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Le Théâtre contre le Fanatisme

+ Communiqué commun : Rassemblement des intégristes au 104 : ne laissons pas l’extrême droite parader dans nos rues !

Article mis en ligne le vendredi 4 novembre 2011

Nous créons donc un comité de soutien s’adressant à toutes les personnes de bonne volonté – et cette expression est ici particulièrement bienvenue – pour défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes et la liberté de pensée, contre ce nouveau fanatisme.

Les soutiens peuvent être envoyés par e-mail à l’adresse suivante :
comite-de-soutien-castellucci@theat...

Le Théâtre contre le Fanatisme

http://www.lemonde.fr/idees/article...

Depuis le 20 octobre, date de la première, les représentations de "Sur le concept du visage du fils de Dieu", de Romeo Castellucci, au Théâtre de la Ville, donnent lieu à des événements graves.

Un groupe organisé d’individus qualifiés d’intégristes chrétiens, se réclamant en partie de l’Action française, a tenté d’empêcher l’accès au Théâtre de la Ville en bloquant les portes, en agressant le public, en le menaçant, en l’aspergeant d’huile de vidange, de gaz lacrymogènes et en lui jetant œufs et boules puantes, tandis que leurs complices, militants du Renouveau Français, entrés dans la salle, ont interrompu la représentation dès le début en occupant la scène et en déployant leur mot d’ordre : "La christianophobie, ça suffit ".

L’AGRIF avait demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et avait été déboutée de sa demande par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011.

La police doit donc intervenir chaque jour à l’entrée du théâtre, et nous nous sommes vus dans l’obligation de l’appeler à l’intérieur de la salle à plusieurs reprises pour qu’elle évacue ceux qui occupaient la scène, ce qui s’est fait sans heurts, parce que nous avons veillé à éviter des affrontements entre ces envahisseurs et le public outré de tels agissements.

Le personnel du théâtre s’est montré résolu et efficace en ces pénibles circonstances, et, malgré les nombreux incidents et interruptions, les représentations ont pu, jusqu’à présent, avoir lieu. Que ces groupes d’individus violents et organisés, qui se réclament de la religion contre une soi-disant "christianophobie", obéissent à des mouvements religieux ou politiques, demande une enquête ; pour nous, en tout cas, ces comportements relèvent à l’évidence du fanatisme, cet ennemi des Lumières et de la liberté contre lequel, à de glorieuses époques, la France a su si bien lutter.

Le théâtre a d’ailleurs très souvent été pour ces luttes, un lieu décisif. On ne peut en rester là. De tels agissements sont graves, ils prennent une tournure nouvelle, nettement fascisante. Ces groupes d’individus s’empressent en outre de décréter blasphématoires, de façon automatique, des spectacles qui ne sont dirigés ni contre les croyants, ni contre le christianisme. Des critiques de journaux importants, qui ne font pas mystère de leur foi chrétienne, ont d’ailleurs loué sans réserve ce spectacle lors de sa présentation en Avignon. Nous vous invitons aussi à lire les déclarations de Romeo Castellucci, publiées dans le programme distribué chaque soir au public, pour comprendre ses intentions et son propos d’artiste.
Nous n’entendons pas céder à ces menaces odieuses, et ce spectacle sera maintenu malgré toutes les tentatives d’intimidation. Nous invitons le public à y assister, en toute liberté. Le spectacle, coproduit par le Théâtre de la Ville, y est présenté jusqu’au 30 octobre ; puis il sera repris, dans le cadre de notre partenariat, au Centquatre du 2 au 6 novembre.

Il est d’ailleurs à noter que ce spectacle a été présenté sans troubles en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Pologne et en Italie, et que c’est en France qu’ont lieu ces manifestations d’intolérance.

Nous créons donc un comité de soutien s’adressant à toutes les personnes de bonne volonté – et cette expression est ici particulièrement bienvenue – pour défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes et la liberté de pensée, contre ce nouveau fanatisme.

