus­que­ment vers nous et com­men­cent à tirer mon ami par le bras, sans aucune expli­ca­tion.

Stupeur dans le métro : «  Mais qu’est-ce qui ce passe, qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Pourquoi m’emme­nez vous ? » Toujours aucune réponse. Se fai­sant tirer vio­lem­ment dans les esca­liers, nous déci­dons de réagir. Sa copine le tire dans un sens, les poli­ciers de l’autre. J’essaie de dis­cu­ter avec eux pour calmer la situa­tion et je me fais bra­quer avec un flash ball à bout por­tant sur la poi­trine.

Nous sommes rejoints par quel­ques per­son­nes et tou­jours la même ques­tion : «  pour­quoi ? » Là on me répond qu’il a insulté les blon­des !?
Même les autres usa­gers sont indi­gnés, cer­tains repren­nent la chan­son, d’autres blo­quent le départ du métro en gar­dant les portes ouver­tes.
Après quel­ques minu­tes d’alter­ca­tion, nous sui­vons notre ami qui se fait emme­ner dans les bureaux TCL en com­pa­gnie d’un seul agent de police. Il me semble que ceci est inter­dit mais quand on a le pou­voir... Moins de cinq minu­tes après, l’agent res­sort en tenant notre ami par le cou en criant devant une quin­zaine d’agents des forces de l’ordre et des usa­gers qui étaient dans la sta­tion :


« Maintenant tu vas t’excu­ser auprès de tous mes col­lè­gues ! ».

Et tou­jours la même ques­tion : « pour­quoi ? »
Au même moment, une autre alter­ca­tion com­mence un peu plus loin entre une jeune femme et quel­ques agents de police. Cela attire l’atten­tion de tout les poli­ciers. Pendant ce temps, mon ami est relâ­ché, sa copine se rap­pro­che de lui et l’attire vers nous pour partir . Tout se passe très vite, un agent rat­trape mon ami, le tire vers lui et le plaque vio­lem­ment au sol après lui avoir fait une clé de bras.

Celui-ci n’oppo­sait pour­tant aucune résis­tance. Nous nous rap­pro­chons tous rapi­de­ment et sou­dain je sens que l’on m’attrape à la gorge par l’arrière, balayette.

En un ins­tant, je me retrouve au sol, un genou sur la gorge et une bombe lacry­mo­gène poin­tée sur moi. Il me lâche, le temps de me rele­ver, mon ami est menotté et embar­qué dans un véhi­cule de police. La voi­ture part, en quel­ques minu­tes, tout rede­vient calme.

22 juin 18h : notre ami sort enfin de garde à vue, le bras dans le plâtre à cause de la clé de bras, résul­tat frac­ture du méta­carpe de l’index droit (qui néces­si­tera tout de même à court terme une opé­ra­tion avec une mise en place de bro­ches).

Une plainte sera dépo­sée contre lui pour outrage et inci­ta­tion à l’émeute.

Moi, je ne m’en sors pas trop mal, trois jours d’ITT, un gros héma­tome sur le coude et le dos en vrac.

Quand ces agres­sions poli­ciè­res vont donc t-elle cesser ???


Voici la vidéo qu’un ami a filmé lors de l’alter­ca­tion, elle montre les vio­len­ces subies.
http://www.youtube.com/watch?v=oIHs...

Violence Policière - Fête de la musique 2011 - Métro Gerland Lyon

Quand une banale chanson se heurte aux tonfas et flashball, un usager interpellé récolte une fracture avec un passage au bloc, récit :
Une cinquantaine de personnes entonnent la chanson "Cayenne" dans le métro vers 5h30 du matin au retour de la fête de la musique. Deux policiers en dehors de l’enceinte TCL prennent aux premier degré le refrain et appellent des renforts dans la confusion générale.
Un usager se fait embarquer sans sommation sous la stupeur collective.
La tentative d’explication des différentes personnes sur le quai se heurtent à un mur.
Une fois la majorité des personnes dans le métro, les multiples brigades présentes — armées de tonfas, flashball, lacrymo — font démonstration de leur savoir-faire si particulier devant certains de leurs collègues semblants gênés devant un tel déballage.
La violence disproportionné de l’interpellation, sans aucune explication, est juste inouïe et méduse. La citoyen récoltera une garde à vu avec passage à l’hôpital pour fracture au bras suite à sa mise au sol musclée.


Pour ceus­ses qui ne connai­traient pas la chan­son des Enfants de Cayenne, écrite par Aristide Bruant
voici la ver­sion du Racing Club Choral :
http://www.dailymotion.com/video/xd...
Racing Club Choral - Cayenne (Mort aux vaches) -... par Racing_Club_Choral
(http://racingclubchoral.free.fr)

- un arti­cle très très bien sur cette chan­son est paru dans le der­nier numéro d’Article11, dispo chez vos mar­chands de jour­naux.

Cayenne est une chanson anarchiste du début du XXe siècle souvent chantée dans les bagnes de Guyane Française. Elle fut écrite par Aristide Bruant et fut reprise avec succès par le groupe de rock alternatif Parabellum au début des années 1990.


Je me souviens encore de ma première femme
Elle s’appelait Nina, une vraie putain dans l’âme !
La Reine des morues de la plaine Saint-Denis,
Elle faisait le tapin dans la rue d’Rivoli !

Refrain :
Mort aux vaches ! Mort aux condés [1] !
Viv’ les enfants d’Cayenne ! A bas ceux d’la sur’té !

Ell’ aguichait l’client quand mon destin d’bagnard
Vint frapper à ma porte sous forme d’un richard...
Il lui cracha dessus, rempli de son dédain,
Lui mit la main au cul et la traita d’putain

Refrain

Moi qui était son mec et pas une peau de vache,
Moi qui dans ma jeunesse pris des principes d’apache,
’sortis mon 6.35, et d’une balle en plein cœur
Je l’étendis raide mort et fus serré sur l’heure !...

Refrain

Aussitôt arrêté, ’fus mené à Cayenne.
C’est là que j’ai purgé le forfait de ma peine...
Jeunesses d’aujourd’hui, ne faites plus les cons,
Car d’une simpl’ conn’rie, on vous fout en prison !...

Refrain

http://www.youtube.com/watch?v=ymSBGK3YPoI

Si je viens à mourir, je veux que l’on m’enterre
Dans un tout p’tit cim’tière près d’la rue Saint-Martin,
Quatr’ cents putains à poil viendront crier très haut :
« C’est le roi des julots que l’on coll’ au tombeau ! »

Refrain (bis)

1. ↑ Les vaches et les condés sont des mots d’argot désignant, ici, les policiers.


La ver­sion des Amis d’ta femme.

http://www.youtube.com/watch?v=ymSBGK3YPoI

Compléments :

http://www.atelierdecreationliberta...

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