Une tribune pour les luttes

Osez le féminisme et les Chiennes de garde

Campagne : « Mademoiselle, la case en trop ».

« Mademoiselle », une civilité discriminatoire et sexiste

Article mis en ligne le jeudi 29 septembre 2011

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n’appelait pas un homme célibataire « Mondamoiseau », voire « jeune puceau » ? Pas étonnant, ce type de distinction est réservé aux femmes…

En effet, en France, en 2011, les femmes et les hommes ne sont toujours pas logés à la même enseigne : civilité unique pour les hommes, double civilité pour les femmes !

Osez le féminisme et les Chiennes de garde lancent donc aujourd’hui une campagne intitulée « Mademoiselle, la case en trop » pour rappeler que la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire. Et surtout, qu’elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société.

La campagne a vocation à mettre fin à cette inégalité, mais aussi à informer les femmes de leurs droits et à mettre à leur disposition des outils pour faire changer leur civilité.

Retrouvez toute la campagne « Mademoiselle, la case en trop » sur le site www.madameoumadame.fr


« Mademoiselle » : une civilité discriminatoire et sexiste

Les femmes et les hommes ne sont pas, aujourd’hui en France, à égalité sur le plan de leur civilité. Les hommes sont appelés toute leur vie « monsieur ». À l’inverse, les femmes sont « mademoiselle », puis « madame ». Et le passage de l’un à l’autre ne dépend ni de leur âge, ni de leur statut professionnel, mais bien de leur statut marital. « Mademoiselle » a donc un caractère intrusif, que « monsieur » ou « madame », plus neutre, n’ont pas.

Ce n’est pas flatteur !

Il est bien plus poli d’appeler une femme « madame », et ainsi de ne pas porter de jugement sur sa vie privée. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas flatteur de laisser entendre à une femme qu’elle est "disponible", notamment dans un contexte professionnel !

Cette civilité est révélatrice de la place des femmes dans la société, qui sont encore infériorisées et ne peuvent toujours pas jouir de l’ensemble de leurs droits. C’est une réminiscence de l’époque où les femmes passaient, avec le mariage, de l’autorité de leur père à l’autorité de leur mari. Le langage est, parmi d’autres, un indicateur des inégalités entre les femmes et les hommes. Il révèle le retard de la France par rapport à de nombreux pays. Le Danemark, les Etats-Unis et l’Allemagne ont abandonné cette double civilité et au Canada, l’appellation « mademoiselle » est même devenue une insulte !

Ce n’est pas obligatoire !

Beaucoup de femmes pensent que cette civilité a un caractère obligatoire, qu’il faut justifier d’un mariage pour être appelée « madame ». Pourtant, ce n’est pas le cas. Lorsque le statut marital a une importance, dans les relations avec l’administration fiscale par exemple, il est demandé, indépendamment de la civilité utilisée. Une femme peut donc dès sa naissance être appelée Madame, sans fournir la moindre justification.

Depuis plus de quarante ans, des circulaires rappellent à l’administration qu’aucun document ne peut être exigé d’une femme qui souhaite user de la civilité « madame ». Pourtant, de nombreuses femmes se heurtent à des difficultés pour faire valoir leurs droits, que ce soit dans leur relation avec l’État ou avec des entreprises. L’administration continue de privilégier le « mademoiselle » lorsqu’elle s’adresse à une femme non mariée.

Nous demandons à ce que l’usage de principe soit la civilité « Madame »,
plus neutre et équivalent de Monsieur.

Et le nom de jeune fille ?

Le « nom de jeune fille », tout comme le « mademoiselle », datent d’une époque où les femmes n’étaient pas autonomes et dépendaient d’abord de leur père, puis de leur mari. Puisque ce temps est aujourd’hui révolu, les termes doivent eux aussi changer !

L’administration doit appliquer la loi du 6 fructidor an II (1794) qui pose le principe selon lequel les femmes gardent leur « nom de naissance » toute leur vie. Si elles souhaitent porter le nom de leur époux après le mariage, tout comme les hommes peuvent le faire avec le nom de leur épouse, celui-ci est alors leur « nom d’usage ».

