Une tribune pour les luttes

Communiqué de presse Legal Team Calais

Procès NO BORDER du 12 juillet 2011 (Calais)

- "La PAF va devoir peaufiner ses faux témoignages "-
"Les trois sont relaxés pour les faits de violences et d’occupation illégale et sont reconnus coupables mais sans peine pour le refus de prise d’empreintes."

Article mis en ligne le samedi 16 juillet 2011

Le 12 juillet 2011, trois de nos camarades comparaissaient pour des faits
grotesques d’occupation illégale, rébellion en réunion et refus de prise
d’empreintes.

Courant Avril, alors qu’ils étaient en pleine activité pacifiste de
Cop-Watching, nos trois amis avaient été arrêtés dans le principale squat
de sans papiers et demandeurs d’asile du Calaisis. Ce raid policier
intervenant quelques jours après la publication sur les sites de rue89 et
des Inrocks de vidéos présentant ces même agents de la PAF agir de manière
peu déontologique. Ceux-ci n’ont pas caché leur volonté de se faire
justice eux même : immobilisation violente, coups et noms d’oiseaux
volèrent une fois de plus ce jour la !

Le système judiciaire français étant adapté pour protéger et légaliser au
maximum les violences d’état, se défendre face à des déclarations
mensongères de policiers assermentés n’est pas chose facile.

Convoqué à 8h30, il fallut cependant attendre jusqu’à 13h pour entendre le
président énoncer les faits reprochés et donner la version des nombreux
policiers ayant soumis de faux témoignages pour l’occasion. Ni les parties
civiles (Fréderique Gourdin et Gael Bertaux), ni les 4 témoins policiers
trouvés pour l’occasion n’ont pensé opportun de venir s’expliquer de vive
voix devant la cour ! Avaient-ils peur de se retrouver face aux prévenus
sans pouvoir utiliser les tonfa ou les lacrymogènes, ou bien peur de voir
démonter leurs versions des faits en direct par notre avocate ?
Après avoir écouté les réquisitions du procureur qui pour la globalité des
faits demandait 3 mois de sursis pour chacun, maître Marie Hélène
Calonne a su relever les nombreuses incohérences des déclarations des
policiers, mettre en avant la légitimité de l’action pacifique des
activistes, véritables grains de sables dans le système répressif, et
lier ce procès à la diffusion des vidéos et à la saisine du défenseur des
droits de l’Homme sur les violences policières à Calais.

Le délibéré tomba à 16h en présence de la trentaine de militants restés
toute la journée pour soutenir nos camarades. Les trois sont relaxés pour
les faits de violences et d’occupation illégale et sont reconnus coupables
mais sans peine pour le refus de prise d’empreintes.
Le jugement pour les dernières charges ajoutées à la hâte contre deux des
trois prévenus lors de l’action contre le CRA de Coquelle quelques jours
auparavant (refus de se soumettre à un contrôle d’identité) est reporté au
8 septembre a 13h30.

Ce résultat est évidemment une victoire pour notre mouvement et achève une
série de comparutions ridicules.
Pour rappel, le 23 juin une militante a été relaxée pour des faits
similaires de violence contre agent de la PAF, ce même jour trois de nos
amis demandeurs d’asiles soudanais ont eu aussi été relaxés pour des
accusations d’occupations illégales et le 29 juin une autre militante a
été condamnée à 500€ d’amende ( +1€ symbolique pour l’honneur du policier)
pour outrage.

Prochain rendez-vous au TGI de Boulogne, jeudi 8 septembre à 13h30 !

Ni la répression,ni les intimidations ne feront plier notre détermination.
Nous continuerons à surveiller et dénoncer les méthodes ultra-répressives
de la police envers les exilés et à lutter pour la liberté de circulation
et d’installation, la fermeture des centres de rétention et la fin des
expulsions.

LT NoBorder Calais


Calais : trois militants No Border relaxés

Nouvelle passe d’armes entre les No Border et la police calaisienne ce mardi. Accusés de violences en réunion sur des gardiens de la paix, trois militants ont été relaxés au bénéfice du doute

par Camille Polloni

http://www.lesinrocks.com/actualite...

