Une tribune pour les luttes

Fédération LDH13

Expulsion des Rroms de Marseille

…. quand le Samu Social sert de caution morale à une politique inhumaine et xénophobe !!

Article mis en ligne le mardi 27 septembre 2011

Marseille le 27 septembre 2011

Le scénario est maintenant bien rodé. Un important déploiement policier s’est mis en place dès 6 heures ce matin pour procéder à l’évacuation de 200 personnes, dont de nombreux enfants, installées dans le quartier de St Barthélémy à Marseille.
La violence institutionnelle est criante et une journaliste qui voulait filmer cette intervention, a été violemment embarquée pour être placée en garde à vue. Les autres journalistes devront attendre sagement le feu vert de la préfecture pour prendre note des déclarations officielles.

Nous dénonçons cette atteinte au droit d’être informé, une atteinte à la liberté de la Presse.
Cette attitude vis-à-vis des médias est significative d’une politique qui, loin de travailler aux réponses possibles pour l’accueil et l’accompagnement social de ces familles en grandes difficultés, participe d’une politique d’exclusion, de discrimination. Une politique qui renforce une idéologie d’extrême droite, le racisme et la xénophobie déjà bien présents au sein de la population marseillaise en but à de réelles difficultés sociales.

Les échanges spontanés avec quelques habitants du quartier doivent nous alerter sur le devoir de mémoire des exactions commises à l’encontre de ce peuple avec la triste collaboration de la police et d’une partie de la population. Un relent de nationalisme s’exprime clairement et l’attitude irresponsable du maire de Marseille, laissant pourrir la situation, ne peut que renforcer représentations et clichés.
En guise de Mercédès et de BMW de luxe, ces familles sont reparties à la recherche d’un abri de fortune emportant dans des caddies toute leur vie ;
….et en prime le « quatre quart » généreusement distribué par le SAMU SOCIAL totalement instrumentalisé pour cette basse politique .

Rappelons ici à Monsieur le Maire son engagement à organiser une table ronde regroupant les collectivités territoriales, les partis politiques et les associations, pour travailler ensemble, au-delà de nos divergences, à des solutions concrètes et adaptées, pour l’accueil et l’accompagnement de ces familles.

Nous demandons que cesse immédiatement toute expulsion sans proposition concrète d’accueil et d’hébergement pérenne.

Nous en appelons à la conscience de tous les marseillais pour que s’expriment résistance et solidarité, car l’histoire nous a montré qu’à travers le traitement réservé aux Rroms, ce sont les Droits de l’Homme qui sont menacés.

Pour la LDH 13
Bernard Eynaud

LIGUE DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN
Fédération des Bouches du Rhône
34, cours Julien 13006 Marseille
ldh.federation13 chez wanadoo.fr
06 80 95 22 39

Retour en haut de la page

3 Messages

  • Le 3 octobre 2011 à 20:59, par (re)passant

    Pourquoi les roms n’essayent-ils pas tout simplement de travailler ? Je fais un boulot où on emploie beaucoup de manutentionnaires à peine au dessus du smic et encore grâce aux primes de nuit. Mes compagnons viennent d’Afrique noire, d’Afrique du nord situations bien peu claires pour beaucoup, je suis au courant car comme j’ai un niveau scolaire suffisant je peux les aider dans leurs démarches. Des roms je n’en ai jamais vu.

    • Le 3 octobre 2011 à 23:17, par

      Les Roms ont théoriquement accès à 150 métiers en pénurie de main-d’œuvre. En pratique, ils doivent disposer pour cela d’une autorisation de travail. Les délais d’obtention sont de 3 à 6 mois à partir d’une promesse d’embauche à temps plein. Le plus souvent, l’employeur (qui doit en plus payer une taxe spéciale) ne peut attendre la réponse et embauche quelqu’un d’autre. Sans droit de travailler et sans aucune ressource, certaines familles roms se tournent vers un travail non-déclaré ou vers la mendicité. (source ATD Quart Monde

      « Pour mettre fin à la ’question rom’, il faut leur ouvrir l’accès au marché du travail.
      ...Les mesures transitoires, maintenues en place seulement par dix pays européens, imposent, pour avoir un titre de séjour, d’obtenir un contrat de travail. Celui-ci est soumis à trois conditions : être dans le cadre des métiers dits sous tension, pour lesquels on manque de main-d’œuvre ; trouver un employeur qui paie une taxe de 800 à 1 600 euros ; obtenir l’accord de la direction du travail, qui peut mettre deux à six mois.
      Il est donc exceptionnel de trouver un employeur qui accepte ces conditions en dehors des employeurs militants ou associatifs. » (Laurent El-Ghozi, président de la Fnasat)

      • Le 4 octobre 2011 à 08:31, par

        La plus grande partie des Rroms roumains, avant la "libéralisation" du régime étaient sédentaires et travaillaient. Ce qui n’empêchait pas le racisme dû entre autres au fait qu’ils étaient esclaves en Roumanie jusqu’à la fin du 19ème siècle.

Retour en haut de la page

Communiqués c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 4505

Ligue des Droits de l’Homme (LDH) c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 250