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A bas le nucléaire civil et militaire

Les véritables raisons de l’envoi sur le Japon des bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki

les 6 et 9 août 1945

Article mis en ligne le samedi 6 août 2011

Nous avons conservé la mémoire des horreurs immédiates et dans le temps causées les 6 et 9 août 1945 sur les habitants des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki complètement rasées par l’envoi par l’armée américaine des premières - et seules - bombes atomiques jamais utilisées dans un conflit
L’emploi d’armes aussi barbares était devenu indispensable - dit-on alors officiellement - pour arrêter la guerre et épargner des centaines de milliers de vies. Des documents démentent cependant cette thèse et révèlent que ces destructions, comme celle de Dresde le 13 février 1945, avaient pour objectif d’impressionner les Soviétiques, d’arrêter leur avance au japon et en Allemagne, et marquaient, en fait, le début de la guerre froide.

Le 7 mai 1945, lorsque le maréchal Jodl signa l’acte de capitulation de l’Allemagne nazie, son allié, le Japon impérial, n’était déjà plus que l’ombre de lui-même : son arme d’élite d’autrefois, l’aviation, ne comprenait plus qu’un petit nombre d’adolescents dont la plupart étaient assignés à des missions kamikazes ; il ne restait pratiquement plus rien de la marine marchande et de la marine de guerre. Les défenses antiaériennes s’étaient effondrées : entre le 9 mars et le 15 juin, les bombardiers B-29 américains avaient effectué plus de sept mille sorties en subissant seulement des pertes mimimes.

Et, même en admettant le bien-fondé de la destruction d’Hiroshima, , comment justifier la seconde démonstration de la capacité d’extermination effectuée trois jours plus tard à Nagasaki ?

Déjà à l’époque le secrétaire d’Etat James Byrnes - qui, au Sénat, avait été le mentor de Truman avant que ce dernier n’accède à la présidence après la mort de Roosevelt le 12 avril 1945 - ne cachait d’ailleurs pas les raisons de cet exploit. Son idée était que la possession et l’usage de la bombe rendraient la Russie plus contrôlable. Le mot-clé n’est ni "compromis" ni "négociation" mais "contrôlable". Ce que Truman confirma lui-même : "Byrnes m’avait déjà dit [en avril 1945] qu’à son avis la bombe nous permettrait de dicter nos conditions à la fin de la guerre."

L’arme de destructionmassive ne fit pas l’unanimité au sein du petit noyau des décideurs. A son grand honneur, le général Dwight Eisenhower nota dans ses Mémoires, lorsqu’il fut informé de son usage imminent par le ministre de la guerre, Henry Stimson : "Je lui fis part de la gravité de mes doutes. D’abord sur la base de ma conviction que le Japon était déjà battu, et donc que l’utilisation de la bombe était complètement inutile. Ensuite, parce que je pensais que notre pays devait éviter de choquer l’opinion mondiale en utilisant une arme qui, à mon avis, n’était plus indispensable pour sauver des vies américaines." De la même manière, le chef d’état-major, l’amiral William Leahy, un partisan du New Deal, écrivit : "Les Japonais étaient déjà battus et prêts à capituler. L’usage de cette arme barbare à Hiroshima et à Nagasaki n’a apporté aucune contribution matérielle à notre combat contre le Japon." Les Etats-Unis, poursuivit-il, "en tant que premier pays à utiliser cette bombe ont adopté des normes éthiques semblables à celles des barbares du Haut Moyen Age".


La bombe atomique dégage toujours 3 effets dévastateurs.

Dès le premier millionième de seconde, l’énergie thermique est libérée dans l’atmosphère et transforme l’air en une boule de feu d’environ un kilomètre de diamètre et de plusieurs millions de degrés planant quelques secondes au-dessus d’Hiroshima. Au sol, la température atteint plusieurs milliers de degrés sous le point d’impact. Dans un rayon de 1 km, tout est instantanément vaporisé et réduit en cendres. Jusqu’à 4 km de l’épicentre, bâtiments et humains prennent feu spontanément ; les personnes situées dans un rayon de 8 km souffrent de brûlures au 3 degré.

Après la chaleur, c’est au tour de l’onde de choc de dévoiler son effet dévastateur : engendrée par la phénoménale pression due à l’expansion des gaz chauds, elle progresse à une vitesse de près de 1.000 km/h, semblable à un mur d’air solide. Elle réduit tout en poussières dans un rayon de 2 km. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont entièrement détruits.

Le troisième effet, encore très méconnu en 1945, celui de l’explosion nucléaire, est le plus spécifique à la bombe, mais pas le moins meurtrier. Il entraîne des cancers, des leucémies,... Il est d’autant plus terrifiant que ces effets n’apparaissent que des jours, des mois, voire des années après l’explosion.

A Hiroshima, le total des morts en 2005 s’élèverait à 237 062 personnes pour une population de 256 300 à 310 000 habitants à l’époque.


Et puis, l’art, un des meilleurs moyens de conserver vivant le souvenir ...


Hiroshima Mon Amour
 : Un des plus beaux films de l’Histoire du cinéma (le plus beau ?) où l’amour est étroitement mêlé du début à la fin à l’Histoire, tourné admirablement par Alain Resnais sur un scénario et avec la participation de Marguerite Duras
Le film présente des images authentiques des effets de la bombe et des victimes.

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