Une tribune pour les luttes

Collectif Coup Pour Coup 31 :

Georges Abdallah, en prison en France depuis 28 ans, et solidaire des 7000 prisonniers palestiniens en grève de la faim !

Rassemblement à Toulouse le 22 octobre pour exiger sa libération et en solidarité avec les prisonniers palestiniens !

Article mis en ligne le samedi 15 octobre 2011

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Aujourd’hui, samedi 22 octobre, une centaine de personnes se sont réunies à Toulouse pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah. De nombreuses organisations étaient représentées : Coup Pour Coup 31, OCML-VP, NPA 31, Secours Rouge Arabe, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, AGEN, Comité Anti-Impérialiste, AFPS Pau, EuroPalestine Toulouse, PCmF etc. L’article s’enrichira dans les prochains jours, notamment des interventions des autres organisations. Par ailleurs, un rassemblement lundi 24 octobre est organisé à Clermont Ferrand, voir l’appel ICI (http://movoc-auvernha.blogg.org/the...)

Ci-dessous l’intervention de Georges Ibrahim Abdallah faite à l’occasion du rassemblement :

Cher« e »s Camarades, cher« e »s ami« e »s,

À l’aube de cette 28e année de captivité votre mobilisation solidaire me va droit au cœur ; elle m’apporte beaucoup de force et d’enthousiasme.
Ce ne sont pas que des mots ! Vous savez Camarades, quand on est dans ces sinistres lieux depuis tant d’années, c’est toujours avec une intense émotion que l’on perçoit les initiatives des ami« e »s et des camarades rassemblés tout près ou à quelques kilomètres seulement de nos lieux de détention… Et c’est toujours avec une vive émotion aussi que l’on peut leur signaler, et souvent maladroitement d’ailleurs, la chaleur et la force qu’ils nous apportent ici par leur simple présence solidaire…
Vous voyez Camarades, votre rassemblement aujourd’hui ne peut certainement pas mieux tomber… En effet, cette semaine a été vraiment très riche en événements ayant rapport à la captivité, la solidarité et la lutte derrière les abominables murs, tout particulièrement en Palestine. Cette Palestine, quoi que l’on dise, demeure un des principaux leviers de la révolution arabe ; un trait d’union entre le mouvement des masses dans les diverses entités arabes. Tout ce que s’y passe trouve un grand écho immédiat dans tout le monde arabe ; et à ce niveau, les impérialistes de tous bords ne s’y trompent pas. C’est pourquoi d’ailleurs les États-Unis ont vite exprimé leur désapprobation de l’accord concernant la libération des combattants Palestiniens ces derniers jours. Des milliers, des dizaines de milliers attendaient à Gaza et en Cisjordanie ce mardi 18 octobre ; tout un peuple attendait : des vieux, des jeunes, des enfants, tous attendaient de très bonne heure…Ils attendaient le père, la mère, le frère, la sœur, le fils, la femme, le mari ou tout bonnement le camarade ou le voisin… En fait ils les attendaient depuis toujours depuis une éternité… Pour certains d’entre eux depuis avril 1978, jour de leur enlèvement et de leur disparition derrière les abominables murs…
Finalement Camarades, la Résistance Palestinienne vient de les arracher aux griffes sionistes… Un peu plus de mille combattantes et combattants viennent d’être libérés… C’est un grand jour dans l’histoire de la lutte palestinienne… La Résistance a pu imposer la libération des camarades originaires du territoire occupé en 1948 et du plateau de Golan ainsi que d’Al Qods. C’est une première dans le parcours de la lutte antisioniste et c’est vraiment très important… L’unité de tout le peuple palestinien se trouve ainsi affirmée avec force et c’est d’une importance capitale dans la période actuelle.
Certes, la Résistance a dû accepter que certains des camarades originaires de Cisjordanie soient obligés de rester à Gaza loin de leur famille. Pire encore, elle a dû accepter aussi que 40 de ses plus valeureux combattants soient expulsés pour un temps en dehors de la Palestine vers des pays frères ou amis et bien entendu c’est contraire aux lois internationales. Cependant, ce qui est le plus douloureux Camarades, c’est que la Résistance n’a pas pu obtenir la libération de tous les camarades, surtout pas ceux dont les conditions de détention sont les pires, à savoir ceux qui se trouvent à l’isolement depuis, pour certains d’entre eux, une bonne dizaine d’années… _ Camarades, il en est toujours ainsi des tourments du peuple palestinien : les moments d’allégresse et de grande joie ne sont que l’autre face de profondes blessures et d’énormes douleurs que les criminels sionistes font tout pour démultiplier et pérenniser. Quoi de plus douloureux camarades, qu’au moment de la libération après 33 longues années de captivité le militant s’en allant vers la liberté se voit obligé de laisser dans les sinistres lieux des camarades en pleine grève de la faim !
Certainement, il va falloir compter, entre autres, sur la mobilisation solidaire pour faire cesser les mauvais traitements dont nos camarades font l’objet dans les geôles sionistes et en premier lieu en finir avec le régime d’isolement qui leur est appliqué… En attendant que la Résistance fasse le nécessaire et les arrachent aux griffes des leurs geôliers, il faut tout faire Camarades, pour être à leurs côtés dans cette grève de la faim qu’ils observent depuis le 27 septembre…
Camarades, comme vous savez, la solidarité et particulièrement la solidarité internationale, est une arme indispensable pour ceux et celles qui résistent dans les geôles sionistes de triste mémoire. Je sais très bien, camarades, et notre peuple le sait aussi. Quand il s’agit de solidarité prolétarienne internationale les communistes répondent toujours : présents. Leur place est aux premiers rangs de ceux et celles qui se mobilisent contre l’injustice et pour l’avènement d’un monde meilleur.