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur et l’équipe du Théâtre de la Ville.

Premiers signataires :

Patrice Chéreau, metteur en scène

Stéphane Hessel

Michel Piccoli, comédien

Sylvie Testud, comédienne

Sasha Waltz, chorégraphe, Berlin

Arnaud Desplechin, cinéaste

Luc Bondy, metteur en scène,

Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre

Bulle Ogier, comédienne

Barbet Schroeder, cinéaste

Juliette Binoche, comédienne

Elodie Bouchez, comédienne

Claude Régy, metteur en scène

Christophe Girard, Président du Centquatre

Joseph Melillo, directeur de la Brooklyn Academy of Music, New York

Stéphane Lissner, directeur de la Scala, Milan

Dominique Mercy, directeur du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

Brigitte Jaques Wajeman, metteur en scène

Jean-Claude Milner, philosophe

Pascal Bonitzer, cinéaste

Jacques-Alain Miller, psychanalyste

Judith Miller, philosophe

Marc Olivier Dupin, compositeur

Peter de Caluwe, directeur général de la Monnaie, Bruxelles

Christian Longchamp, adjoint artistique & directeur de la dramaturgie, la Monnaie, Bruxelles

Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre du Châtelet

Yorgos Loukos, directeur du Festival d’Athènes

Simon McBurney, metteur en scène, Grande Bretagne

José Manuel Goncalves, directeur du Centquatre

François Le Pillouer, Président du SYNDEAC

Lloyd Newson, chorégraphe, Grande Bretagne

Anne Delbée, écrivain et metteur en scène

Jack Ralite, Ancien ministre

Ushio Amagatsu, chorégraphe, Japon

Georges Banu, Président d’honneur de l’association internationale des critiques de théâtre

Monique Veaute, Présidente de la Fondation RomaEuropa

Fabrizio Grifasi, Directeur de RomaEuropa

Claus Peymann, directeur du Berliner Ensemble

Les soutiens peuvent être envoyés par e-mail à l’adresse suivante : comite-de-soutien-castellucci@theat...

Comité de soutien à la liberté de représentation du spectacle de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville (Paris)

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Communiqué commun

Rassemblement des intégristes au 104 : ne laissons pas l’extrême droite parader dans nos rues !

"La pièce de théâtre Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci, qui se jouait jusqu’alors au théâtre de la Ville, place du Châtelet, est représentée au Cent Quatre (104, rue d’Aubervilliers, dans le XIXe) jusqu’au 6 novembre.

Cette pièce est jugée «  christianophobe » par l’extrême droite. Plusieurs de ses nervis ont perturbé quatre des représentations et se rassemblent quotidiennement pour intimider les spectateurs-trices. L’Institut Civitas qui rassemble les catholiques intégristes proches de l’extrême droite a décidé de manifester devant le Cent Quatre pendant ces cinq jours !!

Ce rassemblement quotidien dans le quartier Riquet permet de regrouper essentiellement les militant-e-s de plusieurs groupuscules intégristes catholiques, racistes, antisémites et hostiles aux musulman-ne-s, mais aussi adeptes de la violence.

C’est intolérable ! Car ils l’ont répété pendant leurs rassemblements de la semaine dernière : ils veulent une France et une Europe « chrétienne et qui le reste ».

L’extrême droite constitue une menace à la liberté de création et d’expression. A chaque fois qu’elle a dirigé une ville ou un état, elle s’est employée à interdire des spectacles et à retirer des bibliothèques des ouvrages contraires à son idéologie, voire à les brûler.

Dans le cas présent, nous savons bien que ces mouvements veulent avant tout occuper la rue pour propager leur idéologie de haine et d’intolérance, en utilisant au besoin la violence afin d’intimider celles et ceux qui pensent autrement.