Nous demandons que le terme « nom de jeune fille » dans les documents administratifs, mais aussi dans les formulaires des entreprises, soit remplacé par le terme « nom de naissance ».


Soyez actrices et acteurs de la campagne !

Retrouvez sur le site un mail-type à envoyer à vos députés et au gouvernement pour demander la suppression de la civilité « Mademoiselle » dans les formulaires administratifs.

Retrouvez sur le site un kit pour faire changer votre civilité auprès de tous vos interlocuteurs.

Relayez la campagne autour de vous !

Relayez l’affiche et le badge (en pièce jointe), le mail-type à envoyer aux députés et au gouvernement, le kit de changement de civilité.

Faites circuler les chroniques vidéos réalisées spécialement pour la campagne : « Dites le en clown » et « Ma vie de mademoiselle ».

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4 Messages

  • Le 30 septembre 2011 à 17:06, par

    Samedi 1er octobre 2011, 15h30 environ, Catherine Tasca monte à la tribune du Sénat sous les acclamations de ses pairs. L’instant est historique. Pour la première fois, une femme vient d’être élue Présidente de la Haute Assemblée.

    Seulement voilà, en France en 2011, ce scénario est envisageable au cinéma, peut-être même dans un téléfilm, vous pourriez le découvrir dans un roman mais il n’est pas question qu’il se produise dans la réalité !

    (...)

    L’argument de la compétence n’est pas recevable ici, qu’importe ! On agite le chiffon rouge de la division, le parti en danger ! On campe artificiellement la droite en prestidigitateur rusé, capable d’escamoter une majorité qu’elle n’a pas su conserver dans le plus fortifié de ses bastions.

    Démontez une excuse, on vous en opposera aussitôt une autre. On multipliera les explications techniques, les justifications conjoncturelles pour affirmer qu’il n’y a rien de sexiste dans ces choix.

    Le combat s’apparente à une guérilla de tous les instants. Les résistances à l’égalité réelle sont si profondes que s’en remettre à la patience est un leurre. Car à y regarder de près, ce n’est jamais le bon moment. La parité, c’est ce qu’on fera demain. C’est promis.

    En 2001, le Sénat comptait dans ses rangs près de 30% de femmes. En 2011 cette proportion n’atteint plus que 22,13%. 77 sénatrices siègeront à la prochaine session soit 3 de moins qu’aujourd’hui. Victoire historique de la gauche, nous dit-on. Certes.

    (...)

    L’alternance demeure ce qu’elle est invariablement : masculine.

    (...

    Par Gwen Fauchois

  • Le 30 septembre 2011 à 18:24, par
  • Le 1er octobre 2011 à 12:18, par innocent de colins d’holbach

    il faut maintenir mademoiselle, mais uniquement pour celles (et ceux) qui le demandent expressément. maintien donc du choix, mais madame par défaut. parler de nom de naissance est inadéquat et stupide. on n’a qu’un seul nom. ajouter le nom du conjoint (toujours APRES le nom officiel) est acceptable, mais ne peut pas être exigé. choisir la liberté n’est pas un mauvais choix. d’incertaines voient dans mademoiselle une allusion à une très éventuelle virginité. pourquoi alors dit-on madame à une religieuse ?

  • Le 4 octobre 2011 à 11:58, par

    Bonjour,

    Que dire des actes de décès (entre autre dans le journal) ou la personne décédée si c’est une femme
    Mme Henri DUPOND née Martine DUCHEMIN,

    elles perdent même leur identité, même au prénom est substitué celui de son mari, on trouve aussi

    lorsqu’une femme décède on trouve toujours « veuve de » le cas échéant, par contre pour les hommes, très rarement « veuf de »

    Combien de fois trouve t on :

    Madame Henry DUPOND, mais jamais Monsieur Martine DUCHEMIN ???

    Ce sera long à changer….

    Danièle

    http://blogs.lesinrocks.com/cestvou...

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