Une tribune pour les luttes

Greenpeace

" Le nucléaire sûr n’existe pas. "

- A l’aube, des militants se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine
- 20h50. Deux activistes de Greenpeace, présents depuis 6 heures du matin dans l’enceinte de la centrale de Cruas viennent seulement d’être retrouvés ... et arrêtés ...
- + Visite surprise de parlementaires à la centrale nucléaire de Paluel : terrifiant !
- + Communiqué de Sortir du nucléaire du 06/12/2011 : Le dangereux mirage de la sûreté nucléaire.

Article mis en ligne le lundi 5 décembre 2011

http://energie-climat.greenpeace.fr/nucleaire-au-coeur-du-reacteur-liveblog

21h50 : dernière mise à jour : tous les militants présents sur les différents sites ont à cette heure été interpellés. Les 9 présents à Nogent-sur-Marne sont, au moment où nous écrivons cette mise à jour, tous sortis de garde vue. Et les 2 arrêtés ce soir à Cruas y sont entrés.

Dès 6h ce matin, les militants de Greenpeace ont montré les défauts de la sécurité des sites nucléaires français et pourtant, l’audit commandité par le Gouvernement après la catastrophe de Fukushima écarte, et pour cause, toute une série de menaces qui font des 58 réacteurs présents sur le territoire français 58 points de vulnérabilité, 58 risques pour les populations. Aujourd’hui, Greenpeace a illustré le risque d’intrusion humaine. Greenpeace va continuer à dénoncer des risques jusqu’à l’obtention d’une réaction des responsables politiques.

Merci de nous avoir suivi aujourd’hui, un grand bravo à Julien, et à tous les autres, et à très bientôt donc !


Des dispositifs de sécurité impressionnants… sur le papier !

Le gouvernement, en charge de la sécurité des sites nucléaires, se targue d’avoir des plans à toutes épreuves pour sécuriser le parc atomique français, telle que l’intervention d’avions de chasse en maximum 15 minutes sur tous les sites nucléaire, la présence continue d’un peloton spécial de Gendarmerie sur chacun des sites, des dispositifs de radar aérien de détections au dessus de certaines installations, une double clôture électrifiée et vidéo surveillance autour de chacun des sites, un espace aérien interdit au dessus des sites ou encore un accès soumis à “autorisation spéciale”

Mais malgré ces mesures “exceptionnelles” et dignes des meilleurs films d’action, les militants de Greenpeace montrent aujourd’hui que les installations nucléaires françaises sont très fragiles. C’est probablement pour ça que les risques externes non-naturels ne sont pas pris en compte dans l’audit. Si c’était le cas, aucune installation ne pourrait être déclarée sûre !

Ce 5 décembre à l’aube, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) à 95 kilomètres au sud-est de Paris pour porter un message : “Le nucléaire sûr n’existe pas”. Le récit de l’action à Nogent


Coucou ! depuis l’intérieur de la centrale de Nogent

Cette action montre à quelle point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire ! Pourquoi ? Comment ? Car les dispositifs de sécurité existants sont insuffisants !

Ce billet va évoluer tout au long de la journée au fil des informations reçues du terrain, pour vous faire vivre cette action.
Restez connectés !

10h30 : la gendarmerie a annoncé aux médias que sept militants avaient été interpellés sur le site de Nogent sur Seine.

10h45 : Certains médias relaient des intrusions sur d’autres sites nucléaires, nous ne donnons pour l’instant pas de précision sur le nombre de militants présents sur les installations nucléaires ni les noms des sites concernés. Areva, EDF, les forces de l’ordre sont les mieux placés pour dire où les militants ont été repérés ! Voir le communiqué sur le sujet : Militants délogés à Nogent mais Greenpeace annonce sa présence sur d’autres sites nucléaires

11h02 : Rappelons ici la démarche : Cette action montre à quelle point les centrales nucléaires françaises sont vulnérables : de simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire ! Pourquoi ? Comment ? Car les dispositifs de sécurité existants sont insuffisants ! Greenpeace demande au gouvernement d’élargir le périmètre de l’audit des installations nucléaires françaises en y intégrant l’ensemble des risques.