(...)

Le président du tribunal rappelle les faits : Jans et les deux Lauren, "membres de la mouvance No Border", auraient résisté à leur interpellation sur ce terrain squatté. Lauren P. est accusée de s’être jetée sur une
gardienne de la paix pour tenter de lui arracher la caméra fixée à son épaule. La justice reproche à Jans d’avoir attaqué à son tour pour défendre son amie, et porté un coup au policier qui la maîtrisait. La jeune fille aurait alors pu charger un autre fonctionnaire. Lauren L., enfin, se serait précipitée sur un de ses collègues.

Un corps-à-corps qui se termine au commissariat, et dont ne subsiste, selon le médecin légiste qui a examiné les policiers, aucune "stigmate lésionnelle visible". En résumé, le policier dit "aïe", le médecin note "aïe", mais ne peut que se fier à la parole de son patient sans bleus ni bosses. Le patient demande 200 euros de dommages et intérêts.

Les prévenus nient les violences et donnent une autre version. Pour Lauren P., "la police cible les militants qui ont des caméras" :
"J’ai suivi une femme policier qui entrait dans l’entrepôt, en la filmant. Les
migrants montaient sur le toit pour s’enfuir, elle a retiré l’échelle. Elle est allée contrôler l’identité d’un premier migrant, puis d’un deuxième. Je la suivais toujours, elle était de plus en plus hostile envers moi, mettait sa main devant, se retournait, m’empêchait de filmer. Je la contournais, à un moment j’ai décidé de m’asseoir. Elle a saisi la caméra, l’a retiré de ma main et a marché dessus. Quatre policiers m’ont alors traînée par terre puis menottée. A l’extérieur, j’ai donné mon passeport, puis attendu quelques minutes avant d’être emmenée au commissariat."

Lauren P. dit avoir récupéré sa caméra "détruite" et "sans carte mémoire" à sa sortie de garde à vue. Trois plaintes ont déjà été déposées par les deux Lauren contre des policiers qui les auraient malmenées. Jans, lui, aborde la même question
"Quand la police est arrivée, on a fait ce qu’on fait tous les matins :
sifflé pour avertir les gens. Nous sommes là à cause des brutalités policières, c’est pour ça que nous avons des caméras.
"

"Oui oui, vous êtes la bonne conscience du monde", ironise le président. Se fiant à la jurisprudence, la procureure demande d’abandonner les poursuites pour occupation illégale et requiert pour chaque prévenu trois mois de sursis pour le reste. Elle écarte “la volonté d’impunité” prêtée aux policiers par les militants, rappelant que Lauren P. “vient importuner, filmer, tourner autour. Ils empêchent les forces de l’ordre d’agir et nuisent à l’interpellation”. Et, un peu fataliste :
“Le conflit entre les No Border et la police ne date pas d’hier, il n’est pas né de l’affaire que vous avez à juger aujourd’hui et il va perdurer dans les mois qui viennent.”

L’avocate de la défense, Marie-Hélène Calonne, plaide le parole contre parole, en
soulignant des contradictions dans les récits des policiers, et le “pacifisme” des militants. “On aurait bien aimé savoir ce qu’a filmé la policière, mais pas de chance, sa caméra ne fonctionnait pas ce jour-là.” Elle s’appuie également sur le contexte, connu comme délétère :
“Les vidéos dérangent. Celles qui ont été publiées ne l’ont pas été sur un petit site de n’importe quoi, ou sur Youtube, mais par Rue89 et Les Inrocks, qui ont tous les deux titré “Des vidéos qui font honte” (http://www.lesinrocks.com/actualite...). Effectivement ce sont des vidéos qui font honte à la police et à la façon dont elle travaille.”

Les prévenus sont relaxés au bénéfice du doute pour les faits de rébellion et condamnés pour le refus d’empreinte, mais avec une dispense de peine. Jugement accueilli par une salve d’applaudissements. Le 8 septembre, les deux Lauren repasseront au tribunal pour une action au centre de rétention
administrative de Coquelles.