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes ! Toute la solidarité avec les camarades qui résistent dans les geôles sionistes ! Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte ! La solidarité est une arme, faisons-en bon usage !

Ensemble, Camarades, nous vaincrons et certainement ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons. À vous tous, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires camarades et à travers vous à tous les camarades qu’on vient de libérer et à ceux et celles qui résistent dans les geôles sionistes.

Votre camarade Georges Abdallah. 22/10/2011

Intervention de notre collectif Coup Pour Coup 31 :

Je vais prendre la parole au nom du collectif Coup Pour Coup 31. Nous sommes un collectif anti-impérialiste qui milite à Toulouse et plus particulièrement dans les quartiers populaires de Bagatelle, de la Reynerie et d’Empalot.

Nous sommes à l’initiative de ce rassemblement afin d’exiger la libération de Georges Abdallah, à la veille de sa 28ème année d’incarcération. Nous remercions les différentes organisations et militants présents qui ont contribué à faire de ce rassemblement une réussite.

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais emprisonné à Lannemezan et incarcéré en France depuis 1984 pour des actions de résistance antisioniste. D’abord militant au Front Populaire de Libération de la Palestine, il a ensuite lutté au sein des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises.

S’il est emprisonné depuis 1984, c’est parce qu’il a été condamné pour complicité dans l’exécution d’un responsable du Mossad (les services secrets israéliens) en France et d’un attaché militaire états-unien à Paris. Or, il faut savoir que particulièrement dans les années quatre-vingt, le Mossad parcourait le monde afin de tuer des militants progressistes. Les FARL, en réaction, décidèrent de mener la lutte de résistance en frappant les intérêts impérialistes et sionistes.

Durant le premier procès, Georges Ibrahim Abdallah est jugé pour détention d’armes et d’explosifs et est condamné à quatre ans de détention. Le président des États-Unis, Reagan intervient au près de Mitterrand trouvant cette peine trop clémente. Les services secrets français vont alors découvrir opportunément de nouvelles armes qui permettent de le rejuger. Il requiert alors en 1987 une peine de dix ans. Cette décision paraissant encore trop « indulgente » aux yeux des États-Unis et d’Israël, il est alors condamné à perpétuité par une cours d’exception. L’acharnement judiciaire ne s’arrête pas là : il est prouvé quelque temps après le procès que l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, lorsqu’il plaidait sa défense était un agent des services secrets français et la régularité du procès ne fut même pas remise en question !