Le quartier Riquet est le reflet de la diversité. C’est un quartier populaire où se côtoient des populations de toutes origines. Les extrémistes de droite racistes, intégristes et dont les membres sont issus pour l’essentiel de quartiers bourgeois n’ont rien à y faire. Mercredi dernier nous étions plus de 200 rassemblé-e-s pour nous opposer à leurs menées contrairement aux allégations mensongères de l’AFP reprises par plusieurs journaux qui nous réduisaient à 30. Les intégristes catholiques n’ont jamais été plus d’une cinquantaine.

Nous tenons également à dénoncer l’attitude du gouvernement qui pour de basses raisons électorales a fait le choix de laisser ces intégristes s’approcher confortablement de l’entrée du Cent Quatre et s’est efforcé de repousser le plus loin possible les antifascistes et les défenseurs de la liberté de création tout en imposant cette manifestation d’intolérance, ainsi qu’un dispositif policier digne d’un état de siège aux populations du quartier Riquet.

En revanche nous saluons les habitant-e-s du quartier qui ont conspué dans la rue ou depuis la fenêtre de leur appartement ces croisés de l’obscurantisme qui se font appeler traditionnalistes.

Nous appelons donc la population à manifester sa colère dimanche 6 novembre à 14h à la Rotonde de Stalingrad pour s’opposer à leur venue, à leur idéologie de haine et leur faire comprendre qu’ils n’ont rien à faire dans le XIXe arrondissement.

Grâce à une mobilisation unitaire et déterminée des organisations féministes, antifascistes, syndicales, de gauche et d’extrême gauche, nous avons repoussé par deux fois (en septembre et en octobre) l’extrême droite intégriste des abords de l’hôpital Tenon, puisqu’elle entendait s’opposer à la réouverture (obtenue de haute de lutte) du centre IVG de l’hôpital Tenon.

Cette manifestation unitaire face à cette nouvelle provocation peut permettre d’arriver au même résultat.

Fascistes et intégristes hors de nos rues ! Soyons nombreux-ses Dimanche à 14 h à la rotonde de Stalingrad

Manifestation le dimanche 6 Novembre 2011 à 14h à la Rotonde de Stalingrad (M° Stalingrad ou Jaurès)

Premiers signataires : Alternative libertaire, SUD Etudiant, CNT Culture spectacle Région Parisienne, CNT ETPRECI 75, MRAP XIXe, Fédération anarchiste, Nouveau parti anticapitaliste 19e, Solidaires Paris, Parti de Gauche, Gauche Unitaire, PCF 19ème

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1 Message

  • Le 29 octobre 2011 à 22:56, par

    29/10/2011

    "Nous sommes là pour dénoncer la christianophobie au sens large et nous allons mettre un accent particulier sur le spectacle blasphématoire qui se joue en ce moment", a dit Alain Escada, secrétaire général de l’institut Civitas, proche du mouvement de la Fraternité Saint-Pie X fondée par l’intégriste Mgr Lefebvre.

    Les manifestants (1.500 selon la police et 5.000 selon les organisateurs) se sont d’abord rassemblés Place des Pyramides (1er arrondissement), au pied de la statue de Jeanne d’Arc. Aux cris de "christianophobie, ça suffit !", le cortège s’est ébranlé vers 18h30 en direction de la Place André Malraux (1er arrondissement), derrière une banderole proclamant "La France est chrétienne et doit le rester". Parmi les manifestants, des prêtres en soutane et des croyants de tous âges exhibant crucifix et drapeaux du Sacré coeur, chantant et priant.

    De retour Place des Pyramides, ils ont ont prié à genoux sous la pluie. Ils se sont dispersés en criant : "tous au théâtre". Une partie d’entre eux s’est ensuite retrouvée face à un cordon de police près du Théâtre de la Ville.

    L’archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, a condamné ce samedi lors d’un entretien à Radio Notre-Dame les agissements d’"un groupuscule qui se réclame de l’Eglise catholique sans aucun mandat" et qui "fait de la foi un argument de violence". "On est en face de gens qui sont organisés pour des manifestations de violence et pour obtenir ce qu’ils ont obtenu d’ailleurs, une place dans les journaux", a-t-il dénoncé.

    Source AFP

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