11h10 : Les premières images en vidéo de l’action à la centrale de Nogent-sur-Seine sont en ligne.

http://www.dailymotion.com/Newscast...

11h30 : 9 militants sont en garde à vue. Les évènements s’accélèrent mais sont loin d’être terminés.

11h34 : Où l’on apprend sur le live de BFMTV que le ministère de l’Intérieur décrète une fouille approfondie de toutes les centrales … A la recherche des activistes.

12:40 : Ces images n’ont pas été tournées à Nogent-sur-Seine ... mais où ailleurs ?
http://www.dailymotion.com/video/xm...

14h00 : Vidéo : Julien est dans une centrale nucléaire, et nous envoie un témoignage ... Pourtant EDF assure qu’il n’y a eu aucune autre intrusion... Où est il ?
http://www.dailymotion.com/video/xm...

15h20 : Après les annonces d’arrestation des 9 militants à Nogent sur Seine, c’est le calme plat sur le front des nouvelles des fouilles des installations nucléaires...

19h30 : communiqué de presse : Greenpeace confirme que d’autres militants sont toujours cachés sur au moins une centrale nucléaire


Drôle d’exercice à la centrale nucléaire de Paluel : sécurité burlesque…
Des élus voulaient vérifier, de nuit, la sécurité des réacteurs de Paluel (Seine-Maritime). Ils ont eu froid dans le dos.

http://leblogdejeudi.wordpress.com/...

2 décembre 2011

Le nucléaire sur n’existe pas, l’UMP le prouve.

Sources : Marianne 1-12-2011 ; Ouest France 2-12-2011.

Mercredi soir, Claude Birraux, député UMP de Haute-Savoie et président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), frappe à la porte de la centrale nucléaire d’EDF. Celle-ci compte quatre réacteurs de 1 300 MW, chacun mis en service entre 1984 et 1986.

À sa demande, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) simule un accident du type Fukushima : une perte totale d’électricité et du groupe électrogène de secours du réacteur n° 1. Ce qui nécessite un branchement sur l’installation du réacteur n° 2 ..

L’alerte fictive, déclenchée à 22 h, donne lieu à un enchaînement de « situations burlesques “, selon le député. Les agents d’astreinte arrivent bien, rapidement. Mais, à 23 h 30, ils annoncent qu’une clef nécessaire pour ouvrir un panneau d’alimentation électrique est actuellement « en commande » …

À minuit, ils entrent dans le local électrique de la tranche 1 «  mais les indications du document de procédure ne correspondent pas au panneau électrique “, raconte le député.

Après d’autres découvertes tout aussi stupéfiantes, les techniciens décident alors, de leur propre initiative, de se raccorder sur le réseau du réacteur n° 3. Mais, insiste Claude Birraux, le guide de procédure d’EDF comporte de nouvelles inexactitudes et des ambiguïtés. Dans ce grand capharnaüm, le député félicite le personnel : “Il a su se poser de bonnes questions, n’est jamais resté bloqué devant ces situations “.

Marianne Rapporte qu’heureusement aussi qu’il s’agissait d’un exercice théorique. La tranche 1 de Paluel n’a pas été mise à l’arrêt et donc les personnels ont travaillé avec de la lumière, comme en plein jour. « Imaginez la situation plongée dans le noir, obligé de travailler avec une lampe de poche dans une main, et les documents dans l’autre… », rappelle Claude Birraux. En situation réelle, le réacteur aurait vécu en situation critique pendant au moins de 3h30, refroidi à minima par l’ultime système de secours : des ailettes qui tournent avec la vapeur du réacteur, et permettent de le refroidir avec un filet d’eau…

Au même moment, Bruno Sido, sénateur UMP de Haute-Marne, était à la centrale du Blayais (Gironde). Il s’agissait de simuler une grosse tempête qui menace les sous-sols des réacteurs d’inondation, ce qui s’était produit en décembre 1999. Le sénateur Bruno Sido a constaté que depuis lors les digues de protection ont été relevées et complétées.Il a constaté lui aussi les difficultés des agents à se repérer dans le maquis des documents et des procédures édictés par EDF.