Sur le bureau du tout nouveau Défenseur des droits trône le dossier sur les violences policières à Calais, déposé comme un cadeau de bienvenue par les No Border, avec le soutien de 19 associations et syndicats.

http://www.lesinrocks.com/actualite...


RDV Mardi 12 juillet à partir de 8h30 au TGI de Boulogne sur mer pour soutenir les militants inculpés !

Bonjour,

Le 12 juillet aura lieu un procès important lors
duquel 3 de nos camarades vont comparaitre pour des faits (non-avérés
bien-sur) de violences en réunion, occupations illégales et refus de soumission à la prise d’empreintes !

Comme les deux précédents procès du mois de juin, cette convocation a
uniquement pour but de nous affaiblir psychologiquement, moralement et
pourquoi pas financièrement ! Après l’intimidation des migrants, les
services de l’état semblent avoir pour objectif de se ré-attaquer aux défenseurs des droits de l’Homme !

Nos trois camarades étaient présents le 21 avril dernier dans le squat
africain (aujourd’hui démantelé) afin de travailler main dans la main avec
les sans-papiers pour lutter contre la répression policière dont ils sont
les victimes depuis maintenant beaucoup trop d’années ! Après avoir subi
violemment les multiples assauts de la police aux frontières, ils furent
arrêtés et gardés à vue quelques heures ! Ce raid policier n’était pour une
fois pas banal car il intervenait juste après la diffusion, par le groupe
NoBorder Calaisien, de vidéos et de témoignages montrant les mêmes agents
de la PAF de Coquelles en bien gênantes postures...

Mardi, le système judiciaire donnera probablement raison aux voix
assermentées des deux policiers accusateurs !

A noter que ces même services de police se sont acharnés depuis sur deux
militantes convoquées au tribunal mardi prochain. En effet, depuis le 21
avril, elles ont subi de véritables agressions physiques de la part des
agents de la PAF Coquelles et des CRS, trois d’entre elles ayant abouti
sur des dépôt de plaintes avec certificats médicaux + jours d’ITT !

Calais était, est et sera toujours le lieu de toutes les expérimentations
répressives et sécuritaires française et britannique ! Les techniques
d’intimidation menées par l’état sont une fois de plus testées sur les
populations "faibles" telles que les sans-papiers, les demandeurs d’asiles,
les chômeurs et les ouvriers ! Elles seront sans nul doute par la suite,
élargies à l’ensemble de la population !

Cette répression d’état nous concerne tous et c’est tous ensemble que nous
devons l’affaiblir et la détruire !

RDV Mardi 12 juillet à partir de 8h30 au TGI de Boulogne sur mer pour
soutenir les militants inculpés !

LT Calais
legal-team-calais chez riseup.net

P.S. Nous avons besoin d’aide pour nos frais de justice et
éventuellement payer nos amendes !


Voir Mille Bâbords

Soutien aux inculpés de Calais

17806

Pétition :
http://www.mesopinions.com/Soutien-...

Rapport No Border Calais frontière qui tue, juin 2011-1.pdf
17926

19 organisations ont soutenu, ce 22 juin, la saisine du Défenseur des droits, Dominique Baudis, à peine nommé en conseil des ministres, sur les violences policières à Calais. Les acteurs de la saisine sont des militant.e.s de No Border, organisation qui avait préparé un rapport factuel d’observation des brutalités de la police, fruit de deux années de travail sur le terrain.

Les organisations qui se sont jointes à l’initiative sont les suivantes :

Calais Migrant Solidarity (CMS), Action des chrétiens contre la torture (ACAT-France), Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers (ADDE), Association européenne pour la défense des droits de l’homme (AEDH), Auberge des migrants (Calais), Collectif de soutien des exilés (Paris), Comité médical pour les exilés (COMEDE), Emmaüs International, Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés (FASTI), Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Ligue des droits de l’homme (LDH), Marmite aux idées (Calais), Migreurop, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Terre d’errance (Norrent-Fontes - Pas-de-Calais).

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