En 1999, la juridiction régionale autorise sa libération mais le ministre de la justice de l’époque, Dominique Perben, intervient directement pour qu’il soit maintenu en prison.

L’histoire judiciaire de Georges Abdallah est l’illustration d’une justice aux ordres des intérêts impérialistes et de la bourgeoisie.

Nous soutenons la libération de G. Abdallah car c’est un militant révolutionnaire, anti-sioniste et anti-impérialiste. Son combat est aussi le notre.

Le fait qu’il soit incarcéré en France n’a rien d’anodin. En effet, le soutien de la France à l’État sioniste n’est pas nouveau et n’a jamais été caché. C’est un soutien largement partagé par tous nos gouvernements successifs. C’est aussi un soutien actif : la France vend par exemple des armes à Israël. Si les puissances impérialistes appuient si largement et activement Israël, c’est qu’elles y ont des intérêts, qu’ils soient économiques, politiques ou géo-stratégiques.

Lutter pour la libération immédiate de G. Abdallah ici en France, c’est aussi un moyen de lutter contre notre propre impérialisme, qui opprime et exploite de nombreux peuples. Les évènements récents au Maghreb et au Proche-Orient en sont par ailleurs d’autres manifestations. Au delà de la solidarité, qui est nécessaire, lutter contre notre propre impérialisme est la meilleure façon d’appuyer ceux qui luttent dans leur pays pour leur émancipation.

G Adballah à toujours été clair sur ses opinions politiques et ses positions sur la Palestine. Il revendiquait et revendique toujours : – Une Palestine, libre, laïque et multiculturel. Un seul état sur le territoire historique de la Palestine. – Le droit au retour de tous les palestiniens qui ont du s’exiler suite aux multiples agressions et à la colonisation sioniste depuis 1947. Ces positions sont les positions historiques du mouvement de résistance palestinien, revendiquées par l’ensemble de la résistance pendant très longtemps. Elles sont minoritaires aujourd’hui, notamment depuis les accords d’Oslo de 1993 où l’OLP négocia un compromis avec l’Etat sioniste. Elles restent une ligne de démarcation claire avec le Hamas et le Fatah. Le Fatah, au pouvoir reconnaît l’Etat d’Israël. Le Hamas lui, porte des positions clairement réactionnaires : création d’un Etat religieux, volonté de combattre les juifs et présenter le conflit comme un conflit religieux. Reconnaître Israël et soutenir la création de deux États, comme l’a par exemple demandé l’Autorité Palestinienne à l’ONU récemment, c’est oublier que l’État sioniste est un état colonial par nature. De plus seul la création d’un État laïc, démocratique et multiculturel peut créer les conditions de l’unité de toutes les classes populaires israélienne et palestiniennes nécessaires à leur émancipation. Lutter pour la libération de G. Abdallah est donc aussi un moyen de soutenir la frange progressiste de la résistance Palestinienne comme le FPLP ou le FDLP, et de populariser ces positions.

Enfin, soutenir Georges Abdallah c’est aussi soutenir la lutte des prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis le 27 septembre.

Georges Abdallah a préparé une déclaration depuis sa prison que nous allons diffuser et nous invitions les différentes organisations à prendre la parole. Merci.

Palestine vivra ! Palestine vaincra ! Vive la lutte des peuples contre l’impérialisme ! Libérez Georges Abdallah !


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lundi 3 octobre 2011

Déclaration du collectif Coup Pour Coup 31 :

Les prisonniers palestiniens en grève de la faim, Georges Abdallah solidaire !

Le 27 septembre 2011, 200 prisonniers palestiniens membres du Front Populaire de Libération de la Palestine se sont mis en grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et la politique d’isolement des prisonniers. Par exemple, le secrétaire général du FPLP Ahmad Sa’adat est isolé dans une cellule et n’a pas droit de voir ses proches depuis 5 ans. D’autres sont isolés depuis 10 ans. Aujourd’hui, 7000 prisonniers palestiniens sont en grève de la faim et refusent même les médicaments. Des manifestations de solidarité sont prévus dans toutes les villes et camps palestiniens de Syrie, du Liban et en Palestine.

Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais pro-palestinien, a entamé aujourd’hui une grève de la faim en solidarité avec les prisonniers palestiniens depuis sa prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Après 27 ans de prison passées en France pour des actes de résistance contre l’occupant sioniste, il continue en détention son combat pour une Palestine libre, laïque et démocratique sur tout le territoire historique de la Palestine. Il a été rejoint dans sa grève solidaire par des prisonniers basques, corses et des prisonniers « sociaux » de la prison de Lannemezan.

Coup Pour Coup 31 co-organise le 22 octobre un rassemblement pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah à Toulouse, c’est aussi une manière d’être solidaire des prisonniers palestiniens !

Palestine vivra ! Palestine vaincra !

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens !

Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah !


Le parcours de Georges Abdallah

Georges Ibrahim Abdallah, né le 2 avril 1951 à Koubeyat au Liban est un militant communiste pro-palestinien emprisonné à Lannemezan et incarcéré en France depuis 1984 pour des actions de résistance antisioniste. Ayant grandi au Liban, il a été témoin de nombreux massacres - comme ceux de Sabra et Chatila en 1982 causant des milliers de morts - qui ont peu à peu forgé sa conscience politique et l’ont amené à résister quand son pays était occupé par les israéliens et les forces impérialistes. Il représente un courant qui se bat pour un seul état, laïc, démocratique et multiculturel. D’abord militant au FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), il a ensuite lutté au sein des FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises).

S’il est emprisonné depuis 1984, c’est parce qu’il a été condamné pour complicité dans l’exécution d’un responsable du Mossad (les services secrets israéliens) en France et d’un attaché militaire états-unien à Paris. Or, il faut savoir que particulièrement dans les années quatre-vingt, le Mossad parcourait le monde afin de tuer des militants progressistes. Les FARL, en réaction, décidèrent de mener la lutte de résistance en frappant les intérêts impérialistes et sionistes.

Il est arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, où il est condamné le 10 juillet 1986 à quatre ans de prison pour usage de faux papiers et détention d’armes et d’explosifs. Son incarcération n’était motivée que par la détention de vrais-faux papiers d’identité : un passeport délivré légalement (avec une identité fictive) par les autorités algériennes à Alger.
Le président des Etats-Unis, Reagan intervient au près de Mitterrand trouvant cette peine trop clémente. Les services secrets français vont alors découvrir opportunément (alors que Georges
Abdallah est incarcéré depuis plus d’un an)
de nouvelles armes qui permettent de le rejuger.
En mars 1987, les autorités françaises
jugent une seconde fois Georges Ibrahim
Abdallah sur la base de cette saisie
miraculeuse. Un verdict de condamnation à
perpétuité est prononcé bien que le procureur
général n’ait requis qu’une peine de dix ans
d’emprisonnement.
L’acharnement judiciaire ne s’arrête pas là : il est prouvé quelque temps après le procès que l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, lorsqu’il plaidait sa défense était un agent des services secrets français et la régularité du procès ne fut même pas remise en question !

En 1999, la juridiction régionale autorise sa libération mais il est maintenu en prison. Un extrait d’une déclaration de la DST (la police politique française) adressée directement aux juges illustre bien les raisons pour lesquelles l’état français utilise tous les prétextes pour le maintenir en prison :
«  Personnalité emblématique de la lutte antisioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un événement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans une lutte révolutionnaire. »

En novembre 2003, la juridiction de la libération conditionnelle de Pau a ordonné sa remise en liberté à condition qu’il quitte définitivement le territoire pour le 15 décembre. Dominique Perben, alors ministre de la Justice, fait appel de la décision, si bien que le 15 janvier 2004, Georges Ibrahim Abdallah voit sa libération rejetée.

Toujours incarcéré, il est aujourd’hui emprisonné au centre pénitentiaire de Lannemezan.

Le 24 octobre 2011 Georges Abdallah entrera dans sa 28e année de détention !

Durant ces années d’enfermement, Georges Ibrahim Abdallah n’a jamais renoncé à son engagement politique, à son combat contre l’impérialisme et le sionisme, pour la libération totale de la Palestine. Il représente un symbole de libération pour son peuple.

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