Un seul incident relevé : deux capteurs de la hauteur d’eau donnent des indications différentes. Laquelle choisir pour arrêter le pompage de l’eau de refroidissement ? Au bout d’une demi-heure, on s’aperçoit alors que la réponse existe bien, mais pas dans le bon dossier…

La mauvaise surprise, relative, pour les inspecteurs arrive lorsqu’ils accèdent au sous-sol. Bruno Sido en retire une « impression mitigée » : « Nous avons pu voir des fuites non identifiées non traitées, un repérage insuffisant des tuyauteries, dont certaines très corrodées, un plot en béton et des déchets divers traînant au sol… »

« On ne va jamais dans les sous-sols lors des visites habituelles, c’est dommage », commente le sénateur. L’Opesc l’assure : il y a aura d’autres opérations « Opera » à l’avenir. Puisqu’il s’agit de se mettre à l’heure du post-Fukushima, nous préconisons la simulation simultanée de la perte de l’alimentation électrique et d’une invasion par les eaux, comme au Japon. Cela pourrait se révéler « burlesque », non ?

Qu’en serait-il demain avec ‘EPR, qui est si complexe ? Qui aura connaissance des plans de cette installation dans 40 ans ? C’est à frémir…
Face à l’indifférence du grand public au regard du danger nucléaire et face aux certitudes du lobby nucléaire UMPS, voila une information à faire circuler …

Pour compléter cet article un rappel utile est proposé par Sortir du Nucléaire sur son site :

http://groupes.sortirdunucleaire.org/4-Et-des-tremblements-de-terre-sur

Voici quelques extraits :

“L’expérience prouve que les exercices de crise ont le plus souvent donné lieu à des fiascos dont on a peine à rire. Le journaliste Claude-Marie Vadrot jetait ainsi un regard cinglant sur l’exercice qui eut lieu à Belleville-sur-Cher le 29 janvier 2009 [15] :

« Tandis que les ingénieurs et techniciens de la centrale s’activaient mollement dans une salle de commande qui n’est qu’un instrument de simulation, les élus et habitants de la région ont constaté une incroyable pagaille. Pourtant les habitants qui avaient accepté d’être prêt à jouer le jeu de l’accident n’étaient que…seize. Et la plupart, n’ont même pas entendu la sirène annonçant le début de l’alerte pourtant déclenchée en plein jour, à 9 h 18 exactement ; et les autres n’ont pas compris qu’ils se trouvaient au cœur d’une catastrophe dont ils n’ont évidemment pas su qu’elle était fictive. Pas plus qu’ils n’ont entendu le véhicule d’alerte des pompiers diffusant par haut-parleur un message d’alerte. Quant au nouveau système d’avertissement automatique par téléphone, il n’a même pas fonctionné chez chacun des seize volontaires qui l’ont attendu en vain. Même chose pour le message d’alerte diffusé par France Bleu Berry… que personne n’écoutait puisque cette filiale de Radio France était ce jour là en grève. »

Bilan de cette opération : des centaines de victimes irradiées. Heureusement que l’accident était aussi fictif que le plan mis en œuvre. »

Nous aurions pu écrire à quelques détails prêts le même article l’an dernier à l’occasion de l’exercice de crise organisé autour de la centrale de Penly le 9 septembre 2010. La tentative d’évacuation des habitants de Penly et Biville-sur-Mer a donné lieu à une incroyable pagaille : les bus astreints au ramassage scolaire ont déterminé le planning de l’exercice, l’évacuation dans un gymnase dieppois n’aura au final duré que deux petites heures se limitant pour l’essentiel aux enfants des écoles et à quelques 70 personnes qui ont accepté de « jouer le jeu »… quant au périmètre d’exercice, en principe bouclé, il est resté largement ouvert à des véhicules circulant sans encombre sur la D 975. Ne parlons pas de l’indigence des moyens de la sécurité civile et du climat d’improvisation complet qui régnait au poste de commandement dieppois.

