Une tribune pour les luttes

Collectif contre le dépouillement de l’école

Nus contre le dépouillement de l’école

Plus de 30000 signatures du Manifeste contre le dépouillement de l’école
"Le ministre de l’Education natio­nale Luc Chatel s’est dit "cho­qué" que des ensei­gnants posent nus pour un calen­drier afin de pro­tes­ter contre le "dépouille­ment" de l’école !
Réponse des enseignants.

Article mis en ligne le jeudi 29 septembre 2011

http://www.ecole-depouillee.net/spip.php?article2


Le "mani­feste contre le dépouille­ment de l’école", recueillait déjà aujourd’hui 24 septembre près de 22000 signatures.

http://www.ecole-depouillee.net/spip.php?article6


Les Dépouillés répondent au ministre de l’Éducation nationale, invité du 12/13 sur France 3 du 18 septembre

Monsieur le ministre,

Qui dévalorise l’institution scolaire ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui envoie les nouveaux enseignants non formés, donc «  tout nus » devant les élèves ?

Qui ne respecte pas le statut de l’enseignant ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un ministère qui supprime 80 000 postes de titulaires en cinq ans puis recrute des personnels non qualifiés, précaires et sous payés ?

Qui dénigre l’école ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un ministre qui prétend former des citoyens avec des cours de morale alors qu’il supprime des cours d’histoire ?

Qui s’attaque aux valeurs de la République ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un président qui affirme que jamais l’instituteur ne pourra remplacer le curé dans la transmission des valeurs ?

Qui salit l’image de l’enseignant ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou une pseudo-réforme qui propose un seul enseignant pour un «  accompagnement personnalisé » auprès de 30 lycéens en même temps ?

Qui ne respecte pas la démocratie sociale ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui passe en force des lois destructrices au mépris du dialogue social et des mobilisations massives ?


Qu’est-ce qui est choquant, monsieur le Ministre ?

15 professeurs dénudés symboliquement ou un ministère qui supprime la carte scolaire et instaure « l’autonomie » des établissements, donc une inégalité profonde entre les élèves ?

Mais vous avez raison sur un point, monsieur le Ministre, les Français sont très attachés à l’école publique : depuis dix jours, plus de 9 000 citoyens ont déjà signé le Manifeste contre le dépouillement de l’école. Ils ont compris que, loin de dénigrer l’école, la "geste" des dépouillés cherche à lui redonner la dignité que votre gouvernement lui enlève davantage chaque jour. Nous espérons que vous entendrez leur révolte qui n’est pas minoritaire.

Le Collectif contre le dépouillement de l’école, le 19 septembre 2011


Manifeste contre le dépouillement de l’école

Nous, collectif contre le dépouillement de l’école, déclarons que les « réformes » appliquées à l’Éducation nationale n’ont de réforme que le nom, et qu’elles masquent en réalité, le plus insupportable, le plus dangereux des dépouillements. Aujourd’hui, selon une logique comptable et technocratique à courte vue, les fondements de l’école républicaine sont menacés, et l’idéal d’une éducation de qualité pour tous sapé à la base.

Nous proclamons aujourd’hui que « l’école est nue ».

Nue non seulement parce qu’elle est privée de moyens financiers, mais aussi et surtout parce qu’elle est amputée progressivement de son sens, expurgée de la visée humaniste qui, depuis les Grecs, lui donne son nom d’« école ».

L’école est dépouillée quand le gouvernement tarit les concours de recrutement de professeurs, quand il n’assure plus la relève des enseignants retraités, ni les remplacements de professeurs malades ou en congé, et qu’il fait appel à des « viviers de vacataires » non formés et corvéables à merci.

L’école est abandonnée, quand l’État se décharge de son financement sur les collectivités locales, supprime la carte scolaire et impose l’«  autonomie des établissements », instaurant de telles inégalités entre académies, filières et élèves, qu’il bafoue ses principes républicains.

L’école est dégarnie, quand elle est vidée de sa présence humaine (surveillants, conseillers d’orientation-psychologues, médecins et infirmiers scolaires, assistants sociaux, assistants pédagogiques…), remplacés par des caméras de surveillance et autres portiques de sécurité.

Les professeurs sont démunis, placés devant des élèves sans formation pratique sérieuse quand ils débutent ; obligés, au détriment de la qualité de leurs cours, d’assumer des tâches de plus en plus nombreuses ; sommés, dans certaines filières «  réformées », de se convertir à des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas en l’espace de quelques semaines ; travaillant souvent sans manuel scolaire et sans savoir à quel examen ils préparent les élèves, car les nouveaux programmes sont appliqués dans la précipitation ; contraints de bricoler, de s’agiter, de faire semblant, de s’adapter à tout et surtout à n’importe quoi sous couvert d’innovation pédagogique.

Les professeurs sont destitués, désormais recrutés, selon leur conformité idéologique au modèle du « fonctionnaire responsable » davantage que pour leur maîtrise d’un savoir ; bientôt réduits à des employés lambda, privés de l’essentiel de leur liberté pédagogique, soumis à une concurrence absurde ; obligés pour mendier des moyens de vendre leurs « projets » comme une soupe, et de se battre contre d’autres professeurs pour conserver leurs heures de cours ou leur poste.

Les élèves sont spoliés, parqués à 35 ou 40 dans les classes, livrés à la loi des «  flux », broyés dans la masse ; privés de centaines d’heures de cours dans les différentes disciplines, au profit d’activités-gadgets ; privés de dispositifs efficaces de soutien ; leurs familles rendues responsables de leur échec via des « contrats de réussite » ou des « stages d’été » inadaptés.

Les élèves sont appauvris parce qu’on leur refuse d’apprendre le latin et le grec, les langues dites «  rares » (c’est-à-dire toutes hormis l’anglais), les arts et ce qui n’est pas «  rentable » ; parce que les nouveaux programmes leur proposent de l’anglais sans Shakespeare, de l’histoire sans passé, du français sans grammaire, des mathématiques sans démonstration – toujours moins de culture, et plus de procédures.

Les élèves sont dépecés, eux que l’on doit calibrer avec des «  items » selon les nouvelles «  grilles de compétences », comme si l’intelligence humaine pouvait se découper en tranches ; eux à qui l’on doit inculquer un « socle commun de connaissances et de compétences » davantage fondé sur l’idéal de l’O.C.D.E que sur celui de Montaigne.

Aujourd’hui nous appelons tous les «  dépouillés » de l’Éducation nationale à nous rejoindre. Professeurs, parents, élèves, citoyens, il est encore temps d’inverser le cours délétère des pseudo-«  réformes » qui transforment l’école en garderie sociale et transfèrent ses missions vers le secteur privé, au profit des plus riches et des mieux informés. Il suffit d’une volonté politique, celle de démocratiser le savoir, jadis portée par un Condorcet, un Jules Ferry, ou le comité national de la Résistance (qui a produit la commission Langevin-Wallon). Nous en appelons aux responsables politiques français, pour qu’ils agissent résolument contre le dépouillement de l’Éducation nationale.

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