Cette désastreuse expérience montre au moins deux choses :

* d’abord que les autorités ne croient pas vraiment à leurs exercices qui ne servent qu’à conforter des plans technocratiques et ensuite, de l’aveu même des des responsables de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire,
* qu’un accident sera ingérable et ne pourra qu’entraîner de nombreuses victimes.”

LE NUCLEAIRE TUE, POLLUE

LE NUCLEAIRE SUR N’EXISTE PAS


Sortir du nucléaire

Communiqué de presse du 06/12/2011

Le dangereux mirage de la sûreté nucléaire

Les associations anti-nucléaires le dénoncent depuis des années : malgré les assertions répétées du gouvernement, les centrales nucléaires françaises sont vulnérables.


Stress-tests des réacteurs : EDF pas trop stressée

Le feuilleton avait commencé il y a de cela plusieurs mois : peu de temps après le déclenchement de la catastrophe de Fukushima, le gouvernement avait annoncé des tests de résistance des centrales. Ces « stress tests » (1), qui ont débuté le 1er juin, se sont limités en fait à de simples auto-évaluations menées par les exploitants de sites nucléaire eux-mêmes, encouragés par l’ASN à ressortir des placards d’anciennes études, le délai imparti pour mener ces tests étant de toute façon trop court pour en conduire de nouvelles. Des stress tests volontairement lacunaires, puisqu’ils écartaient les risques liés aux transports de matière radioactive… et une sous-estimation énorme du facteur humain, assortie d’une négation totale du risque d’actes de malveillance.

En pénétrant aujourd’hui au cœur de la centrale de Nogent-sur-Marne et peut-être d’autres sites, l’association écologiste Greenpeace a démontré que les installations nucléaires françaises sont de véritables passoires. D’autres faits récents ne peuvent que susciter la plus vive inquiétude.

À visite “surprise“, « situation burlesque »

La semaine dernière, le député UMP et notoirement pro-nucléaire Claude Birraux, venu vérifier de façon impromptue, lors d’un exercice de nuit, la sécurité des réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), a fait état de «  situations burlesques » (2) lors de cette alerte fictive : une mise en scène de la perte totale d’électricité et du groupe électrogène de secours du réacteur n°1, nécessitant par conséquent un branchement sur les circuits électriques de la tranche n°2. Au final, il aura fallu 3h30 pour réaliser cette procédure. En cause ? Une clé, indispensable pour ouvrir un panneau d’alimentation électrique, n’était pas disponible, car « en commande » ; des indications erronées sur le document de procédure qui ne correspondent pas au panneau électrique en question ; des inexactitudes sur le guide technique d’EDF… Un bilan pas vraiment glorieux, et pour le moins inquiétant quant à la capacité d’EDF de réagir en situation d’imprévu.

En cas de séisme, EDF préconise... d’ouvrir la porte

Un autre problème de sûreté qui fait froid dans le dos : une anomalie, discrètement avouée sur le site web d’EDF les 14 et 15 novembre derniers puis quelques jours après sur le site de l’ASN, et qui concerne les huit réacteurs 1300 MWe des centrales de Flamanville, Saint-Alban et Paluel. En cas de séisme important - Séisme Majoré de Sécurité - (3) et de perte d’alimentation électrique externe, pour refroidir « des armoires électriques indispensables au fonctionnement des groupes électrogènes », la seule solution trouvée par EDF serait « d’ouvrir la porte des locaux abritant les groupes électrogènes de secours afin d’évacuer la chaleur produite et d’éviter un endommagement des armoires électriques ».

Ouvrir une porte pour empêcher l’arrêt des groupes électrogènes et donc éviter un accident nucléaire en cas de séisme : on mesure toute l’expertise et le sérieux du "champion" de la sûreté nucléaire, EDF, qui s’est aussi rendu compte que les systèmes de ventilation de ces locaux ne résisteraient pas au séisme (4).

Séismes, inondations, incendies, explosions, chutes d’avions, erreurs humaines, actes de malveillance : le nucléaire sûr n’existe pas. Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", une seule solution pour la sécurité des centrales et celle des populations : sortir du nucléaire.

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